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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 09:10
16 juin 2021

SAINT FRANCOIS REGIS

 

François est né en 1597 dans le village de Fontcouverte, au diocèse de Narbonne. Son père Jean Régis était issu d’une branche cadette de la noble maison de Plas [?], établie dans le Rouergue. Madeleine d’Arcis, sa mère, était fille du seigneur de Ségur. Ils eurent plusieurs fils dont l’aîné fut tué au siège de Villemur-sur-Tarn, contre les Huguenots.

 

Régis était en avance sur son âge en ce sens qu’il préférait l’étude aux jeux. On lui donna un précepteur malheureusement d’une humeur chagrine et un peu brusque, mais le jeune Régis supporta son maître sans rien dire.

Les Jésuites ayant ouvert des classes publiques à Béziers, il s'y rendit et fut tout de suite remarqué par son sérieux. Il allait rarement se divertir avec les autres. Le dimanche et les jours de fête, il faisait des exercices de piété à l’’église et dans sa chambre. Parfois il restait seul dans une chapelle, les yeux baignés de larmes, ce qui faisait rire ses compagnons d’étude ; mais à la fin ils finirent par l’admirer.

Il avait une pieuse dévotion pour la Sainte Vierge et une admiration pour son ange gardien qui le protégeait et qu’il ne manquait jamais de remercier.

 

Six des plus fervents étudiants s’associèrent à lui pour former une espèce de séminaire ou François était leur règle vivante. Ils l’écoutaient avec respect comme leur maître dans la vie spirituelle.

 

A dix-huit ans Dieu l’éprouva. Il tomba gravement malade, et après sa guérison il décida de se consacrer au salut des âmes dans La Compagnie de Jésus. Le père François Suarez, provincial des Jésuites, étant venu à Béziers, François Régis lui demanda à entrer dans la Compagnie, ce qui lui fut accordé. Il se rendit à Toulouse et commença son noviciat le 8 décembre 1616, il avait dix-neuf ans. Partagé entre la prière et ses devoirs d’aide à la communauté, il recherchait les basses tâches, heureux d’offrir son travail à Jésus-Christ.

Il prononça ses vœux  en 1618, après deux ans de noviciat. Il fut envoyé à Cahors pour sa rhétorique, puis l’année suivante à Tournon pour sa philosophie. La fidélité à tous ses devoirs était si grande que ses supérieurs ne le trouvaient jamais en faute :  on le désignait ordinairement sous le nom de l’Ange du Collège.

Avec l’autorisation de ses supérieurs, il se chargea d’enseigner les vérités du salut aux domestiques de la maison des pauvres de Tournon qui, certains jours, venaient recevoir les aumônes du collège. Les dimanches et fêtes, il allait prêcher dans les villages autour de la ville. Il rassemblait les enfants avec une clochette et leur expliquait les premiers principes de la doctrine chrétienne. Après ce succès, il entreprit la sanctification du bourg d’Andance. L’ivrognerie, les jurements et l’impureté disparurent et l’usage fréquent de la communion fut rétabli. Il y institua la Confrérie du Saint-Sacrement et dressa lui-même les règlements de cette sainte pratique qui, depuis, s’est répandue partout. Il en est le fondateur. Enfin il vint à bout des histoires de familles en gommant les différends, et les divers abus. Telle était son autorité en vue de la sainteté.

 

Son cours de philosophie  terminé en  1621, il fut chargé d’aller enseigner les humanités1 à Billon, puis à Auch et enfin au Puy. Non seulement il instruisait les pauvres mais  s’occupait aussi de leur corps lorsqu’ils étaient malades. Ainsi, à force de prières, il obtint la guérison de l’un d’entre eux qui était entre la vie et la mort.

 

François se fit toujours un devoir d’édifier  son entourage par sa conduite humble et un visage empreint de sérieux et d’amour pour ses semblables. Ainsi on reconnaissait partout les jeunes gens qui avaient été formés par lui. Avant d’aller dispenser ses cours, il passait toujours un moment en prière et demandait l’assistance des anges.

 

A cette époque, la communion journalière n’était pas fréquente, alors il demandait souvent à ses supérieurs de pouvoir communier de façon extraordinaire, et, lorsqu’il obtenait cette permission, il laissait éclater sa joie. Il passait la nuit qui précédait sa communion  à prier dans l’église. Les dimanches, il instruisait les pauvres, et avait un don pour les intéresser à la doctrine en y mêlant des choses familières de la vie courante, ce qui amenait ses auditeurs à la vertu.

 

Après avoir enseigné sept ans les humanités dans les trois villes précitées, il commença ses études de théologie à Toulouse en 1628. Lorsqu’il se trouvait en vacances, il ne les passait pas comme les autres en divertissements, mais recherchait les lieux de culte pour s’entretenir avec Dieu. Chaque nuit, il quittait discrètement sa chambre pour aller prier. S'en étant aperçu, un de ses compagnons le signala à son supérieur qui lui répondit :

 

- Ne troublez pas les douces communications de cet ange avec son Dieu. Ce jeune homme est un saint, et je serai bien trompé si l’on ne célèbre pas quelque jour sa fête dans l’Eglise.

 

Début 1630, François reçut l’ordre de se préparer à la prêtrise. Sa réflexion fut partagée entre l’humilité et l’obéissance, mais devant l’ordre réitéré de ses supérieurs, il reconnut la volonté de Dieu : acceptant cet ordre, il retrouva le calme. Il promit à son supérieur de dire un trentain en son honneur parce qu’il avait fait avancer le jour de son ordination.

 

Après son ordination, lors de la célébration de sa première messe, il y mit une si grande ferveur qu’il fondit en larmes. Les assistants ne purent eux-mêmes s’empêcher de pleurer s’imaginant voir un ange à l’autel.

 

La même année, la peste se déclara à Toulouse. François obtint la permission de ses supérieurs de s’occuper des pestiférés.

 

L’année suivante, il fit une troisième année de noviciat comme cela se pratiquait chez les Jésuites, mais pendant ce temps il fut obligé d’aller à Fontcouverte pour régler des histoires de famille. Son premier soin en arrivant fut de s’occuper des pauvres et des malades. Le matin, il faisait le catéchisme aux enfants et  prêchait deux fois par jour. Il recueillait les aumônes des riches pour les redistribuer aux nécessiteux. Dans les rues, il était toujours entouré d’une troupe d’enfants pauvres et, comme il rendait des services aux pauvres, il essuyait les moqueries des soldats de la garnison de Fontcouverte. Même ses amis lui reprochèrent ses actions, mais il leur répondit que c’est par ces humiliations que l’on se rapproche des humiliations que Notre-Seigneur a souffertes sur la croix et que c’est par ce moyen que Dieu a pu l’établir. Peu à peu, l’attitude de ses proches se changea en admiration. Il ne chercha jamais de consolation terrestre au sein de sa famille comme certains religieux le faisaient à l’époque.

Sa présence n’étant plus nécessaire à Fontcouverte, il partit pour le collège de Pamiers où on l’envoya pour prendre la place d’un régent tombé malade ; mais ses supérieurs, discernant en lui une vocation pour la vie apostolique, résolurent de l’envoyer alors uniquement en mission. Les dix dernières années de sa vie y furent consacrées.

Il commença dans le Languedoc, puis dans le Vivarais et termina dans le Velay dont le Puy est la capitale. Il passait l’été dans les villes et les hivers à la campagne lorsque les paysans étaient au repos.

 

Au commencement de l’été 1631, François Régis commença sa carrière apostolique par la ville de Montpellier. Il était tellement doux et persuasif dans ses prêches que même les plus endurcis finissaient souvent en larmes. Ses discours étaient simples et loin d’être ampoulés. C’est ce que remarqua un des hommes qui l’écoutaient. Alors que certains utilisaient le glaive à deux tranchants de la rhétorique pour punir, François Régis utilisait ce même glaive pour parler d’abondance d’un cœur plein de l’Esprit de Dieu. Il s’adressait particulièrement aux pauvres car, disait-il, les personnes riches et de qualité ne manqueront pas de confesseurs.

 

Souvent il oubliait de manger, pris par ses prédications. Il allait de porte en porte demander l’aumône pour les pauvres. Il allait chercher les médecins pour ceux qui étaient malades.

 

Un jour, il avait accumulé les bottes de paille dans la rue pour coucher les pauvres, certains se moquèrent de lui, lui disant qu’il était ridicule.

 

Il forma une association dans la ville avec trente dames distinguées pour assister les prisonniers et les consoler. Il convertit un grand nombre d’hérétiques, et sortit de leur triste condition plusieurs femmes de mauvaise vie.

 

A la fin de l’hiver, François gagna  Sommières à 15 km de Montpellier. C’est à partir de cette époque qu’il ne mangea plus de viande ni de poisson, mais uniquement des légumes et des fruits, du pain et de l’eau. Il réussit à calmer les soldats calvinistes et même à faire rendre à un de leurs officiers les biens de l’Eglise qu’il avait volés.

 

En 1633, l’évêque de Viviers appela François Régis car son diocèse était depuis cinquante ans le siège du calvinisme, de la guerre et de cruelles révolutions. Il fut appuyé dans sa mission par le comte de la Mothe-Brion et un autre gentilhomme nommé Suchère. Il instruisit les curés des paroisses, ramena à la raison les femmes de mauvaise vie et obtint de nombreuses conversions. Il ramena également à la raison une dame calviniste d’Uzès qui était une chef de file. Mais un orage se préparait.

 

On l’accusa de troubler le repos des familles avec des discours contraire à la décence [sic]. A tel point que l’évêque de Viviers voulait se séparer de lui car il troublait la tranquillité. Convoqué par l’évêque, qui avait entretemps écrit au supérieur des Jésuites pour se plaindre, François lui répondit :

 

- Dieu qui était au fond de mon cœur sait que je n’ai d’autre fin que sa gloire.

 

Le prélat, touché par cette réponse, se rendit compte qu’on l’avait trompé et rendit publiquement hommage à la vertu de François Régis jusqu’au commencement de l’année 1634 où il fut appelé au Puy par ses supérieurs. Le prélat écrivit au supérieur des Jésuites une lettre où il ne faisait que louer le bien que François Régis avait fait dans son diocèse.

 

Arrivé au Puy, François écrivit à son supérieur pour lui demander de l’envoyer au Canada pour évangéliser les Hurons et les Iroquois. Sa demande fut prise en considération mais le comte de la Mothe insista pour que François revienne au diocèse de Viviers. Il se rendit au Cheylard, plongé dans une ignorance grossière vis-à-vis du christianisme. Il eut à souffrir  dans ce pays à demi sauvage. Lors de son voyage, bloqué par la neige, il dut rester une semaine dans une cabane, dormant sur la terre et ne mangeant que du pain et de l’eau. Le comte de la Mothe, heureux du travail accompli par François, fonda une mission à perpétuité au Cheylard, cédant au Jésuites un capital de seize mille francs pour l’entretien de deux jésuites avec une maison dans la ville.

 

Après cette mission, notre saint alla à Privas, puis l’évêque de Valence l’appela dans son diocèse pour accomplir une mission au bourg de Saint-Agrève, au milieu des montagnes de l’Ardèche.

Un dimanche il fut mis au courant qu’une troupe de libertins donnait une fête. Il y alla et tenta de les sermonner, mais il reçut en retour une claque. François présenta l’autre joue en disant :

 

- Je vous remercie, mon frère, du traitement que vous me faites, si vous ne me connaissiez, vous jugeriez que j’en mérite beaucoup plus.

 

Tous se retirèrent en silence.

 

En 1635, il se rendit à Marbles en Vivarais, où une femme, qui réparait  son manteau, en garda deux morceaux qu’elle appliqua à chacun de ses enfants, l’un hydropique et l’autre atteint d’une fièvre continue. Les deux furent guéris.

 

/…/2

 

Saint François Régis rendit son âme à Dieu en  1640 à l’âge de quarante-quatre ans. Il fut enterré dans l’église de Lalouvesc. A ses funérailles assistèrent vingt-deux curés et un peuple nombreux.

 

Vingt-deux évêques et archevêques du Languedoc témoignèrent auprès de Clément XI que devant le tombeau du Père Jean-François Régis, les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les muets parlent….

 

Il fut béatifié en 1716 par Clément XI et canonisé par Clément XII en 1737 sur la requête de Louis XV roi de France, et de  Philippe V roi d’Espagne, ainsi que du clergé de France assemblé à Paris en 1735.

 

1. Etude la langue grecque et latine.

 

2. Nous avons un peu abrégé. Il existe de nombreux ouvrages sur sa vie.

 

EGLISE SAINT FRANCOIS REGIS AU QUEBEC

EGLISE SAINT FRANCOIS REGIS AU QUEBEC

EGLISE SAINT FRANCOIS REGIS (SAINT ETIENNE-LOIRE) APRES LES BOMBARDEMENTS de 1944-45

EGLISE SAINT FRANCOIS REGIS (SAINT ETIENNE-LOIRE) APRES LES BOMBARDEMENTS de 1944-45

16 juin 2021
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