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En 1169, Yvette (ou Juette), native de Huy (Belgique, région de Liège), est mariée de force à l’âge de treize ans. Trois enfants naissent dans ce foyer désuni. Mais en 1174, son époux meurt. La jeune veuve décide de consacrer sa vie aux pauvres dans lesquels elle voit le Christ. Elle passe plusieurs années à soigner les lépreux.
En 1194, l’abbé cistercien d’Orval (Belgique, province de Luxembourg), l’autorise à se retirer dans une cellule jouxtant sa léproserie.
Un jour, tandis qu’elle vaque à ses tâches quotidiennes, Yvette se sent élevée jusqu’aux portes du paradis en des « jouissances indicibles », transportée hors de son corps.
Parvenue dans un endroit d’une beauté sans égal, baigné d’une lumière indescriptible, elle voit un homme venir à elle. Il porte une tunique.
Soudain, la scène change : vêtu d’habits sacerdotaux, le personnage qu’elle ne connaît pas, célèbre une messe. Avant de rompre l’hostie, il se tourne vers elle et l’invite à le rejoindre. L’invraisemblable se produit. Sans pouvoir en rendre compte, Yvette, femme illettrée, reconnaît dans les traits de l’inconnu l’évangéliste saint Jean puis, comme une fulgurance, sait désormais que Jésus est présent. Cette vision « intellectuelle » a balayé en elle tout doute et questionnement sur la présence réelle.
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