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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 14:00
 
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Du sang coule d’un linge liturgique à Daroca

 

Le 23 février 1239, les troupes de Jaime Ier d’Aragon (dit le Conquérant) se préparent à la bataille qui leur permettra de reprendre le royaume de Valence aux mains des musulmans. Avant le combat, six de ses capitaines se rendent à l’église Saint-Christophe de Luchente, à 80 km de Saragosse (Espagne, province de Valence) où ils se confessent et assistent à la messe dite par le chapelain, le père Matthieu Martinez.

Celui-ci consacre six hosties ce jour-là pour la communion des six hommes. Mais juste après l’élévation, un vacarme assourdissant retentit à l’extérieur. On se précipite sur le parvis. Il faut fuir : les Maures donnent l’assaut. Les six capitaines n’ont pas le temps de communier.

Le chapelain court à l’autel puis enveloppe les six hosties consacrées dans un corporal qu’il enterre ensuite sous une grosse pierre, au fond de son jardin.

La bataille est sanglante. L’avantage tourne au profit des soldats chrétiens. Quelques heures plus tard, les six militaires, sains et saufs, reviennent à l’église afin d’y communier. Le chapelain leur explique qu’il a enterré le Saint-Sacrement dans la précipitation, mais qu’ils sont les bienvenus pour l’accompagner au lieu de la cachette.

Parvenus sur place, le prêtre déplace la pierre et s’apprête à déplier le corporal… mais il pousse un cri : les hosties ont changé d’aspect. Elles ressemblent maintenant à des morceaux de chair sanglants. Elles sont collées à présent au tissu.

Les hommes d’armes demandent au clerc de tenir à bout de bras ce corporal miraculeux et de le montrer à tous les soldats. Ce même jour, le château voisin de Chio est repris.

Mais une querelle divise bientôt les troupes aragonaises : à qui reviendra la précieuse relique eucharistique ? Le général Berenguer de Entenza décide alors d’un stratagème : on place le corporal sanglant sur une mule prise aux Maures qu’on laissera errer à sa guise ; l’endroit où elle fera halte sera celui où sera conservée la relique.

Le 24 février, l’animal se met en route. Personne ne la guide mais elle est suivie par de nombreux soldats et des prêtres portant des cierges. La mule prend d’abord la direction de Valence mais elle ne pénètre pas dans cette ville. Elle change mystérieusement de direction. Après 12 jours de marche, sa course s’achève devant l’hôpital Saint-Marc de Daroca où la bête s’effondre de fatigue, morte. Clergé et fidèles savent que c’est ici que l’Eglise devra garder la relique.

Des témoins - dont plusieurs prêtres - ont rapporté des musiques et des chants « angéliques » au cours de cette pérégrination, ainsi que des conversions et des guérisons.

En 1261, une délégation de Daroca est envoyée à Rome auprès du pape Urbain IV. Celui-ci accorde plusieurs privilèges aux pèlerins de Daroca. Ses successeurs en font autant, comme, par exemple, Eugène IV qui en 1344 promulgue une année jubilaire fixée tous les dix ans. Sixte IV renouvelle cette décision.

Daroca a pris saint Thomas d’Aquin - grand théologien des sacrements - pour patron. Coïncidence ? La fête de cet illustre saint tombe un 7 mars, jour où la mule chargée du corporal arriva dans les lieux en l’an 1239.

Cette relique est conservée dans un tabernacle-reliquaire datant de 1385 qui est lui-même à l’abri dans un reliquaire de pierre sur lequel ont été figurées les épisodes successifs du miracle. L’ensemble a été installé dans la basilique Sainte-Marie de Daroca, dans une chapelle gothique du XVe siècle.

Au XXe siècle, des analyses scientifiques ont été faites à partir d’échantillons prélevés sur le linge. Leur résultat est stupéfiant : il s’agit de sang humain !

Le clergé diocésain possède un acte notarial de 1340 rapportant les faits.

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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Eugène de Mazenod : il guérit un malade parvenu au stade terminal

 

En mars 1987, un père de famille mexicain, 55 ans, habitant de Mexico, est placé sous traitement médical d’urgence. Le 4 mai suivant, on lui diagnostique un cholangiocarcinome (tumeur maligne des voies biliaires).

Le malade souffre d’une perte d’appétit, de fièvres, de vives douleurs thoraciques. Il a perdu 30 kilos ; sa peau commence à jaunir. Il ne lui reste que quelques semaines à vivre.

Son état de faiblesse l’empêche de recevoir un traitement de chimiothérapie ou d’être opéré. Le 12 mai, après lui avoir prescrit des calmants, les médecins le renvoient chez lui.

A partir du 5 juin, son état empire. C’est une « fin de vie » croit-on. Le surlendemain, la famille commence une neuvaine au bienheureux Eugène de Mazenod qui jouit d’une solide réputation de thaumaturge dans leur paroisse et dans tout le pays. Parents, amis et le curé de la paroisse s’y associent. Matin et soir, on se relaie au chevet du malade.

Le 15 juin, dernier jour de la neuvaine, la douleur est insupportable. Pendant la nuit suivante, les personnes présentes évoquent un « stade terminal ». Il faut se préparer aux obsèques.

Le 17 juin 1987 au matin, le malade se réveille, ouvre les yeux, s’agite, et, sans aucune aide, se lève et marche comme si de rien n’était ! Une semaine plus tard, il sort dehors sans difficulté, il se promène et fait ses courses. En novembre de la même année, il reprend son travail, parfaitement guéri.

Les nombreux examens médicaux qu’il subit de 1987 à 1993, indiquent que le cancer a disparu sans cause naturelle. En mars 1994, la commission médicale de la Congrégation pour la cause des saints confirme l’authenticité de ce prodige, permettant à l’Eglise de canoniser en 1995 Eugène de Mazenod (1782-1861), ancien évêque de Marseille (France, Bouches-du-Rhône).

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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 14:00
 
JackieLou DL/Pixabay Cathédrale de Tréguier.
Saint Yves de Tréguier : il s’entretient avec saint Tugdual

 

Juriste de formation, Yves occupe la fonction d’official à Tréguier (France, Côtes-d’Armor). Chacun connaît dans la région le dévouement avec lequel il aide les pauvres.

Un soir, il décide de prendre du repos dans la sacristie de la cathédrale de Tréguier où il a ses habitudes. Le sonneur de cloches dort non loin de lui.

En pleine nuit, un vacarme épouvantable réveille les deux hommes. La cathédrale est-elle en train de s’effondrer, se demandent les deux hommes.

Mort de peur, le sonneur de cloches allume une bougie et demande à Yves de l’accompagner dans la nef. Là, étrangement, tout semble normal. Ils s’approchent du tombeau de saint Tugdual (VIe siècle), le fondateur du diocèse de Tréguier, conservé devant le maître-autel.

Yves demande alors à son compagnon de l’attendre quelques instants un peu plus loin, puis il s’approche de la châsse contenant les reliques du saint.

Le sonneur obtempère mais au bout d’une minute, il est glacé de terreur : il entend distinctement les échos assourdis de deux voix : celle d’Yves et une autre, inconnue…

Peu après, Yves le rejoint et lui annonce qu’il vient de faire la paix avec le saint patron des lieux…

Depuis le Moyen Âge, la cathédrale de Tréguier est dédiée à saint Tugdual.

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 14:00
 
CC0/wikimedia Saint Félix de Cantalice par le cercle de Rubens.
Saint Félix de Cantalice : il semble encore plus vivant une fois mort que lorsqu’il était en vie

 

« Santo subito » clament les fidèles de Rome (Italie) au soir du 18 mai 1587, demandant à l’Eglise d’officialiser la sainteté de celui qui est mort l’après-midi, et qu’ils vénèrent, Félix, frère capucin originaire de Cantalice (Italie, Latium).

Comme de coutume, on procède à la toilette mortuaire puis on revêt le défunt de l’habit de son ordre.

Mais quatre heures plus tard, les membres de Félix restent étonnamment souples, comme ceux d’un homme vivant en bonne santé. On décide de faire silence pour le moment sur ce fait.

Le lendemain, le corps est exposé dans l’église du couvent comme si tout se passait normalement. Des centaines de personnes se bousculent pour toucher le corps exposé que d’aucuns considèrent d’ores et déjà comme une relique. L’habit de capucin enfilé la veille est taillé en pièces. On est contraint d’amener la dépouille du bienheureux dans la sacristie pour lui faire revêtir une nouvelle tunique.

Les frères restent sans voix : ils n’ont aucune difficulté à habiller Félix tant ses jambes et ses bras sont souples, et sa peau élastique, plus d’un jour après son trépas !

Le frère infirmier va plus loin en déclarant qu’il a été plus facile de le vêtir à ce moment-là que lorsqu’il était de ce monde ! En effet, poursuit-il, Félix était malade dans les derniers mois de sa vie, couché la plupart du temps, le corps couvert de plaies et d’ecchymoses, les articulations et les muscles raidis par des années d’une rude ascèse.

Félix, surnommé le « frère Deo Gratias » a été béatifié en 1625. Le pape Clément XI a fait de lui un saint le 22 mai 1712.

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17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 14:00
 
iStock / Getty Images Plus/rudall30
Saint Pascal Baylon : il voit des anges qui lui présentent un bel ostensoir

 

« J’ai gardé le troupeau avec Pascal durant deux années et, outre que j’ai vu en lui de nombreuses vertus, jamais je ne l’ai entendu jurer, comme le font habituellement les autres bergers, mais il louait Dieu et ses saints, spécialement la Vierge Marie. » Ainsi témoigne en 1594 Juan Campos, l’ami de jeunesse de Pascal, au procès de béatification, ouvert seulement deux ans après sa mort.

Né en Aragon (Espagne), Pascal est berger jusqu’à ses 24 ans. Dès son adolescence, il est connu pour sa piété et sa dévotion eucharistique.

Un jour, tandis qu’il médite sur l’Évangile en gardant ses bêtes, deux nuages hauts dans le ciel, comme collés l’un à l’autre, s’éloignent, laissant tomber une belle lumière sur la nature qui environne le jeune homme.

Soudain, au centre de celle-ci, le berger voit des anges d’une beauté céleste, plus vrais que tout ce que ses yeux de chair ont vu jusqu’à lors. Ils s’approchent de lui. Ils sont si majestueux que Pascal s’agenouille et se met à prier.

Deux des anges tiennent un magnifique ostensoir d’or serti de pierres précieuses. Pascal n’en a jamais vu d’aussi somptueux, y compris lors des grandes processions dans son diocèse. A cet instant, une hostie éblouissante de blancheur apparaît en son centre dardant des rayons lumineux. Pascal loue le Seigneur d’une grâce si exceptionnelle.

Une minute plus tard, la vision a disparu. Mais le futur saint n’oubliera jamais ce jour, devenant au cours de sa vie le « Séraphin de l’Eucharistie » selon l’expression de Léon XIII. Pascal a été canonisé en 1691 par Alexandre VIII.

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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 14:00
 
CC0 Paris Musées / Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris La Vierge et l’Enfant donnant le scapulaire à saint Simon Stoch et à une sainte carmélite, par Octova Tassaert, Petit Palais, Paris.
Saint Simon Stock : reçoit le scapulaire du Carmel des mains de la Vierge Marie

 

Simon vient au monde en Angleterre vers 1164. Contemplatif et dévot de la Vierge, il devient religieux carme, effectue un pèlerinage en Terre Sainte, prend part au concile de Lyon en 1245 et, deux ans plus tard, est élu Général des Carmes.

Le 16 juillet 1251, il séjourne à Cambridge (Angleterre, comté de Cambridgeshire). Tandis qu’il est en train de réciter une prière en l’honneur de Marie, celle-ci apparaît devant lui, vêtue d’un grand manteau bleu, tenant l’Enfant-Jésus dans ses bras.

Le saint remarque qu’elle tient dans sa main droite une pièce de tissu de couleur sombre.

Elle lui dit : « Recevez, mon fils bien-aimé, ce scapulaire pour mon Ordre, c’est le signe particulier de ma faveur, que j’ai obtenu pour toi et pour mes fils du Mont-Carmel. »

Simon n’en croit pas ses yeux. Il n’ose parler.

La Mère de Dieu reprend : « Celui qui meurt revêtu de cet habit sera préservé du feu éternel. »

Simon Stock commence à être considéré comme un saint par l’Église à partir de 1423.

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 14:00
 
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L’église Saint-Ambroise de Florence est le théâtre d’un miracle eucharistique

 

Au matin du 29 décembre 1230, un prêtre, nommé Ugguccione, chapelain d’un couvent de Franciscaines, célèbre la messe dans l’église Saint-Ambroise de Florence (Italie, Toscane), l’une des plus anciennes de la ville.

Après avoir communié sous les deux espèces, le prêtre qui est très âgé, assèche mal le calice et y laisse un peu de vin consacré.

Le lendemain, lorsqu’il prend le calice pour sa messe quotidienne, il observe un phénomène étrange : le vin laissé par inadvertance s’est transformé en sang coagulé.

Il prévient immédiatement d’autres prêtres. Tous constatent le fait. La nouvelle est colportée à travers Florence. Le surlendemain, l’église est remplie de religieux et de laïcs désireux de voir le prodige. Le père Uguccione place le contenu du calice dans une ampoule de verre.

Mgr Ardingo da Pavia, évêque de Florence, est également informé. Il demande à voir la précieuse relique. L’évêché conserve l’ampoule quatre jours durant, jetant les fidèles dans l’attente d’une décision.

L’abbesse du couvent qui jouxte l’église Saint-Ambroise, la mère Ceida, sollicite l’évêque pour que la relique soit restituée. Mais le prélat refuse car, la nuit précédente, il a été prévenu en songe de l’authenticité du miracle. Dès lors, il tient à déposer la relique dans un tabernacle digne de ce nom.

Il faut attendre 1231 pour que ce nouveau reliquaire, contenant le sang du Seigneur, soit rapporté de l’évêché à l’église des Franciscaines dans une grande procession publique.

L’évêque accorde la garde de ce trésor non à son clergé mais à la République florentine, au Collège des juges et notaires.

En 1340, tandis que la peste sévit, la relique est portée à travers Florence en présence des responsables municipaux. Le 8 avril 1399, le pape Boniface IX concède l’indulgence de la Portioncule (du nom de l’église Sainte-Marie des Anges à Assise où le Christ est apparu à saint François en 1216) aux pèlerins et aux desservants de Saint-Ambroise.

En 1441, un tabernacle de marbre sculpté par Mino de Poppi prend place dans l’église. En 1498, le peintre Cosimo Coselli peint en fresque une scène figurant l’ostension de la relique eucharistique.

Mais en 1779, un décret du grand-duc de Florence, Pierre-Léopold de Lorraine, supprime le Collège des juges. Les religieuses lui demandent alors de prendre en charge le coût des fêtes commémoratives. Il refuse, contraignant les religieuses à payer elles-mêmes les festivités. Commence alors une période sombre. En 1808, le couvent est fermé, et les bâtiments conventuels bientôt abattus.

Pourtant la piété n’a jamais disparu à Saint-Ambroise. En 1930, son septième centenaire a donné lieu à de belles cérémonies.

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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 14:00
 
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La bienheureuse Julienne de Norwich : elle assiste à la Passion du Christ

 

Le 13 mai 1373, Julienne, qui vit en recluse près de l’église Saint-Julien à Norwich (Angleterre, comté du Norfolk), tombe gravement malade. Ses jours sont comptés. Son confesseur lui administre l’extrême-onction. Tout est fini.

Comme le veut la tradition, le prêtre lui présente alors un crucifix près du visage. Soudain, Julienne ouvre les yeux et semble revenue à la vie. Au cours des heures qui suivent, elle a une longue vision du Christ, la première sur les 16 qu’elle aura au cours de sa vie.

La scène de la crucifixion est très réaliste : elle discerne la physionomie de Jésus et celle de sa Mère et de saint Jean. Elle observe le visage ensanglanté du Seigneur, son agonie sur la croix, sa mise au tombeau, la fermeture de celui-ci à l’aide d’une grosse pierre…

A compter de ce jour, son confesseur exige d’elle qu’elle mette par écrit le contenu de ses révélations.

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13 mai 2022 5 13 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint André-Hubert Fournet : il multiplie les vivres

 

Vers 1818, le monastère des Filles de la Croix, fondé dans le diocèse de Poitiers (France, Vienne), affronte une disette. Les sœurs repoussent leur retraite annuelle par peur de manquer. Le père André-Hubert Fournet, curé de Saint-Pierre-de-Maillé (France, Vienne) et cofondateur de cette communauté, sait la gravité de la situation.

L’une des moniales, sœur Bartholomé, assiste alors à la scène suivante : « Le Serviteur de Dieu grimpa au grenier, où j’étais occupée avec une autre religieuse. Il tourna autour de deux petits tas de grains, l’un de blé, l’autre d’orge. Je ne me souviens pas s’il bénit les tas. Il dit alors, une seconde fois, à notre bonne Mère, d’inviter, sans plus de délais, les sœurs à venir pour la retraite. »

La supérieure fait son office. 200 religieuses et novices débarquent au monastère. Comment leur donner à manger ?

Mais à partir de ce jour, et pendant deux mois et demi, la sœur est témoin d’un fait mystérieux : elle monte chaque jour au grenier et constate que les deux tas ne varient pas !

Or, le jour où le saint a prié dans le grenier, la quantité de grains aurait normalement permis de nourrir 200 personnes, mais pendant une semaine « au maximum ».

Une autre religieuse, sœur Mamertus, témoigne : « Je remarquai que le Serviteur de Dieu se dirigeait vers le grenier [...] je le suivis. Il ferma la porte derrière lui, mais je pus voir ce qu’il faisait par le trou de la serrure. Il s’agenouilla à côté d’un petit tas et se mit à prier avec une grande ferveur. Je ne sais s’il fît quelque chose d’autre, car, dans ma peur qu’il ne me voie l’espionnant, je me retirai… »

Les deux religieuses ont déposé sous serment au cours du procès de béatification.

André-Hubert Fournet a été canonisé le 4 juin 1933 par Pie XI.

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12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Léopold de Castelnuovo : il prophétise la destruction de son couvent et la préservation de sa cellule

 

Capucin originaire de Dalmatie (Croatie), Léopold est célèbre à Padoue (Italie, Vénétie) par son humilité. Depuis 1909, il confesse entre 12 et 15 heures par jour dans sa cellule qui lui sert de confessionnal, à côté de l’église Sainte-Croix. Parmi ses pénitents, il reçoit le père Albino Luciani, futur pape Jean-Paul Ier.

En 1940, il reçoit la visite d’un ami avec lequel il évoque les malheurs de la guerre. Le visiteur l’interroge : « Père, ce couvent sera-t-il détruit ? 

-Oui, malheureusement, il sera durement frappé. Mais pas cette cellule, pas elle. Ici le Seigneur a répandu tant de miséricorde pour les âmes. Il faut que cette pièce reste comme un monument en l’honneur de sa bonté. »

En mai 1944, les bombardements alliés ravagent une grande partie du couvent des Capucins de Padoue et l’église Sainte-Croix. La cellule du saint reste étrangement intacte. 

Léopold a été béatifié en 1976 puis canonisé en 1983 par saint Jean-Paul II.

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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Ignace de Laconi : du sang coule de son sac de provisions ramené de chez un usurier

 

Née en Sardaigne (Italie), Ignace, frère lai entré en 1722 chez les Capucins, exerce la fonction de « questeur » dans son monastère de Cagliari (Italie, Sardaigne) : il va de maison en maison demander l’aumône.

A cette époque, les habitants du quartier remarquent qu’Ignace ne frappe plus à la maison d’un riche prêteur sur gages depuis plusieurs semaines. Celui-ci a une mauvaise réputation : il ne renonce jamais à une dette et il est sans pitié pour les pauvres à qui il prête à des taux usuriers. De surcroît, il se sent offensé lorsqu’il aperçoit le frère Ignace passer devant chez lui.

Un jour, cet homme fortuné vient trouver le supérieur du monastère pour se plaindre du saint. Ignace est convoqué et on lui demande des explications. Le supérieur finit par ordonner à Ignace de ne plus éviter à l’avenir la maison de l’usurier.

Le lendemain, le saint revient au monastère tenant un grand sac de nourriture. Il le dépose sur une table puis en décharge le contenu devant ses frères intrigués par tant de victuailles.

Mais dès que le sac est vide, du sang se met à couler sur la table, jusqu’au sol. Qu’est ceci demandent les religieux ?

« C'est le sang des pauvres », s’exclame alors Ignace, « c’est pourquoi je ne demande jamais rien dans cette maison. »

Pie XII a béatifié Ignace en 1940 puis l’a canonisé le 21 octobre 1951.

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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Pacôme le Grand : il voit un ange et entend une voix dans le désert

 

Pacôme est né à la fin du IIIe siècle dans une famille païenne près de Nag Hammadi, en Haute-Egypte. Enrôlé de force à 20 ans dans l’armée romaine de Maximin Daïa, il se convertit à la fin de son service militaire, après avoir rencontré des chrétiens fervents de Thèbes. Il se retire dans le désert avec son compagnon saint Palémon pour prier. Puis après avoir vécu un moment avec saint Antoine le Grand, il décide de mener une vie d’ermite dans la plus grande solitude.

En 318, tandis qu’il séjourne à Tabennèse (Haute-Egypte, Thébaïde), un ange apparaît à ses côtés et lui dit : « Pacôme, voici la volonté de Dieu : servir les hommes et les réconcilier avec Dieu. »

Sur le moment, l’ermite ne comprend pas ce que lui demande l’envoyé du Seigneur. Solitaire, comment pourrait-il réconcilier le genre humain avec Dieu ?

Il entend alors une voix près de lui : « Pacôme, reste ici, bâtis un monastère. »

Il a compris : Dieu lui demande de fonder une nouvelle famille de chrétiens, qui vivront dans la charité du Christ, dans l’obéissance à une loi qui prendra le nom de « règle ».

Pacôme a fondé près d’une dizaine de monastères en Haute-Egypte jusqu’à sa mort en 348.

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 14:00
 
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Sainte Louise de Marillac : elle apparaît à une jeune italienne qu’elle guérit

 

A l’extrême fin du XIXe siècle, Rosa Curb, jeune italienne originaire de Fasano (Italie, Pouilles), souffre d’un abcès qui la fait terriblement souffrir. Dure à la douleur, elle ne consulte aucun médecin. Mais son cas se complique au fil des semaines, passant d’une infection cutanée sans trop de gravité à une inflammation aiguë, avec œdème, fièvre et empoisonnement sanguin. Transportée en urgence dans un hôpital, Rosa est jugée inopérable. « Incurable », affirment tous les praticiens.

Rosa reçoit les derniers sacrements dans la joie. Les siens préparent ses funérailles. Mais la jeune femme a une confiance totale dans le Christ et elle invoque Louise de Marillac depuis son enfance qui est à ses yeux la charité chrétienne en actes. Jour et nuit, elle implore Jésus, Marie et Louise de l’aider à mourir en paix.

Un soir, elle parvient à trouver le sommeil. Sa chambre est plongée dans l’obscurité et la porte fermée. Soudain, elle voit près de son lit une « religieuse » inconnue. L’apparition enlève le pansement qui recouvre l’abcès sans qu’elle éprouve la moindre douleur puis dit à haute voix : « vous êtes guérie ! »

Rosa est frappée d’étonnement. Elle demande à cette mystérieuse visiteuse : « Qui êtes-vous ? 

- Je suis la vénérable mère que vous avez invoquée ».

Au matin, Rosa n’éprouve plus aucune souffrance. Elle trouve pansements et gazes au pied de son lit.

Ce miracle a été authentifié en 1920 par le Saint-Siège lors du procès de béatification de Louise de Marillac. Celle qui fut l’amie spirituelle de saint Vincent de Paul des années durant, est canonisée le 11 mars 1934 par Pie XI.

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 14:00
 
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Le miracle eucharistique d’El Cebrero

 

En 1300, aux confins de la Galice et du Léon (Espagne), le paisible village espagnol de Cebrero, situé à 1300 mètres d’altitude, est une étape pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle (Espagne, Galice). Depuis le XIe siècle, des moines français de Saint-Géraud d’Aurillac ont pour mission de les accueillir dans leur monastère de Sainte-Marie de Zebrero.

Juan Santin, modeste paysan, est un homme apprécié dans la localité. Fervent chrétien, il ne raterait la messe pour rien au monde.

Un jour, alors qu’une forte tempête s’est levée sur la région mêlant averses et vents furieux, Juan quitte sa maison pour se rendre à l’église du monastère. Il y parvient sain et sauf. L’église est vide, les intempéries ayant eu raison de la piété des villageois.

L’un des chapelains vient de dire la prière de consécration du pain et du vin. Le prêtre, surpris de la présence de Juan, se dit au fond de lui : « Que vient donc faire ici cet homme au milieu d’une telle tempête ? Pourquoi se fatigue-t-il autant pour contempler un morceau de pain et une coupe de vin ? »

A cet instant, l’hostie consacrée change complètement d’aspect, se transformant en un morceau de chair sanguinolente. Affolé, le prêtre porte le calice à ses lèvres, laissant couler quelques gouttes d’un liquide rougeâtre sur le corporal disposé sur l’autel où il coagule rapidement. Il n’en revient pas : ce n’est plus du vin, mais du sang !

Les moines sont alertés. Tous rendent grâce. Malgré la tempête, on court de ci, de là pour informer la population.

Dans les jours suivants, les fidèles accourent par centaines pour voir l’hostie miraculeuse. L’un d’eux raconte : « Moi, bien qu’indigne, je suis passé par ce lieu, je suis allé adorer ce saint mystère et j’ai vu les deux ampoules. L’une d’elles contient le sang tel que s’il venait de se cailler, aussi coloré que celui d’un chevreau que l’on viendrait de tuer ; quant à la chair, elle apparaît à travers le verre comme une viande boucanée, colorée et sèche. Le calice que l’on conserve et que l’on montre [surnommé le saint « Graal galicien »] porte encore les traces du sang. »

Ces reliques sont portées en procession le jour de la Fête-Dieu, le 15 août et le 8 septembre (Nativité de la Vierge) de chaque année. On estime entre 10 et 12 000 le nombre des fidèles du Cebrero.

Une bulle du pape Innocent VIII datée de 1487 mentionne les faits. En 1496, une bulle d’Alexandre VI atteste que le vin de la messe fut réellement changé en sang. A l’extrême-fin du XVe siècles, les Rois Catholiques, Isabelle et Ferdinand se sont rendus sur place et ont vénéré les reliques eucharistiques. A cette occasion, ils firent placer la chair et le sang, chacun séparément, dans dans une fiole de cristal de roche que l’on plaça dans une cassette d’argent.

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Thomas Becket : il guérit son ami l’évêque Jean de Salisbury

 

En 1176, le savant anglais Jean de Salisbury, est sacré évêque de Chartres (France, Eure-et-Loir). Il est l’ancien camarade de saint Thomas Becket, archevêque de Canterbury (Angleterre, Kent), chancelier d’Angleterre, assassiné en 1170 et canonisé trois ans plus tard.

Jean est atteint de violentes fièvres qui le contraignent à garder la chambre. Il redoute de ne pouvoir accomplir sa mission. Il sait que les miracles se multiplient sur le tombeau du saint archevêque.

Par précaution, il avait amené à Chartres un flacon en étain dans lequel il avait recueilli quelques gouttes de sang du martyr, et où il avait trempé l’une des lames ayant servi à tuer le saint.

N’y tenant plus, Jean demande à un serviteur d’aller lui chercher le dit flacon. Il avale son contenu d’un trait en priant le saint martyr à voix haute. Aussitôt, il se sent mieux. Il peut se lever seul, marcher, bouger. Sa fièvre a disparu. Il est sauvé.

Jean de Salisbury a rédigé lui-même le récit de sa guérison qu’il a pris soin d’adresser à plusieurs prélats de son temps.

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6 mai 2022 5 06 /05 /mai /2022 14:00
 
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Sainte Bénédicte : elle meurt au moment que saint Pierre indique à sa sœur

 

Au début du Ve siècle, Bénédicte et sa sœur Galle, filles du consul romain Symmaque, engagé dans une lutte sans merci contre les chrétiens, sont baptisées. La seconde, devenue veuve, fonde un monastère dans Rome (Italie), près de l’église Saint-Pierre-Apôtre, que la première rejoint peu après. Toutes les deux sont inséparables.

Galle est atteinte d’un cancer du sein. Une nuit, elle voit l’apôtre saint Pierre, debout, devant son lit. Enveloppé dans une lumière surnaturelle, il lui prédit qu’elle va mourir dans les trois jours. Galle lui demande d’avoir la bonté de demander à Dieu de disparaître le même jour que sa sœur de sang.

Trois jours plus tard, Galle meurt dans les circonstances que saint Pierre lui avait dévoilées, laissant Bénédicte dans le désarroi. Mais celle-ci sait qu’elle peut compter sur le Seigneur. Au fond d’elle, une évidence s’impose : elle mourra 30 jours après sa sœur.

Effectivement, sainte Bénédicte, alors en pleine santé, rend son âme à Dieu le trentième jour suivant.

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5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 14:00
 
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Le vénérable Michel Le Nobletz : il voit la Vierge Marie avant de mourir

 

En avril 1652, le père Michel Le Nobletz, missionnaire breton, sent sa fin approcher. Il souffre depuis cinq jours et désire recevoir « son Dieu en forme de Viatique ». On l’aide à descendre de son lit et on le met à genoux au milieu de sa chambre.

Les yeux tournés vers un crucifix, il fait ce récit : « Je me sens obligé de découvrir une grâce qu’il plut à Dieu de me faire dans mon jeune âge. Lorsque je faisais mes études à Agen, la Sainte Vierge eut la bonté de me visiter dans une grande affliction qui m’était survenue. Après m’avoir consolé, elle me dit : “J’ai obtenu de mon Fils ces trois couronnes pour vous : l’une est celle de la virginité, que vous garderez inviolablement jusqu’à la mort. Cette seconde couronne est celle de docteur et de maître de la vie spirituelle, que mon fils a prêchée sur la terre, et qu’il veut apprendre à un grand nombre de personnes par votre moyen. La troisième est celle du mépris du monde, dont vous ferez une profession particulière dans l’état ecclésiastique.” »

Le procès de béatification de Michel a été ouvert en 1701. L’Eglise l’a déclaré vénérable en 1897.

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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Pérégrin Laziosi : il voit le Christ descendre de la croix pour le guérir

 

En 1265, un religieux des Servites de Marie, Pérégrin Laziosi, originaire de Forli (Italie, Emilie-Romagne), est frappé par un mal incurable : sa jambe droite est dévorée par la gangrène. Aucun remède ne peut le soulager. Une seule solution : l’amputation.

La veille au soir de l’opération, Pérégrin prie avec ferveur dans sa cellule. Mais il veut se rendre dans la salle capitulaire de son monastère, où a été installé un grand crucifix devant lequel il veut parler au Seigneur.

Il y parvient à bout de forces. Il lève les yeux vers le crucifix de bois mais, à cet instant, celui-ci disparaît, laissant place à une scène de la crucifixion empreinte de réalisme : le Christ en croix est environné d’une lumière céleste.

Brusquement, la vision change : le Christ descend lentement de la croix, s’approche du saint, et touche sa jambe malade.

Au matin, Pérégrin est retrouvé  agenouillé devant le crucifix. Le médecin venu pour l’amputation ne comprend rien : le membre est à présent normal, sans trace ni cicatrice ! Pérégrin Laziosi a été béatifié en 1609 par Paul V. C’est Benoît XIII qui l’inscrit au catalogue des saints en 1726.

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3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 14:00
CC0/Met Deux anges, par Cosmas Damian Asam, vers 1720, Metropolitan Museum of Art, New York.
La bienheureuse Emilie Bicchieri : elle reçoit la communion d’un ange

 

Venue au monde en 1238 dans une famille de la noblesse italienne, Emilie désire se consacrer à Dieu dès l’adolescence. Elle prend l’habit chez les Dominicaines à 18 ans. Elle se révèle rapidement une contemplative exceptionnelle et une travailleuse dévouée jusque dans les tâches les plus humbles.

Un jour, Emilie est appelée à l’infirmerie où l’une des sœurs est alitée, gravement souffrante. Elle lui prodigue soins et soutien. La malade lui fait des confidences à voix basse, tant sa fatigue est extrême, contraignant Emilie à redoubler d’effort pour la comprendre.

Vers 10 heures, les cloches sonnent, prévenant du début de la messe conventuelle. Absorbée par le dialogue avec la mourante, Emilie choisit de ne pas quitter l’infirmerie et de ne pas aller à la messe.

Le temps passe. La malade finit par s’assoupir. Emilie se dépêche et pénètre dans l’église à la fin de la communion. « C’est un difficile sacrifice que je m’impose », se plaint-elle silencieusement au Seigneur.

Face à elle, sans qu’elle ait eu le temps de s’agenouiller, un ange apparaît dans une lumière diaphane. Il tient une hostie d’un blanc immaculé entre ses mains qu’il élève au-dessus du visage de la sainte, puis, se rapprochant d’elle, lui dépose délicatement sur la langue.

Emilie rend son âme à Dieu le 4 mai 1314. Son culte est approuvé en 1769 par Clément XIV.

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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 14:00
 
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Saint Antonin de Florence : son corps reste incorrompu jusqu’à aujourd’hui

 

Mai 1459. Florence (Italie, Toscane) est en émoi. Exposé à la vénération des fidèles depuis sa mort survenue huit jours avant, le corps d’Antonin, archevêque dominicain de la cité florentine, ne porte aucune trace de décomposition.

De plus, il émane de lui un parfum d’une suavité merveilleuse. On décide de le placer dans un cercueil en verre. Le pape Pie II assiste à ses funérailles. Comme les autres témoins, il constate ce prodige.

En 1525, les examens précédant la canonisation d’Antonin décrivent le même phénomène. Le corps reste étonnamment souple jusqu’en 1589. On observe ensuite un dessèchement partiel des tissus mais n’altérant pas l’impression de vie du corps.

Le 31 octobre 1739, Friedrich IV de Saxe, frère de la dauphine de France, visite l’église Saint-Marc à Florence : « Le Visage est blanc comme celui d’un homme qui serait mort depuis peu. Tout le reste du corps est de même que le visage et malgré qu’il ait été longtemps après sa mort dans un endroit fort humide il n’a pourtant jamais eu le moindre besoin d’être raccommodé. Il y a plus de 300 ans qu’il est au Paradis. »

Il est aujourd’hui desséché mais intact dans sa châsse-reliquaire de l’autel de la chapelle Salviati de la basilique Saint-Marc de Florence. Rome réfléchit à élever Antonin au grade de docteur de l’Eglise.

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