SAINT DEODAT
Déodat ou Dieu-Donné, couramment appelé Saint Dié, était originaire de la France Occidentale. Dès sa jeunesse, il prit acte de la double charité : aimer Dieu et son prochain.
Ayant été élu évêque de Nevers en 655, il remplit son ministère à la perfection dans l’amour de Dieu, mais désirant la solitude, il quitta son siège, sans toutefois oublier de prévenir ses diocésains afin qu’ils lui choisissent un successeur. Il s’en alla dans les Vosges et pénétra en Alsace pour aller s’enfoncer dans la forêt d’Haguenau. Là, il se lia d’amitié avec Saint Arbogaste qui menait depuis quelque temps une vie érémitique et qui, par la suite, sera évêque de Strasbourg ; cependant n’ayant pas été bien accueilli par le peuple qui se trouvait dans la région, il se retira dans l’île de Novientum ou d’Ebersheim (une île située sur l’Ill, aujourd’hui abbaye d’Ebersmunster). Il s’y était formé une sorte d’ermitage où quelques solitaires vivaient en communauté. Ils reçurent Déodat avec joie et, compte tenu de sa réputation de sainteté, un grand nombre de disciples se rangèrent sous sa direction. Soutenu et protégé par Childeric II, roi d’Austrasie, il bâtit une église en l’honneur de Saint Pierre et de Saint Paul et l’enrichit des reliques de Saint Maurice qu’il avait obtenues d’Ambroise, abbé du monastère de Saint Maurice dans le Valais. L’évêque de Nevers procéda à la dédicace de cette église en présence d’une grande foule d’Alsaciens et de Lorrains. Telle fut l’origine de l’abbaye d’Ebersmunster, située dans le diocèse de Strasbourg à dix km de Sélestat et trente de Strasbourg.
Comme le gouvernement de cette abbaye ne permettait pas à Déodat de pratiquer librement la contemplation, il quitta l’abbaye pour un lieu plus solitaire et s’en alla vers Ammerschweyer (Ammerswihr), aujourd’hui une petite ville de la Haute Alsace au diocèse de Bâle. Il y bâtit un ermitage mais fut chassé par les habitants.
/…/
Il retourna dans les Vosges et s’arrêta dans la vallée qu’il nomma le Val de Galilée et qu’on appelle aujourd’hui le Val de Saint Dié. Il y bâtit une cellule et une chapelle sous l’invocation de Saint Martin. C’était alors un désert inculte mais bientôt beaucoup de personnes vinrent se placer sous sa protection. En 669, il bâtit sur une colline un grand monastère où ses disciples observèrent la Règle de Saint Colomban qui, par la suite, sera remplacée par celle de Saint Benoît.
Le roi Chidéric II lui donna la propriété de toute la vallée. Ce monastère fut nommé Jointures à cause de la jonction du ruisseau de Rothbach avec la Meurthe.
Vers la fin de ses jours, Saint Déodat se retira dans une cellule près de la chapelle Saint Martin. Il mourut dans les bras de Saint Hidulphe, son ami, en 679. Autour de son abbaye s’est formée une ville qu’on appellera Saint-Dié1. L’abbaye fut sécularisée en 954. Elle devint un célèbre chapitre de chanoines, lequel sera érigé en évêché par la bulle du pape Pie VI en 1777 et par lettre patentes de Louis XVI du mois d’août de l’année suivante. En 1635, l’armée suédoise brûla la châsse de Saint-Dié avec une partie de ses reliques.
1. Il est assez difficile d'obtenir des images de Saint-Dié statufié, car dès que vous tapez ce nom il apparaît un certain Jules F... autres temps autres saints !!!
/image%2F1485304%2F20210611%2Fob_1e1e15_cathedrale-de-saint-die.jpg)
/image%2F1485304%2F20210611%2Fob_766ce1_800px-blason-ville-fr-saint-die-des-vo.png)