LES TAUPES AVAIENT PEINE A RENTRER DANS LEURS TROUS.
1784.
- Dès la mi-mai, il est survenu une chaleur caniculaire, et pendant tout le reste de l’année, il a fait une sécheresse continuelle. Aussi les foins et les légumes ont totalement manqué, il y eu pourtant du fruit mais en général petit et peu conditionné, il y a eu beaucoup de pruneaux, assez bons pourtant et assez petits dont le prix a roulé sur une pistole, la récolte du bled [blé] a été abondante, quelques-uns en ont coupé avant la Saint-Jean, plusieurs avant la Saint-Pierre, tout le monde immédiatement après. Les vins sont bons ou plutôt excellents et partout très noirs, les blancs très bons : le dernier mois a été si froid que les rivières étaient sur le point de prendre, le Loth [Lot] était couvert de glaçons, la Garonne n’avait plus qu’un petit courant au milieu de son lit. Je dois ajouter que la sécheresse a été si forte et si longue, et la terre si dure que lorsque les taupes dans les champs et dans les prés venoient à sortir de dessous la terre, elles avoient peine à y rentrer, si elles ne retrouvoient pas leur trou, cella en a fait tuer beaucoup.
Journal d’Antoine Fournier, pour Monclar d’Agenais
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