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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 11:15

UN PRETRE «  REVOLUTIONNAIRE « 

Aix en Provence

Eglise de la Madeleine

Carême 1813

 

A la sortie de la messe de 6h du matin, la «  messe des domestiques » l’agitation est grande. Il n’est question  que de l’action d’éclat du jeune abbé de Mazenod

Alors que l’on doit prêcher en français, ( langue que le petit peuple provençal ne comprend pas ) l’abbé vient de faire son sermon en provençal. Et quel sermon !

« Domestiques, qu’êtes vous pour les gens ? Une classe d’esclaves exposés au mépris et à l’injustice de ceux qui vous paient… Le monde vous regarde pour rien…Mais vous, écrasés par la misère, pauvres mes frères, vous êtes les frères de Jésus Christ… »

Bientôt, la ville d’Aix ne parle plus que du scandale provoqué au matin dans l’église de la Madeleine. «  L’archevêque est offusqué  » la noblesse aixoise est blessée et Madame Marie-Rose Joannis, la mère de l’abbé de Mazenod ne sait plus où se cacher. Quant à lui, il continue son chemin en allant visiter les prisonniers de la ville.

Quelle mouche l’a donc piqué ? Est-il devenu fou ? Comment le jeune comte revenu d’exil est-il devenu, dix ans plus tard le curé des pauvres ?

Monsieur l’abbé Eugène de Mazenod, que s’est-il passé ?

Lorsque tu retrouves ta famille maternelle et tes propriétés, en 1802, l’histoire ne semble pas t’avoir appris grand-chose : tu restes fier de toi-même et imbu de ton titre. Ayant retrouvé une certaine aisance matérielle, tu reprends ton train de vie. Tu fréquentes les « clubs » (on dirait aujourd’hui les boîtes de nuit ) tu te sors et tu te fais voir. Les parents de jeunes filles à marier s’intéressent à toi ou du moins à  ton nom et à ton titre de noblesse. Mais tu as des prétentions et tu repousses une de ces jeunes demoiselles qui ne t’apporte  que 40 000 francs de dot : «  40 000 à moi qui en veux 150 000… » Faute de fille à héritage, tu penses faire carrière militaire : pourquoi pas lieutenant ou chambellan auprès du roi de Sicile ? Mais pour cela il faut un passeport et la France te le refuse.

Tu sembles toucher le fond du trou et c’est là que t’attend le Dieu de ton enfance, ce Dieu que tu n’avais jamais complètement abandonné mais qui était bien loin de tes préoccupations. Le Vendredi Saint 1807, tu te retrouves devant la Croix du Christ. Que se passe t-il alors ? Tu as toujours voulu rester discret sur cette rencontre. C’est le secret d’une intimité et d’une rencontre avec Celui qui devient ton Ami. Nous n’avons pas le droit de violer cette intimité. Mais ce qui est sûr en tous cas, c’est que, du fond de ton désespoir, tu expérimentes une présence, une main tendue. Ta pauvreté morale, ton désespoir en sont illuminés. En disant oui à cette lumière, celle de l’amitié du Christ, tu sors de ta nuit et tu trouves enfin ce que tu cherchais depuis si longtemps :quel sens donner à ta vie. Désormais, tu ne veux vivre que pour crier cette découverte. Le Christ est Lumière, il est Joie, il est cette main tendue pour tous et surtout pour ceux qui ne le savent pas encore. . Ceux que notre monde appelle, parfois avec mépris, les pauvres

 

Assez de temps perdu comme cela. Avec la fougue des coups de Mistral, auquel tu ressembles tellement, tu écris à ta mère ton intention d’être prêtre.

On ne peut pas dire que cela provoque son enthousiasme ! Puis tu entres au prestigieux séminaire Saint Sulpice de Paris. Tu as 26 ans. En trois ans de séminaire, tu as déjà le temps de te faire remarquer. Tu choisis de faire le catéchisme aux gosses du quartier dont aucun de ces « messieurs » ne veut, les «  plus pauvres de la paroisse, les enfants de cabaretiers » et à la surprise générale, «  tu es heureux de te retrouver au milieu de ces pauvres ». Tu trouves aussi moyen de t’élever contre le pouvoir de Napoléon et de faire de la résistance. Cela te vaudra une ordination quasi-clandestine le 21 décembre 1811.

Ta rencontre avec le Christ n’a pas altéré ton caractère et tes colères sont déjà célèbres. Aussi, ton retour comme prêtre à Aix pose des problèmes à certains. Les autorités ecclésiastiques ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de cet aristocrate réputé si fier et si personnel. Mais ils sont vite rassurés : l’abbé de Mazenod ne demande ni paroisse, ni privilège, ni même un titre de chanoine. Tu veux seulement qu’on te laisse inventer des ministères les plus humbles, en marge de ce qui existe déjà, pour les pauvres, pour tous les pauvres.

Non, tu n’es pas devenu fou. Non, il ne s’agit pas d’un coup de tête. Simplement, du fond de ta misère et de tes désillusions, tu as fait l’expérience de Dieu. Pas une expérience intellectuelle, tirée de l’enseignement du catéchisme… Une expérience vivante, au creux de ta vie. C’est cette expérience dont tu témoignes maintenant auprès de ceux qui ne savent plus où ils en sont de leur vie : les petites gens de ta ville, les détenus de la prison et les jeunes qui traînent dans les rues.

                                                                                                                                                                   à suivre................................

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