à ma station de métro ce soir en rentrant ! les passagers en sont avisés par le conducteur de la rame stoppée juste une station avant, il faudra à peu près une heure pour désintégrer le sac abandonné par l'un des nombreux clochards qui hantent cette station, j'habite un quartier "populaire" de Paris, c'est à dire peuplé de bobos et de clochards, les bobos ne font que passer, ils déménagent souvent, encore ce ouiquènde dans ma maison, les seuls qui s'incrustent sont le vieux du premier, et moi au troisième, même les lesbiennes de mon palier ont déménagé, elles ont été remplacé par des homos, combien de temps resteront-ils ? les clochards du quartier sont fidèles à leur station, on devrait prendre exemple sur eux, avant on passait sa vie dans le même immeuble, tant que l'on payait son terme, terme tombé en désuétude, que l'on payait tous les trois mois, terme timestriel remplacé par le loyer mensuel trois fois plus élevé, jadis on croisait son propriétaire dans l'escalier, aujourd'hui c'est une société de "gestion de biens" qui vous rançonne, laquelle société change régulièrement pour la raison qu'elle vole aussi bien les propriétaires que les locataires, le temps pris pour le changement étant fonction de l'habileté de la société à dissimuler ses prévarications, de toute façon le propriétaire sera toujours refait, et nous aussi, c'est l'égalité des chances.
A Paris il n'y a pas seulement les propriétaires et les locataires, il y a aussi les co-propriétaires, le pire, les charges sont effarantes ils passent leur temps en réunion à essayer de comprendre comment ils se font voler par leur syndic de mèche avec les "prestataires de services", ils en changent, c'est pire encore. De plus les énormes et coûteux travaux d'entretien de l'immeuble sont à leur charge, ils en sentent tout le poids, surtout peu après avoir acheté... dans ma dernière location quittée pour cause de vente par appartement, dont le mien, par le propriétaire de l'immeuble, "tout était pourri, tout était à refaire", rien n'ayant jamais été fait, comme le confia le mari de la concierge qui parlait trop, une des raisons pour lesquelles il y a de moins en moins de concierges, ainsi les appartements se vendent mieux et plus vite, tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres.
J'ai grandi dans le Paris qui était encore celui de Balzac et de Zola et qui a duré plus qu'on ne peut imaginer, aujourd'hui je vieilli dans le Paris de Sarkozy, c'est moins poétique, on croise plein de gens qui lui ressemblent, ils sont très affairés à ne rien faire, ils ont de grandes oreilles et l'air très sérieux, il ne faut pas se fier aux apparences.
Je n'ai pas attendu pour rentrer que l'on fasse sauter un sac de clochard désigné curieusement comme "colis suspect", il est vrai que l'on expérimente actuellement l'adaptation de stations de métro en annexes de bureau de poste où l'on peut retirer des lettres recommandées et autres colis, sans doute plus ou moins suspects eux aussi... j'ai fini le trajet à pied, il n'y a guère plus de 5 à 10 à minutes entre deux stations de métro et Morti attendait son article, j'avais le début, le reste suivrait tout seul, il me manquait juste la fin.