Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 09:20

 DEUXIEME DIMANCHE DE CARÊME 

  Amicus meus osculi me tradîdit signo : quem osculatus fuero ipse est ; tenete cum. Hoc malum fecit signum qui per osculum adimplevit homicidium.  Infelix praeermisit praetium sanguinis , et in fine laqueo se suspendit. V. Bonum erat ei si natus non fuisset homo ille infelix.

Mon ami m’a livré par le signe d’un baiser : celui que j’embrasserai, c’est lui, prenez-le ; voilà le signal coupable que donna celui qui après un baiser, consomma l’homicide. Le malheureux abandonna (n’eut aucun profit du prix…) le prix du sang et finalement se pendit. Il eût été bon à cet homme de n’être pas né.

Le Christ a été livré…. Et nous Le livrons nous aussi…

Il a été embrassé traitreusement par son ami … Et nous aussi nous L’embrassons !

Il ne nous appelle plus serviteurs, mais ses amis, (Evangile de St Jean 15 v 15) et pourtant, constamment, nous le livrons par nos actions mauvaises, ou tout simplement nos absences, nos fuites.

Songeons d’abord au fait que bien souvent, nous rejetons, par confort, par peur, notre lien fraternel avec Jésus.

Lui qui a placé l’amitié au dessus de tout, puisqu’Il a versé son sang, nous Le livrons, dans nos conversations, quand nous ne le défendons pas, outragé qu’Il est, sans cesse…

Nous le livrons dans nos refus de Sa douce Loi, dans le refus des sacrifices si minimes soient ils, dans nos attitudes vis-à-vis du prochain, dans nos paroles malheureuses.

Nous le livrons par nos attitudes nonchalantes, quand nous n’osons pas affirmer sa parole, et que nous cachons Sa lumière sous le boisseau ! Par peur du qu’en dira t’on, par confort aussi !

Par confort, parce que la voie du Seigneur, est la plus dure des deux routes qui se présentent à nous à chaque instant de notre vie, à chaque décision.

La voie du Seigneur est la moins engageante : caillouteuse et tordue, pleines d’ornières. Celle que le tentateur nous montre est une voie pavée jalonnée de bancs sur lesquels nous oublierons nos soucis, satisfaits de nous-mêmes et du moindre effort accompli.

Pouvons-nous affirmer à la face du Seigneur, choisir toujours, la voie qu’Il nous indique, celle des larmes d’abord, et de la joie ensuite.

Non ! Hélas, bien souvent nous prenons la voie droite, celle de la joie apparente, en écoutant les sirènes du diable, qui nous rend sourds aux avertissements et aux cris au bout du chemin !

Oui, nous le livrons, et satisfaits de le livrer, nous chantons la bouche en cœur, ses louanges, le dimanche à la messe, et lui donnons le baiser de la trahison !

Amendons-nous ! Comportons nous en véritables amis de N.S.J.C !

Plaçons-Le à nos côtés, comme Celui dont on veut apprendre, celui auquel on veut ressembler.

Saint Exupéry écrit très justement « Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »

Pour toutes choses matérielles, nous avons en effet des étals, et nous amassons des trésors sur la terre, que viendront manger les mites et détruire la rouille (Matthieu 6, Evangile du Mercredi des Cendres).

Les amis nous donnent la possibilité de nous connaitre, puisqu’ils nous renvoient notre image réelle.

Combien Notre Ami Jésus Christ, plus encore, peut faire cela ! Et nous ne prendrions pas le temps de Le connaitre ?

Dieu ? C’est Le Véritable et durable trésor, qu’il nous faut chercher !

L’amitié ne s’achète pas, elle ne se vend pas non plus car elle est précieuse, et la plus précieuse de toutes, est celle de N.S.J.C ! L’amitié, ce n’est pas tirer la couverture à soit, mais Ecouter, Apprendre, Donner

Combien nous pourrions être fortifiés dans notre vie quotidienne en respectant ce triptyque ! Combien nous pourrions apprendre de Jésus, en Le laissant être notre ami, en Le laissant guider notre volonté, et la caller sur La Sienne comme nous l’avons vu la semaine passée.

Songeons qu’au travers du prochain que nous croisons, c’est le Christ notre ami que nous devons aimer, malgré les défauts de l’autre, malgré la répugnance que nous pouvons avoir.

Le cœur du chrétien doit être le miroir de la lumière de Christ, lumière donnée gratuitement, reflet de Sa volonté, et de son Amour !

Judas pense recueillir le fruit de l’amitié de Jésus, mais entend la réduire à sa volonté, à ses désirs, l’enchainer à son amour propre blessé (Souvenons nous de l’épisode du flacon brisé par Marie de Magdala, dont Judas tire vengeance en vendant Jésus 30 deniers (le prix du flacon de parfum nous dit le Bienheureux Jacques de Voragine dans la Légende Dorée).

Il espère un royaume terrestre, dans lequel il aurait sa place auprès de Jésus, alors que N.S.J.C, lui offre d’être serviteur des pauvres, lui offre de s’effacer devant le prochain…lui offre d’être Son ami…

Anne Catherine Emmerich nous dit : «Judas ne s'attendait pas à ce que sa trahison eût les conséquences dont elle fut suivie... L'argent seul préoccupait son esprit. Il était las de la vie fatigante, errante et persécutée que menaient les apôtres... Il avait toujours espéré un royaume temporel de Jésus et un emploi brillant et lucratif dans ce royaume. Ne le voyant pas paraître, il cherchait à amasser une fortune, et dans les derniers mois il n'avait cessé de voler. Voyant les persécutions s'accroître, il pensait à se mettre bien avec les puissants ennemis du Sauveur. »

 Mais Dieu est bon et ne désire pas la mort du pêcheur… En véritable ami, Il accueille et pardonne ! Son amour va jusqu’à nous laisser libre de saisir Sa main, à l’heure où nous tombons sur la route…

Et Judas refuse….refuse la miséricorde de Dieu et va se pendre ! C’est en ce sens qu’il eut mieux valu pour lui de ne pas naitre… Il s’entête, s’enferme dans son erreur, comme nous le faisons parfois (mais heureusement pour nous, de bien moins grave manière)…Il désespère !

Nous ne devons donc jamais désespérer car Dieu est là qui nous tend la main ! Le refus absolu, de prendre cette main tendue nous condamnerait comme Judas !

Et pourtant …combien de fois ignorons-nous Notre Seigneur et Ami ? Combien de fois nous Le livrons par un baiser, combien de fois nous désespérons de Sa miséricorde ?

Nous désespérons de sa miséricorde, en refusant de considérer que son Amour surpasse toutes choses…. que Son sang versé nous lave de nos pêchés !

Bien souvent, nous trouvons dur d’aller nous jeter dans ses bras, pour quérir Son pardon.

Nous sommes dans la peine d’avoir blessé un si grand Ami, de l’avoir trahi… et nous nous enferrons !

Pourtant nous lisons dans le second épitre de Jacques (Jacques 2 v 12 à 13) « Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté, car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement. »

C’est donc sans peur et sans tarder que nous devons nous avancer vers N.S.J.C, comme l’enfant prodigue.

Exilés par nos trahisons loin de Sion, nous sommes comme dans un désert, prisonniers de ces baisers que nous donnons, le pêché au bord des lèvres !

Levons nous, changeons résolument d’attitude, marchons vers N.S.J.C, Lui ne nous trahit pas. Il meurt sur la croix pour nous donner la grâce d’être meilleurs !

Contrairement à Judas, prenons le véritable prix du sang, à savoir notre libération des chaines de la vie terrestre…

Jerusalem, Jerusalem, Convertere ad Dominum Deum Tuum ! 

Partager cet article
Repost0

commentaires

M
<br /> <br /> Ben oui Augustin !<br /> <br /> <br /> Je ne pense pas toujours à parler de ces liens .........<br /> <br /> <br /> Et pourtant ............<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> Merci, Mortimer.  Il faut que je lise plus dans vos liens à droite !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bien amicalement,<br /> <br /> <br /> Augustin<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Et lisez ceci cher Augustin ! <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> lundi 14 mars 2011<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Sixième billet de carême mardi de la Première semaine<br /> <br /> <br /> par l'abbé Guillaume de Tanoüarn<br /> <br /> <br /> "Ma Maison sera appelée maison de prière et vous en avez fait vous une caverne de brigands !" Matth. 13<br /> <br /> A cette apostrophe, sans doute reconnaissez-vous la scène célèbre de la colère de Jésus qui chasse les marchands du Temple en se servant de cordes comme d'un fouet. Cette colère est unique dans<br /> le Ministère de Jésus. C'est une sainte colère, nous verrons pourquoi.<br /> <br /> Nous sommes à l'intérieur de l'enceinte du temple, dans le Parvis des gentils, qui, comme son nom l'indique, n'est pas exclusivement réservé aux juifs, mais ouvert aussi aux païens, au gentils.<br /> Jésus stigmatise ceux qui s'y font de l'argent avec les rites du Temple. Il y a les marchands de petits animaux apprêtés pour les sacrifices. Autrefois, Jésus lui-même, comme tous les premiers<br /> nés à l'époque en israël, avait été racheté au Temple our un couple de tourterelles, "selon la loi de Moïse". Il y a aussi les changeurs, qui prennent l'argent marqué à l'effigie de rois ou<br /> d'empereurs (ce que la Loi juive interdit) et qui en échange offrent, pour tous les frais du culte "l'argent du Temple", sur lequel il n'y avait aucune figure humaine. L'échange des monnaies<br /> permet un bénéfice confortable qui revient en partie au Trésor du Temple.<br /> <br /> Ces deux commerces, notons-le, sont nécessaires au bon fonctionnement du Culte et à l'observation de la Loi. L'intention du Christ, qui vient d'être reçu en triomphe à Jérusalem, "monté sur un<br /> âne, le petit d'une anesse" et qui arrive en force, est donc délibérément polémique. Sa colère est bien évidemment parfaitement calculée. Il accuse implicitement mais clairement les saducéens qui<br /> ont la charge du Temple de trafic.<br /> <br /> Mais surtout, ainsi, il revendique la haute main pour lui-même sur le Temple, qu'il appelle "ma maison". Certes, ce disant, il cite Isaïe (56, 7) et Jérémie (7, 10). Mais il s'approprie ces<br /> citations, qui sont d'ailleurs mêlées l'une à l'autre... Et c'est pourquoi elles sont à la première personne du singulier. Cette visite dans le Temple de Dieu que Jésus accomplit somme toute en<br /> propriétaire, a beaucoup frappé les habitants de Jérusalem et c'est ainsi que quelques jours plus tard des faux témoins se présentent pour déposer devant la Justice de Caïphe : "Il a dit : Je<br /> détruirai ce temple en trois jours et je le rebâtirai".<br /> <br /> Il faut voir Jésus à l'oeuvre, au milieu de son peuple, pour comprendre ce que le cardinal de Bérulle appelle "ses grandeurs". Il faut d'abord bien mesurer son autorité immédiate non seulement<br /> sur les apôtres mais sur tout le peuple et sur leurs chefs. "Le feu et l'acier rayonnaient de ses yeux et la majesté de sa divinité brillait sur son visage" écrit saint jérôme, pensant à Jéus<br /> chassant les marchands.<br /> <br /> Il ne s'est pas mis en colère contre la femme adultère, qui d'après la Loi méritait la lapidation. Il ne s'est pas mis en colère en recevant publiquement les familiarités affectueuses de Marie<br /> Madeleine ("S'il savait quelle est cette femme ! pense Simon le Pharisien). Mais il se met en colère lorsque ce qui est vraiment sacré - le Temple, lieu de la présence de Dieu au milieu de son<br /> Peuple - se trouve déshonoré par des trafics profanes, menés sous le couvert de la Loi juive.<br /> <br /> Lorsque j'étais jeune, on m'apprenait qu'il n'y a pas de sacré dans le christianisme, que le sacré est l'apanage des religions primitives et que le Christ a changé tout cela, qu'avec lui on se<br /> tape tous dans le dos (ou sur le ventre) qu'on est tous copains et que la messe, c'est sympa (on ne disait pâs encore cool, je crois). Il me semble que cette scène, en tout état de cause indique<br /> exactement le contraire. le Christ ne tient pas pour sacrée la Loi. Il en a assez moqué les observances alimentaires (Mc 7). Et puis, quant aux cérémonies, encore quelques jours et le rideau qui<br /> dans le Temple séparait le Saint du Saint des Saints va se fendre "depuis le haut jusqu'en bas", marquant que le Saint des saints a migré sur le Golgotha en cet instant.<br /> <br /> N'empêche ! Pour le Christ, tout ce qui touche à son Père est sacré, tout ce qui touche à sa propre Mission, à sa vocation de Fils unique, qui est le salut de tous les hommes, est sacré.<br /> <br /> Peut-être pouvons nous nous observer spécialement sur le respect que nous portons aux choses saintes en général, mais surtout sur le respect avec lequel nous adorons l'eucharistie, présence<br /> réelle du Christ au milieu de nous, sur le respect avec lequel nous communions (ne nous sentons pas obligés de communier si nous n'y sommes pas préparés...). Enfin, durant la consécration,<br /> sommes-nous capables de tout oublier pour nous anéantir devant Dieu présent, sommes nous vraiment capables d'adoration?<br /> <br /> <br /> <br /> Pour lire les billets de monsieur l'abbé de Tanoüarn, il suffit de cliquer sur métablog dans les liens de la Banquise . <br /> <br /> <br /> <br /> Mortimer<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> Merci, Mirabelle.  Je suis embarrassé de vous dire que je pensais que Balthasar était le > d'un des abbés qui affichent leurs commentaires sur ce<br /> blog !  L'idée ne m'est même pas venue à l'esprit que c'était Hans Urs von Balthasar !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Rougissant,<br /> <br /> <br /> Augustin<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Cher Augustin, c'est le Cardinal Balthasar qui avait tout écrit au Carême dernier, pour la Banquise, je profite de ce Carême pour le remettre et en faire profiter<br /> les Banquisards qui n'étaient pas encore là .<br /> <br /> <br /> Ps: vous avez le lien de Cardinal Balthasar à droite .<br /> <br /> <br /> Mirabelle <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> C'est une belle prédication . . . et de plus, on n'entend souvent pas de nos jours de citations de la Bienheureuse Ann Catherine Emmerich dans les sermons dominicales !  Je vais la traduire<br /> pour Dame Kathleen.  Merci pour le partage, Mirabelle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bien amicalement,<br /> <br /> <br /> Augustin<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
T
<br /> <br /> Un grand merci cher Balthasar.<br /> Bon et Saint dimanche à tous.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre

Présentation

  • : Le blog de Mortimer
  • : Chrétienne et catholique . La Banquise est une force de prières .
  • Contact

Visites depuis le 14/01/2009

 

religion et spiritualite

Pingouin de la Banquise

 

A copier-coller pour les PPP !