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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 09:10
13 juillet 2021

SAINT EUGENE

 

 

A la mort de Genséric, roi des Vandales, Hunéric, son fils aîné, lui succéda. Il se montra plus doux envers les chrétiens que ne l’avait été son père. Il permit même, à la demande de l’empereur Zénon et de la princesse Placidie, dont il avait épousé la sœur, d’élire un évêque à Carthage1, qui en était privée depuis vingt-quatre ans. Il envoya donc dans cette ville le messager de l’empereur nommé Alexandre, avec un notaire qui devait lire le décret suivant :

- Le roi notre maître nous a commandé de vous dire que l’empereur Zénon et l’impératrice Placidie l’ont fait prier par Alexandre, noble personnage, que l’Eglise de Carthage eût un évêque de votre religion. C’est pourquoi permission vous est faite d’élire ici l'évêque qu’il vous plaira, à condition que les évêques de notre religion [Ariens], qui sont à Constantinople et autres provinces d’Orient, aient la liberté de prêcher en leurs églises tel langage qu’ils voudront, et d’accomplir les autres cérémonies de notre culte. Que si ceci n’est pas observé, l’évêque de Carthage avec son clergé et tous les autres évêques d’Afrique seront exilés en Mauritanie.

Cet édit fut publié le 18 juin ; il nous donna à tous une grande tristesse à cause des astuces qui y étaient cachées, lesquelles ne tendaient qu’à la persécution. Nous répondîmes ce qui suit à l’ambassadeur :

- Si vous voulez mettre en avant ces conditions, il vaut mieux que cette Eglise n’ait pas d’évêque ; Jésus-Christ la gouverne et la gouvernera à jamais.

L’ambassadeur ne tint pas compte de leur refus, et comme le peuple demandait à grands cris un évêque, on élut Eugène, homme de bien et agréable à Dieu, ce qui fit la joie des habitants de Carthage, dont les plus jeunes n’avaient jamais vu d’évêque dans une église.

 

Eugène gouverna saintement son Eglise, distribuant des aumônes et se faisant aimer de son troupeau, bien que les barbares se soient emparés des revenus de son Diocèse. Heureusement ses fidèles étaient généreux et ainsi il pouvait soulager les pauvres et vivre avec ce qui lui restait.

 

Sa renommée devint odieuse aux yeux des ariens qui le calomnièrent auprès du roi. Ils lui reprochaient de recevoir dans son église des hommes et des femmes vêtus comme des Vandales [contrairement aux vêtements romains]. Eusèbe leur répondit que la maison de Dieu était ouverte à tout le monde et qu’il ne pouvait en fermer la porte, et que les catholiques qui étaient habillés comme eux étaient ceux qui faisaient partie de la cour du roi.

Les ariens placèrent alors des gardes à la porte des églises catholiques avec des bâtons garnis de pointes en fer. Lorsqu’ils voyaient arriver un homme ou une femme vêtu à la mode des Vandales, ils lui donnaient un coup sur la tête et, comme si leur massue était un peigne, ils arrachaient les cheveux et le cuir chevelu. Plusieurs perdirent ainsi la vue et d’autres en moururent.

 

Mais voyant que ce moyen n’arriverait pas à décourager les catholiques, ils résolurent de ne plus payer ceux qui faisaient partie de la cour et de les employer comme ouvriers. Ainsi les plus hauts personnages catholiques de cette cour furent employés aux champs pour la moisson. Un de ses notables ne pouvait pas faucher le blé, car il avait une main paralysée ; mais comme on l’obligeait malgré tout, ses compagnons prièrent et il fut guéri.

 

Ainsi commença la persécution. Hunéric tourna sa fureur contre sa propre famille et tua son frère, sa femme, ses enfants et plusieurs autres neveux. Il réunit ensuite les évêques d’Afrique [ariens] à Carthage pour discuter de la foi, et prévint Eugène. Ce dernier lui répondit que pour parler d’un point qui les concernait, eux catholiques, il fallait en avertir tous les évêques catholiques.

 

- Soumets-moi le monde, répondit le Vandale, fais que je commande à tout, et je ferai ce que tu me dis.

 

- Il n’est pas nécessaire que vous soyez leur maître, reprit Eugène ; mais écrivez à tous les vôtres que de mon côté je préviendrai les évêques, et notamment l’Eglise de Rome, qui est la principale de toutes les Eglises.

 

C’est à cette époque que qu’Eusèbe guérit un aveugle nommé Félix. Mis au courant, Hunéric fit venir l’aveugle qui lui fit le récit de sa guérison. Les ariens dirent que c’était de la magie ; mais Félix était trop connu dans Carthage pour que l’on puisse cacher sa guérison. Alors ils voulurent le tuer, comme les juifs avaient fait pour Lazare.

 

Le jour de la discussion étant arrivé et afin d’effrayer les catholiques, ils firent brûler vif l’évêque Létus et bannir ceux qui pensaient être les plus savants. Cependant dix évêques catholiques furent élus pour répondre. Cyrilla, chef des ariens, assisté de ses acolytes, se fit porter sur une haute chaire qui dominait l’assemblée. Les évêques catholiques s’en plaignirent. Alors on les fit fouetter, ce qui fit s’écrier Eugène :

 

- O Dieu, je te prie de considérer la violence qu’on nous fait et la persécution que nous endurons !

 

Les députés dirent ensuite à Cyrilla :

 

- Que voulez-vous proposer ?

 

Il répondit qu’il ne saurait parler latin.

 

- Nous savons bien, répondirent les nôtres, que tu connais cette langue, et il ne faut pas t’excuser maintenant, après avoir ému cette dispute.

 

Cyrilla, voyant qu’il ne pourrait pas triompher des catholiques, essaya de dissoudre l’assemblée.

 

La persécution redoubla. Dans la ville de Typase, on coupa la langue et la main droite de plusieurs fidèles qui s’étaient réunis dans une maison pour assister à la messe ; mais par la vertu du Saint-Esprit, ils conservèrent la parole.

 

- Que si quelqu’un doute de ceci, disait Victor de Vite, évêque d’Afrique et historien de cette persécution, qu’il aille à Constantinople où il trouvera un sous-diacre nommé Réparat, qui fut de ces confesseurs de la foi, et qui parle aussi bien qu’avant son supplice. Aussi est-il tenu en grand respect à la cour de l’empereur Zénon.

 

Il y avait parmi les ariens un homme très cruel. C’est à lui qu’Hunéric confia le soin de tourmenter Eusèbe. Il le fit mettre en prison et au secret. Dans ce cachot obscur, Eusèbe se trouva atteint de paralysie et tout à sa joie l’arien en profita pour lui verser du vinaigre dans la bouche pour lui ôter la parole. Le saint évêque en mourut.

 

Cette persécution dura sept ans et dix mois, c’est-à-dire jusqu’à la fin du règne d’Hunéric, qui mourut mangé par les vers. Autant en était-il advenu d’Hérode-Agrippa, bourreau de Saint Jacques.

 

1- L'ancienne Carthage est aujourd'hui la banlieue résidentielle de Tunis. On y trouve de nombreuses ruines et le palais présidentiel, ainsi que de nombreuses ambassades.

 

CATHEDRALE DE L'ARCHIDIOCESE DE CARTHAGE EN TUNISIE
CATHEDRALE DE L'ARCHIDIOCESE DE CARTHAGE EN TUNISIE

CATHEDRALE DE L'ARCHIDIOCESE DE CARTHAGE EN TUNISIE

SAINT ANACLET

Pape et martyr en 112 (v. 2020)

 

SAINT JOËL et SAINT ESDRAS

Prophètes

 

SAINT SILAS

de Macédoine, disciple des apôtres.

 

SAINT SERAPION

Martyr sous l’empereur Sévère

 

SAINT MYROPE

Martyr dans l’île de Chio sous l’empereur Dèce.

 

SAINT TURIAF

Evêque et confesseur en Bretagne.

 

BIENHEUREUX JACQUES

Dominicain, archevêque de Gênes, + 1298

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