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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 09:46

C'est Pierre qui me l'a proposée  .
Publier les beaux sermons de nos abbés !
Bonne idée non ?

A tout Seigneur tout honneur, c'est Pierre qui débute :

3ème dimanche après Pâques,

Saint-Patrice, Rouen, mai 2009

 

1. Ces paroles de Notre-Seigneur à ses disciples : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez, parce que je vais à mon Père », étaient pour eux si obscures, avant l'accomplissement de ce qu'elles annonçaient, comme peut-être elles le sont pour ns aussi aujourd’hui, qu'ils se demandaient entre eux ce qu'il voulait dire, et qu'ils avouaient n'y rien comprendre. L'Evangile, en effet, ajoute : « Quelques-uns donc des disciples se dirent entre eux : que signifie ce qu’il nous dit : Encore un « peu de temps et vous me verrez, et encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, parce que je vais à mon Père ? » Ce qui les embarrassait, c'est qu'il disait : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez pas, et encore un peu de temps et vous me verrez ». Auparavant il leur avait dit, non pas : « Encore un peu de temps » ; mais seulement : « Je vais à mon Père, et vous ne me verrez plus [1] ». Il semblait alors leur parler clairement, et entre eux ils ne se demandèrent rien à ce sujet. Mais ce qui leur était alors caché et leur fut découvert peu après, nous est maintenant connu. Peu après, en effet, Jésus-Christ souffrit, et ils ne le virent plus ; et encore un peu après, il ressuscita, et ils le virent de nouveau. Par le mot « plus » : «Vous ne me verrez plus », il voulait leur faire comprendre qu'ils ne le verraient plus à l'avenir ; c’est ainsi qu’il leur dit aussi : « L'Esprit-Saint accusera le monde touchant la justice, parce que je vais au Père, et vous ne me verrez plus [2] ». Il voulait leur dire qu’ils ne le verraient plus dans un corps mortel.

2. « Mais Jésus », continue l'Evangéliste, « connut qu'ils voulaient l'interroger, et il leur dit: Vous vous demandez entre vous ce que j'ai dit : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez pas ; et encore un peu temps, et vous me verrez. En vérité, en vérité, je vous dis que vous pleurerez et vous gémirez, vous, et le monde se réjouira; vous serez contristés, mais votre tristesse se changera en joie ». Ces paroles peuvent s'entendre en ce sens que les disciples furent contristés par la mort de Notre-Seigneur et réjouis aussitôt après par sa résurrection.

3. Le Seigneur ajoute ensuite : « Une femme, lorsqu'elle enfante, est dans la tristesse, parce que son heure est venue; mais lorsqu'elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de sa douleur à cause de sa joie, « parce qu'un homme est né au monde. Et vous, vous avez maintenant de la tristesse; mais je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous ravira votre joie ». L'enfantement est comparé à la tristesse, et la délivrance à la joie. Et « personne ne vous ravira votre joie », parce que Jésus lui-même était leur joie et que, ressuscité, il ne devait plus jamais mourir c'est-à-dire être enlevé à ses apôtres [3].

5. Ces paroles: « De nouveau je vous verrai et votre cœur se réjouira, et  personne ne vous enlèvera votre joie », doivent se rapporter non pas au temps où, après sa résurrection, il leur donna sa chair à voir et à toucher [4], mais plutôt à ce temps dont il avait déjà dit : « Celui qui m'aime sera aimé par mon Père, et je l'aimerai, et je me montrerai à lui » [5]. Déjà, en effet, Jésus-Christ était ressuscité, déjà il s'était montré dans sa chair à ses disciples, déjà il était assis à la droite du Père, quand l'apôtre Jean, dont nous expliquons l'Evangile, disait dans fine de ses épîtres : « Mes bien-aimés, maintenant nous sommes les enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'est point encore apparu ; nous savons que, quand il apparaîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est » [6]. Cette vision n'est pas pour cette vie, mais pour la vie future; elle est non pas du temps, mais de l'éternité. « C'est », dit celui qui est la vie, « c'est vie éternelle, de vous connaître, vous, le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que vous avez envoyé » [7]. Au sujet de cette vision et de cette connaissance, l'Apôtre nous dit: « Nous ne voyons rien maintenant a que comme dans un miroir et sous des images obscures ; mais alors nous verrons face à face. Maintenant je ne le connais qu'imparfaitement, mais alors je le connaîtrai comme : je suis connu de lui » [8]. Ce fruit de tout son travail, l'Eglise l'enfante aujourd'hui par ses désirs ; alors elle le produira en le voyant. Maintenant elle l'enfante en gémissant, alors elle le produira en se réjouissant; maintenant elle l'enfante en priant, alors elle le produira en louant par la contemplation qui est le but de notre vie. C’est à la  contemplation que se rapportent toutes les œuvres de l'action. La contemplation est désirée pour elle-même et elle ne se rapporte à rien autre chose. C'est elle que sert toute action, c'est à elle que se rapporte tout ce qui se fait de bien, parce que le bien se fait pour elle ; elle est la fin qui nous doit suffire : elle est donc éternelle; car la seule fin qui puisse nous suffire est celle qui n'a pas de fin. C'est ce qui était inspiré à Philippe, lorsqu'il disait : « Montrez-nous le Père, et cela nous suffit ». En promettant de le lui montrer, le Fils lui fait la promesse de se montrer lui-même : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » [9] C'est donc avec raison que nous entendons ces paroles : « Personne ne vous enlèvera votre joie», la joie de l'objet qui nous suffit.

6. Parce que nous venons de dire, il nous est, ce me semble, possible de mieux saisir ces paroles : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez ». Ce peu de temps dont parle Notre-Seigneur, c'est tout l'espace qui renferme le temps présent. C'est pourquoi notre Evangéliste dit encore dans une de ses épîtres : « C'est la dernière heure » [10]. Et ce que Notre-Seigneur ajoute : « Parce que je vais à mon Père », doit se rapporter à la première phrase : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus » ; et non pas à la seconde, où il dit : « et encore un peu de temps et vous me verrez ». Dès lors qu'il devait aller au Père, ils ne devaient plus le voir. Il ne dit donc pas qu'il devait mourir, et que jusqu'à sa résurrection il serait soustrait à leur vue ; mais il dit qu'il devait aller au Père ; ce qu'il fit après sa résurrection, lorsqu'après avoir conversé avec eux pendant quarante jours, il monta au ciel [11]. Il dit donc « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus ». Et il ledit à ceux qui le voyaient corporellement, parce qu'il devait aller au Père, et qu'ils ne le verraient plus comme homme mortel, et tel qu'il était lorsqu'il leur disait ces choses. Quant à ce qu'il ajoute : « Et encore un peu de temps, et vous me verrez », c'est à toute l'Eglise qu'il le promet; comme c'est à toute l'Eglise qu'il a fait cette autre promesse : « Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles » [12]. Le Seigneur ne retardera pas l'accomplissement de sa promesse : Encore un peu de temps, et nous le verrons, mais dans un état où nous n'aurons pas à le prier ni à l'interroger, parce qu'il ne nous restera rien à désirer ni rien de caché à apprendre. Ce peu de temps nous paraît long, parce qu'il n'est pas encore passé ; mais quand il sera fini, trous comprendrons combien il était court. En effet, la femme qui enfante, et à laquelle nous avons été comparés, ressent plus de joie à mettre au monde un enfant, qu'elle ne ressent de tristesse à souffrir sa douleur présente.

Que notre joie ne ressemble donc pas à celle du monde dont il est dit : « Mais le monde se réjouira »; et néanmoins, pendant l'enfantement du désir de l'éternité, que notre tristesse ne soit pas sans joie; car, dit l'Apôtre : « Joyeux en espérance, patients en tribulations » [13]. Ainsi-soit-il.

 



 

[1] Jean, XVI, 10.

 

 

[2] Traité XCV.

 

 

[3] «Jésus-Christ ressuscitant d'entre les morts ne mourra plus, et la mort n'exercera plus jamais sur lui son empire » (Rom. VI, 9). 

 

 

[4] Jn. XX, 27.

 

 

[5] Jn. XIV, 21.

 

 

[6] I Jn. III, 2.

 

 

[7] Jn. XVII, 3.

 

 

[8] I Cor. XIII, 12-13.

 

 

[9] Jn. XIV, 8-10.

 

 

[10] Jean, II, 18.

 

 

[11] Act. I, 3, 9.

 

 

[12] Matth. XXVIII, 20.

 

 

[13] Rom. XII,12.
                                                                     Sermon de monsieur l'abbé Thomas .

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