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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:30

Biographie du Maestro 

 

Les débuts :

Maurice André naît le 21 mai 1933 à Rochebelle, ancien faubourg minier d’Alès, dans le Gard. C’est au cœur des mines que le futur prodige découvre la trompette. En effet, son père : Marcel-Jean André joue dans l’Harmonie des Mines et la Fanfare d’Alès. Il se produit beaucoup et joue aussi bien dans les bals que dans les kiosques à musiques.

En 1944, Maurice a 11 ans et nous sommes en pleine guerre. Il est envoyé en Lozère pour commencer à apprendre le solfège, durant deux ans, avant même de toucher à son premier cornet, cadeau coûteux, offert par un père aux modestes revenus. C’est avec ce dernier, Marcel-Jean, grand amoureux de musique classique et son premier professeur, qu’il commence à étudier, en même temps que son frère Raymond, trompettiste également. Maurice André dira souvent avoir trouvé très formateur l’usage du cornet, pour faire ses premières armes à cet âge-là. En même temps, de 14 à 18 ans, il descend à la mine car il faut vivre.

Ses progrès sont fulgurants et il commence à se produire aux côtés de son père. Malgré un travail épuisant, il ne lâche pas la musique et continue à progresser. « Quelle que soit l’heure où je m’étais couché pour jouer dans un bal, je faisais le lendemain, dès 8h, mes 3h de trompette. »

C’est ensuite Léon Barthélémy, professeur au Conservatoire de Nîmes, qui dirigera le jeune Maurice André dans ses premières études musicales. A l’âge de 18 ans, un grave accident l’oblige à arrêter la mine et il continue plus que jamais la trompette.

En 1951, Maurice André a 18 ans et une chance s’offre à lui : le 8ème régiment de transmissions recrute des musiciens. Il se retrouve à Paris et, après s’être fait engager par l’armée, il entre au conservatoire national de musique de Paris, rue de Madrid, où il intègre la classe de Raymond Sabarich. Celui-ci est un maître dur, juste et un grand technicien. Il oblige Maurice André à abandonner sa trompette Aubertin pour une Selmer en Ut.

En 1952, à 19 ans, il obtient un premier prix d’honneur de cornet à piston et, l’année suivante, le 9 juillet 1953, un premier prix de trompette amorçant une ascension qui ne s’arrêtera plus. Il entre alors dans l’orchestre symphonique de la société des conservatoires aux côtés de Louis Menardi.

En septembre 1953 il est trompette solo aux concerts de l’orchestre Lamoureux (où il restera jusqu’en 1960), de l’orchestre philarmonique de l’ORTF (jusqu’en 1963).

A l’automne de la même année, il enregistre son premier disque, chez Erato, avec le chef d’orchestre Jean-François Paillard, le premier à comprendre ses exceptionnelles capacités. Y figurent des compositeurs italiens.

Il joue beaucoup et partout : au cirque Medrano, au théâtre Mogador… et réalise en même temps de nombreux enregistrements studio avec, notamment, Henri Salvador et Charles Trenet.

L’envol :

En 1955, Maurice André remporte le premier prix du concours international d’exécution musicale de Genève. Il entreprend alors une carrière de soliste et fait découvrir au public un répertoire inouï, conférant ses lettres de noblesse à la trompette

En 1962, il entre à l’Opéra-Comique où il restera jusqu’en 1967.

En 1963, à l’âge de 30 ans, il est sollicité pour le jury du concours international de musique (ARD) de Munich. Mais, sur les conseils de Roger Delmotte, il force le destin en s’inscrivant à ce même concours comme… candidat. Il obtient le premier prix et entre dans la légende pour ne plus en sortir.

Il enchaîne concerts après concerts (250 dates certaines années), rencontre les plus grands. Il ose l’interprétation redoutable du 2ème concerto brandebourgeois de Bach et éblouit son auditoire. Ce morceau deviendra son « signe de reconnaissance » avec la badinerie de la suite en si mineur.

Avec Herbert von Karajan

En 1967, il succède à Raymond Sabarich comme professeur de trompette au conservatoire de Paris. Il y restera jusqu’en 1978 et introduit l’enseignement de la petite trompette piccolo, notamment pour l’interprétation du répertoire baroque. Parmi ses élèves nous retiendrons : Eric Aubier, Guy Touvron, Bernard Soustrot.

Maurice André jouera avec les plus grands chefs : Jean-François Paillard (selon ses propres dires, le chef dont il épousait le plus totalement les options artistiques), Karl Richter, Herbert von Karajan, Riccardo Muti, Karl Böhm, Léonard Bernstein…

En 1980, l’émission de Jacques Chancel (Le Grand Echiquier) lui ouvre ses portes et un large et jeune public découvre le Maître dans toute la perfection de son art. Le succès de cette émission amènera à renouveler l’expérience 8 ans plus tard. « Maurice André est un humaniste qui ne se sait pas (…) C’est un homme simple. Il n’est pas comme certains qui, n’ayant pas de talent, croient que les autres vont leur reconnaître du génie. » (Jacques Chancel)

Son activité discographique donne le vertige : 255 enregistrements ont été gravés, dont près de 50 avec l’orchestre de Jean-François Paillard. Il a également enregistré de nombreux airs populaires avec une exigence aussi stricte que pour des grandes œuvres classiques.

Il a réalisé quelques concerts avec son frère Raymond et ils ont même enregistré ensemble le concerto pour deux trompettes de Vivaldi. Ses enfants Béatrice (hautbois) et Nicolas (trompette) se sont joints à lui pour former un trio familial qui s’est produit un peu partout en Europe. Raymond les a d’ailleurs accompagnés pour jouer, en concert, le concerto de Molter.

Dernières années :

Maurice André a longtemps vécu à Presles-en-Brie, où l’école porte son nom en hommage au virtuose. Mais, après une carrière intense, menée jusqu’au début des années 1990, il quitte la région parisienne pour se retirer à Urrugne, au Pays Basque où, entre mer et montagne, dans cette simplicité qui lui était propre, il s’adonnait à une autre de ses passions : la sculpture sur bois entre deux morceaux de trompette. « Travailler le bois est pour moi une respiration (…) La sculpture c’est mon refuge. »Il a continué à donner des cours de maître à de jeunes trompettistes prometteurs comme Rubén Simeo.

En mai 2008, Maurice André, fidèle à ses origines, fête son anniversaire à Alès où la Ville et l’Office du Tourisme ont organisé un grand hommage en l’honneur du trompettiste virtuose. « Si je vis aujourd’hui au Pays Basque, mon cœur reste à Alès. J’ai été très sollicité ces derniers temps, à travers toute la France, pour réaliser des émissions autour de mon anniversaire, mais j’ai préféré décliner. Je préfère arroser mes 75 ans à Alès, avec de vrais amis. »

Quelques mois plus tard, le 9 octobre 2008, Maurice André donne son dernier concert à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers et fait ses adieux à la scène.

Il meurt, à 78 ans, le 25 février 2012 à l’hôpital de Bayonne et est inhumé en Lozère, berceau de la famille André, dans le cimetière de Saint-André-Capcèze.

 

Jacques Chancel : - Maurice André, aimez-vous la musique contemporaine ?

Maurice André : - Ah, non ! Pas du tout…C’est un bruit qui me rappelle trop la mine.

 

 

 

 

 

 

 

 



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commentaires

L
<br /> Merci Cécilou ! C'est passionnant.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> LR<br />
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M
<br />  <br /> <br /> <br /> Excellent .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Enfin un merveilleux adagio écrit réelleement par Tomaso Albinoni, autre compositeur vénitien, contemporain d'Antonio Vivaldi. Rien à voir avec l'horrible chose appelée "adagio d'Albinoni"<br /> composé en 1945 par un certain Giazotto .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Madame Zouave<br />
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