SAINT HIPPOLYTE1
Il est un des plus illustres martyrs du règne de Gallus2, un des vingt-et-un prêtres des anciennes églises ou paroisses de Rome. Trompé par Novatien et Novat, il fut quelque temps engagé dans le schisme ; mais il expia cette faute par une rétractation publique et par le martyre. Le préfet de Rome allant au port qui desservait la ville et fit conduire Hippolyte à l’embouchure du Tibre. Un grand nombre de chrétiens le suivirent. Ils lui posaient des questions sur la voie à suivre. Hippolyte leur répondit :
- Fuyez le schisme exécrable de Novat, et retournez à la communion catholique. Que chacun de vous s’attache à l’ancienne foi, à celle de Paul, à celle que tient la chaire de Pierre. Je me repens du scandale que j’ai donné, et je rétracte ce que j’ai enseigné. Je vois aujourd’hui les choses sous un point de vue différent.
Hippolyte comparut devant le préfet, qui avait déjà tant versé le sang chrétien. Il commença par le port de Rome qui se trouvait à soixante kilomètre de la ville. Ostie était l’ancien port, mais avait perdu de l’importance au profit de Porto, situé de l’autre côté du Tibre.
On présenta au préfet assis sur son trône un grand nombre de chrétiens maigres et en haillons ; les cheveux longs attestaient la longueur de leur emprisonnement. Les voyant inébranlables, le juge les condamna à mort. Les uns furent décapités et d’autres crucifiés ou brûlés ; on en mit quelques-uns sur des bateaux pourris : ils périrent en mer.
Quant à Hippolyte, le chef des chrétiens, le peuple criait qu’il lui fallait un nouveau supplice. Le juge ordonna qu’il fût martyrisé comme celui qui portait son nom. Il faisait allusion à l’histoire d’Hippolyte, fils de Thésée, qui, fuyant la colère de son père, rencontra un monstre, tomba de son char, s’emmêla dans les rênes et fut traîné au sol par les chevaux qui le mirent en pièces.
L’ordre fut donné et le peuple exécuta la sentence. Ils choisirent deux chevaux fougueux auxquels ils attachèrent une corde. Puis ils lièrent Hippolyte par les pieds à l’autre bout. Ils fouettèrent les chevaux3 qui partirent dans un galop furieux. Les dernières paroles d’Hippolyte furent :
- Seigneur, ils déchirent mon corps ; recevez mon âme.
Les traces de sang laissées par les blessures furent épongées par les chrétiens et les morceaux de chair et de vêtements pieusement recueillis. Ces reliques furent portées à Rome et enterrées dans les catacombes dont Saint Prudence fait la description.
On déposa les reliques sur un autel où étaient célébrés les Saints Mystères. Les demandes faites à Dieu furent rapidement exaucées. Saint Prudence ajoute que la chapelle qui contenait les saintes reliques était en marbre à l’extérieur et garnie d’or et d’argent à l’intérieur. On y accourait de toutes les parties de l’empire et même en pèlerinage le jour de la fête du saint, le 13 août. Les sénateurs comme le peuple y venaient implorer la miséricorde divine et tous baisaient la châsse du saint. L’église était construite sur les bords du Tibre, près des murs de Rome.
Selon les savants historiens, il n’est pas possible de distinguer les reliques transportées à Saint Denys en France, entre le Saint Hippolyte de ce jour et Saint Hippolyte soldat. D’autres reliques des Saints Hippolyte se gardent à Cologne, à Lucques et à Brescia, ainsi que dans les églises Saint Laurent de Rome.
1. A ne pas confondre avec Saint Hippolyte, disciple de Saint Laurent, mort en 258 (Archives)
2. Les armées de Dèce vaincues par les Carpes, peuple Scythe, il fut tué ainsi que son fils lors de la dernière bataille. Cet empereur qui alluma la septième persécution ne reçut jamais les honneurs d’une sépulture, son corps n’ayant jamais été retrouvé. Gallus, qui commandait les troupes sur le Tanaïs, et auquel on attribue la trahison qui entraîna la défaite de Dèce, lui succéda comme empereur.
3. Près de Royston, se dresse un village qui autrefois portait le nom de Saint Hippolyte, patron de l’église appelée aujourd’hui Eppallet. On y bénissait les chevaux au grand autel de l’église, Saint Hippolyte étant regardé ainsi que Saint Antoine comme le patron des cavaliers.
N.B. Hippo est tiré de la racine grec: cheval
SAINT HIPPOLYTE
Soldat disciple de Saint Laurent (Archives)
SAINT CASSIEN
Martyr à Imola
SAINTE RADEGONDE
Reine de France, + en 587
SAINT MAXIME
Confesseur, + en 662
SAINT JUNIEN
Reclus, puis abbé de Mairé en Poitou, + en 587
SAINT WIBERT
Abbé en Allemagne, + en 741
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