Dans les Sermons d’Antoine, le mot « martyr » revient 29 fois, à propos de Jean l’évangéliste, de Marie et des apôtres Pierre et Paul, pour en évoquer la dureté des souffrances et de la mort et souligner les germes de vie pour les martyrs eux-mêmes et pour l’Église.
« Jean n’a pas terminé sa vie par le martyre, mais fut cependant martyr, plongé dans un tonneau d’huile bouillante, relégué en exil à Patmos et obligé d’avaler du poison » (Saint Antoine, Fête de saint Jean l’Évangéliste).
« Les 12 étoiles (Ap. XII, 1) furent les 12 prérogatives de Marie, au Ciel, dans sa chair et dans son cœur… Les prérogatives du cœur furent une humble dévotion, une pudeur réservée, une grande foi et le martyre du cœur, car “une épée a transpercé son âme” (Lc I, 31) » (Saint Antoine, Annonciation de la Vierge Marie II).
« Ils ont offert des sacrifices de justice. » Par leur martyre, Pierre et Paul ont immolé au Seigneur, en victimes de justice, leurs corps justes et saints » (Saint Antoine, Fête des saints Pierre et Paul).
« Ô amour du Christ, qui rends douce toute chose amère ! Le martyre des Apôtres fut effrayant et amer, mais l’amour du Christ le changea en douceur ; ils le reçurent avec avidité et plaisir, et jouirent ensuite avec Lui pour l’éternité » (Saint Antoine, Fête des saints Pierre et Paul).
Méditation
« Que chacun se glorifie de son propre martyre »…
L’aspiration d’Antoine au martyre était inscrite dans l’âme même de l’Ordre des Frères mineurs. À ceux qui tiraient gloire du martyre des Frères du Maroc, François répondit que mourir martyr était l’affaire de chacun et en donna lui-même l’exemple, en entreprenant par trois fois le voyage en Terre Sainte et parmi les infidèles. Comme l’écrit Thomas de Celano, son biographe, « il avait l’ardent désir du martyre ». « L’ardeur de la charité, ajoute saint Bonaventure, le poussait à imiter la gloire des saints martyrs, car rien ne pouvait éteindre la flamme de leur amour ou affaiblir leur force d’âme. »
Il y a deux sortes de martyre, tous deux aussi exigeants par le don de soi et éloquents par le témoignage en faveur du Christ qui s’est offert à son Père sur la Croix : la mort sanglante ou « martyre du sang » et l’offrande de sa propre vie en sacrifice spirituel agréable à Dieu, comme le Christ s’est offert lui-même à son Père sur la Croix.
Ainsi, François s’est-il identifié au Christ jusqu’à mourir nu, sur la terre nue. Et Antoine, dans la vision et la joie de son Seigneur. (Assidua XVII, 12)
Ce genre de mort est aussi le nôtre. Il ne nous est pas demandé d’exposer nos corps aux persécuteurs, bien que nombreux soient encore aujourd’hui les chrétiens persécutés et les martyrs par le sang, mais d’offrir nos œuvres, nos prières, le travail de chaque jour, nos gestes de compassion et de consolation pour nos frères souffrants, nos maladies et tous les désagréments de la vie, en immolation et en holocauste. Par l’immolation nous devenons victimes et sacrifice ; par l’holocauste, « nous brûlons sur l’autel du Seigneur en parfum agréable au Seigneur » (Saint Antoine).
Invocations et prières
« Saint Antoine, dans la Croix du Christ, tu nous invites à découvrir le prix de notre vie et à mesurer la profondeur de notre blessure que seul le Sang du Fils de Dieu pouvait guérir. Aide-nous à comprendre de quel amour nous sommes aimés et à offrir nos souffrances pour le Salut du monde. Amen. » (Neuvaine à saint Antoine - Grottes Saint-Antoine de Brive)
Saint Antoine, nous te confions nos malades, les sans travail, nos difficultés dans la recherche du nécessaire à la vie de notre famille et de nos enfants, ceux qui sont exposés aux lourds travaux et à des mauvaises conditions de santé et de sécurité, les accidentés du travail, des maladies professionnelles et de la route, et toutes les petites et grandes croix de notre vie quotidienne. Donne-nous de les accomplir avec amour, sur ton exemple et avec Jésus.