23 septembre 2012
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17:04
L'assumerie du téléphone est rentrée dans le frigo où j'avais la tête pour chercher une bière tout en bas où il en restait peut-être... je suis allé décrocher, j'étais surpris de l'intensité de l"assumerie qui semblait complètement déréglée :
- Allô, oui ?
- "... vous vous souvenez PEUT-ÊTRE de moi..." a prononcé une voix étrangement doucereuse à la tonalité inquiétante proche de l'hystérie.
- "... euh non pas vraiment..."
La voix s'est faite encore plus douceâtre, insinuante : "... faudrait-il que je rafraîchasse votre mémoire défraîchie... ou bien monsieur l'écrivaillon est-il victime d'une amnésie collective de lui-même consécutive à un excès de bières frelatées du samedi soir..."
J'ai protesté : " Mes bières belges sont toutes excellentes, la plupart proviennent de vénérables abbayes et..."
Il m'a coupé durement : " Ne faites pas le belge avec moi et laissez les moines du petit placide tranquille, quand envoyez-vous le texte dont je vous ai extorqué la promesse la semaine dernière ?"
J'étais pris de court, j'ai bafouillé : "... le sujet avance, j'y mets la dernière main..."
La voix est redevenue d'une très inquiétante onctuosité : "... faudrait-il que je montasse à Paris mettre la main au collet de ce sujet pour le faire avancer à grands coup de pieds répétés dans le derrière..."
J'ai répondu d'un ton décontracté et enjoué : " Mais non je vous l'envoie dans l'heure qui suit, juste quelques corrections à faire, et le tour est joué !"
Un silence menaçant a suivi mes paroles puis il a articulé en grinçant : "Ne jouez pas avec moi avant que je ne pétasse les plombs..."
Il a raccoché.
J'avais 60 minutes pour lui envoyer quelque chose, même n'importe quoi ferait l'affaire pourvu que ça se tienne à peu près, je me suis mis au boulot fébrilement, tant pis, je descendrai chercher des bières plus tard.