« Tous les hommes sont semblables par leurs paroles ce n’est que dans les actes qu’ils divergent »
A Rennes comme partout en France, il y a un mal bien de chez nous.
Nous avons de belles gueules bien pensantes. Nous nous savons bien élevés et de bonnes conditions sociales. Nous sommes fiers d’être ce que nous sommes. Pour la plupart, nous avons été élevés dans un milieu catho, nous avons grandi dans une famille aimante avec des parents que nous remercions chaque jour de nous avoir fait comme nous sommes aujourd’hui.
Nous aimons retrouver notre cercle d’amis lors d'apéros ou de soirées mondaines. Devant un whisky pour les hommes, un porto pour les dames, nous refaisons le monde. Nous aimons discuter et débattre de la situation du pays, de son actualité politique, économique et sociale.
Au cours de la soirée, le ton monte crescendo, chacun s’en donne à cœur joie en voulant asséner les mots les plus durs pour qualifier notre président Hollande et désigner sa politique inique mettant à mal chaque jour, un peu plus, les valeurs de notre société auxquelles nous tenons tous.
Les verres s’enchainent, et lorsque le cul de la pauvre bouteille se vide, chacun retient son souffle. La dernière goutte sera pour celui qui aura le mieux parlé, et qui par sa gouaille bien pensante aura recueilli l’assentiment unanime de ses camarades.
Cependant, il est bien facile de discuter avec ceux qui sont d’accord avec nous. Entre amis du même monde nous sommes d’accord sur tout. Et si ce n’est pas toujours le cas, nous nous retrouvons au moins sur un point fondamental : nous sommes unanimes quant à la crise de la famille et les dégâts dramatiques qu’engendrera le mariage homosexuel.
Nous aimons parler de ceux qui ont fait notre civilisation, notre culture, notre force morale. Nous avons tous en tête les héros nationaux, les saint Louis et Jeanne d’Arc restent gravés dans nos mémoires. Nous aimons raconter à nos enfants les faits héroïques de nos aïeux, parfois même ceux de nos ascendants familiaux.
Mais, lorsque nous, élite auto proclamée bien pensante, et pseudo réac nous retrouvons autour d'un verre, les mouvements LGBT, la gauche libérale libertaire sont bien loin. Dans notre fauteuil nous ne risquons rien, même pas de nous fatiguer.
Mais quand par la force des choses, on nous aura supprimé, un par un tous nos apparats, que nous restera t il ?
J'ai passé avant la crise, non pas la crise financière qui est cependant dramatique, mais la crise morale que traverse la pays, de superbes soirées avec ces bien pensants cathos de droite, qui dans les discours appellent à la révolte voire à la guerre civile ! Mais quand je vois, lors de nos derniers rassemblements, une place de la mairie quasi déserte, j’ai mal et je me sens bien seul.
Aurais-je été berné, aurais-je été trompé par ces gens avec qui je partage(ais) tout. Aurais-je été abusé par ces gens que se prétendent patriotes et conservateurs, et défendeurs de la famille?
A vous, mes chers amis, qui avez dans vos salons la peinture d'un officier mort pendant la guerre. A vous, qui avez dans le dernier tiroir de votre bureau, la photo jaunie d'un de vos parents que vous respectez pour ses engagements et que vous honorez pour son courage. Que faites vous pendant que nous organisons des mouvements de contestation graves en importances mais si forts en espérance pour défendre la civilisation de l’homme et de la femme ?
Que faites vous, lorsque nous tractons sur les marchés, lorsque nous collons des affiches ?
Que faites vous lorsque les veilleurs, avec la puissance du calme et du silence défendent la famille ?
Faisons le point, prenons la mesure de notre pays, regardons ce que nous allons léguer à nos enfants. Demandons nous si nous sommes à la mesure des difficultés de notre temps.
Préférant être des héritiers plutôt que des porteurs actifs de l’espérance, certains égoïstes préfèrent garder ce qu’ils ont reçu plutôt que de permettre à chacun de recevoir ce qu’ils ont eu de plus précieux: un père et une mère. Guerriers de salon, combattants des canapés, ces gens là oublient ce qui a permis d’être ce qu’ils sont. Ils ne veulent pas voir que les héros qu’ils adulent aujourd’hui doivent les détester de tourner en rond.
Préférant regarder inerte, la famille mourir à petit feu, la filiation mise à mal, les repères de la société démolis. Ils ont oublié que lorsque l'on a beaucoup reçu on se doit, en retour, de donner beaucoup.
Parce que, pour défendre l’essentiel, il n’est jamais trop tard, nous devons tous nous engager et nous réengager.
Aussi, je terminerai par les mots de l’historien Venner, mort il y a quelques jours. Si son dernier acte est largement discutable, n’oublions pas trop vite sa dernière pensée : «Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines. Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes.»
Un père de famille en colère
Merci Michel.
Bien à vous tous.
Mortimer 