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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 09:56

 11 juin 2018

Saint Barnabé

 

J'ETAIS UN ETRANGER ET VOUS M'AVEZ ACCUEILLI.

 

Nous connaissons tous l'histoire de peuple de l'ancienne Alliance, au moins dans les grandes lignes.

 

C'est comme étranger que ce peuple a pris sa première forme, en exil en Egypte. D'abord bien accueilli grâce à Joseph, il a ensuite connu l'esclavage et une liberté chèrement acquise par la traversée de la mer Rouge, puis du désert pendant quarante ans. Cette réalité originelle a été souvent rappelée à ce peuple, et c'est pourquoi Yahvé lui a demandé d'acueillir l'étranger. Le pape François rappelle que cette exigence de droit divin est toujours actuelle: "L'immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un compatriote, et tu l'aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d'Egypte. Je suis le Seigneur votre Dieu" (Lv 19, 34), et plus forte encore est la condamnation de Jésus: " J'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli" (Mt 25, 35). Le magistère insiste sur ce point depuis au moins Pie XII. Il est clair que ce message ne rencontre pas un grand enthousiasme auprès des européens, même auprès des catholiques. Il y a des raisons à cela; le terrorisme; les viols, le chômage et la défense de l'identité des pays accueillants. Certains prétendent que les évangiles ne concernent que les individus et non pas l'Etat. Ce point-là manque de précision.

 

Faut-il donc acueillir tous les étrangers sans aucune limite et sans prudence politique ?

 

Je crois qu'il est bon de rappeler une distinction entre les commandements positifs (dits aussi affirmatifs) qui exigent de faire le bien, et les commandements négatifs qui interdisent de faire le mal. Ces derniers valent pour tous, toujours, à tout instant, et en tout lieu. "Ne pas tuer l'innoccent, ne pas commettre d'impuretés, ne pas voler et ne pas mentir" sont valables sans exception. Il n'y a pas de circonstance extrinsèque qui permettrait de les commettre. Par contre, pour les commandements positifs, bien qu'ils soient à priori toujours valables, ce n'est pas à tout instant. Leur application doit tenir compte des circonstances qui la rendent possible, opportune, ou non, et déterminent la mesure selon laquelle les exécuter. Par exemple " faire l'aumône" exige que l'on aide les pauvres maisn'oblige pas à mettre en péril sa propre famille ou son pays. C'est ce qu'enseigne le Catéchisme de l'Eglise Catholique au n° 2241:

 

"Les nations mieux pourvues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut l'étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu'il ne peut trouver dans son pays d'origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l'hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent. Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect du devoir des migrants à l'égard du pays d'adoption. L'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges.

 

Ainsi, un pays peut décider de fermer ses frontières à tel type d'immigration si elle présente objectivement un danger important, qu'il soit économique ou politique, à court ou à long terme, et cela sans aller contre le commandement de Dieu.

 

Saint Benoît demande que l'on accueille l'étranger comme le Christ; et qu'on lui témoigne toutes les marques d'humanité. Et il ajoute qu'on  devra d'abord prier ensemble pour déjouer les ruses du démon, puis lire un passage de l'Ecriture.Enfin, il précise que si l'hôte est exigeant, on le priera de se retirer.

 

F. Louis-Marie, O.S.B.

 

 

   "Les amis du monastère" N° 166, du 11 juin 2018.

 

 

Merci à Adeodat pour le partage

 

 

Mortimer 

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commentaires

Ewondo 28/06/2018 20:43

Excellent texte mais peut-être incomplet car il ne tient pas en compte des Chrétiens Européens de souche qui se convertissent à l'Islam et se radicalisent, partent en Syrie ou ailleurs quand ils ne participent pas à des attentats.

Voici deux trois siècles, le phénomène fut parallèle au Japon avec les nouveaux convertis chrétiens qui sont devenus extrémistes, attaquant des temples bouddhistes, torturant des moines et y organisant des "barbecues" avec les biches sacrées et prétendaient devant les tribunaux que l'autorité des Shogun était invalide aux yeux de Dieu (très intéressante émission à ce sujet sur Radio Courtoisie - pas particulièrement anti chrétienne - voici quelques jours).

La réaction des autorités japonaises fut très simple : les têtes tombèrent avec une synchronicité très précise dans des exécutions collectives.

Autres temps, autre moeurs, autres peuples. nous n'avons plus de peine capitale mais au moins des quasi perpétuités ... Mais les cervelles des responsables occidentaux sont tellement pourries !

Pierre.

LR 28/06/2018 18:46

Ravie de constater que nous avons les mêmes lectures !

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