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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 10:45

Pour le 150ème anniversaire de sa mort, les oblats du Sanctuaire du Sacré-Coeur à Nice, ont édité ce petit livret que m'a envoyé Dame Philomène .

 

 

Marseille ,

Quai de la Joliette…                Saint Eugène de Mazenod

1802

 

Dans un navire en provenance de Palerme, débarque un garçon âgé de 23 ans, le jeune comte Eugène de Mazenod. Le titre de noblesse est ronflant : n’est-il pas  le fils et l’héritier du premier président de l’ancien Parlement d’Aix en Provence ? Le comte est jeune, assez beau, attirant : il revient de Sicile, à la demande de sa mère pour faire un riche mariage et renflouer les finances familiales !

Mais tout cela n’est qu’une façade. C’est le jeu qu’il va devoir jouer auprès des siens et des gens de sa classe sociale pour jeter de la poudre aux yeux.

En réalité, qui es-tu ce matin, toi le jeune  émigré de retour au pays, seul sur le quai du port ?

Monsieur le Comte Charles-Eugène de Mazenod,  bas les masques !

Après les onze années d’exil, il ne reste pas grand chose de ton enfance insouciante passée entre l’hôtel particulier du Cours Mirabeau et le vieux château familial de St Laurent du Verdon.

Avec l’arrivée d’un monde nouveau, celui de la Révolution Française, ce sont toutes tes certitudes, tous tes privilèges qui se sont effondrés. Pour sauver ta vie, tu dois fuir ta Provence, ton  pays .

Quand on a 9 ans, ce changement n’est pas forcément désagréable. Au début c’est même sans doute amusant. Mais très vite, quelques inconvénients apparaissent. D’abord tu commences à souffrir du manque de confort. Puis tu découvres que ton rang social a disparu : on ne te connaît plus, on ne te salue plus. Au milieu des milliers de réfugiés, qui s’intéresse à un simple « de Mazenod « ? Non, tu n’es plus rien, le peu d’argent mis de côté a vite fondu et c’est bien vite la misère. Tu en prends conscience quand tu croupis pendant près de 3 semaines dans les cales d’un mauvais navire à Venise, alors que toute la ville s’amuse à fêter Carnaval.

Un moment, tu as pensé que cela allait bientôt finir, que la Révolution allait cesser et que tu pourrais revenir. Mais la Révolution triomphe partout et il te faut fuir. Fuir, et fuir encore  toujours plus loin : Nice, Turin, Venise, Naples, Palerme…

A chaque nouvelle étape , tu perds un peu de toi-même.

Après Turin, il n’est même plus question de suivre quelques études que ce soit. Cela coûte trop cher !  A près Venise c’est ton honneur qu’il te faut enterrer : ton père pour survivre, se lance dans le commerce et fait faillite.

En plus des soldats de la Révolution, ce sont les dettes maintenant qu’il faut fuir

Après Naples, c’est la famille qui vole en éclats…Tes parents se séparent, prélude au divorce prochain. Ta mère rentre en France avec ta sœur, ta seule confidente. Adolescent, tu te trouves aux prises avec ta solitude, aux côtés d’un père qui ne te comprend plus.

En fin de compte, à Palerme, tu te retrouves seul, livré à toi-même, au désoeuvrement et à un avenir bouché. Tantôt tu t’accroches encore à ton passé évanoui, tu fouilles ta généalogie et t’inventes un titre de « comte » pour en mettre plein la vue. Tantôt, tu reprends quelques études pour t’ouvrir un avenir, mais sans grande conviction. Tantôt, tu cherches à t’évader en t’amusant à tous les plaisirs faciles , pour t’étourdir et oublier demain. Tantôt, tu te lances dans la foi et la pratique religieuse de ton enfance, espérant y retrouver une raison de vivre et d’espérer encore. Tu connais les amitiés et les abandons, les brusques lueurs d’espoir et les désespoirs les plus noirs. Tout coule entre tes doigts et plus rien, dans ta vie, ne semble tenir debout.

Somme toute, quand tu retrouves la France, tu n’as plus grand-chose à quoi te raccrocher. Malgré ton prétendu titre de comte, il ne te reste plus grand-chose de ton passé, toi qui débarque avec un passeport au nom de : »citoyen Mazenod ». Malgré l’espérance d’un mariage arrangé, tu n’as guère d’illusions sur ton avenir, toi qui débarques seul, sans argent ni diplôme et alors que personne n’a même pris la peine de venir t’accueillir.

 

                                                                                                                                                                    à suivre........................

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