Merci à Pierre d'en faire profiter la Banquise .
Quel grand mystère que le prêtre. Quel grand Mystère que ce Sacerdoce confié par le
Seigneur à des hommes de notre race qui se retrouvent missionnés au service de leurs frères.
« Le sacerdoce est quelque chose de grand : il ne se comprendra bien qu’au Ciel » disait le
Curé d’Ars : modèle de tous les prêtres.
Oui le Sacerdoce est quelque chose de grand et reste un grand mystère : nous le redisons
ce soir où, par piété filiale, nous prions à l’occasion de l’anniversaire du décès de L’abbé
Montarien. Nous le redisons ce soir où, par charité fraternelle nous prions pour le repos de
l’âme de l’Abbé Kenneth Walker, prêtre de la Fraternité Saint Pierre, âgé de 28 ans, assassiné
lors du cambriolage de son presbytère samedi dernier dans la ville de Phoenix en Arizona.
Nous associons dans notre prière ces deux prêtres qui ont donné leur vie pour que les autres,
pour que chaque âme à leur portée apprennent Dieu, se tournent vers Dieu, aiment Dieu et
enfin, à la fin, possèdent la vie éternelle.
Ils sont arrivés du coté de Dieu. Eux qui ont été les passeurs des autres : qui ont été des
ponts entre les deux mondes, les médiateurs de la grâce, eux qui ont été –chacun- le visage
bienveillant de la miséricorde, l’oreille patiente pour écouter les doutes et les malheurs, eux
qui ont su pleurer avec ceux qui pleuraient et se sont réjoui avec ceux qui se réjouissaient.
Eux qui ont aimé Dieu et auraient tellement voulu le faire aimer par tout le monde.
Les voilà partis de l’autre côté. Pour eux, comme à la mort du Christ en Croix : le rideau s’est
déchiré : plutôt il s’est ouvert en grand. Ils avaient été les serviteurs et les amis du Seigneurs :
ils sont désormais entrés dans la joie de leur Maître.
L’un : après une longue vie toute remplie de besogne ; l’autre après seulement deux années
comme prêtre.
L’un était jeune, l’autre était vieux : mais les deux étaient porteurs d’un sacerdoce qui les
rendaient sans âge : qui les faisaient être « à l’âge du Sauveur » quand ils étaient à l’autel.
L’autel du Sacrifice : l’autel de la Sainte Messe auquel ils montaient tous les jours en
y portant les intentions des autres. Voilà que nous y montons ce soir en y portant leurs
intentions à eux deux.
Mystère que cet appel de Dieu. Appel à tout quitter et à offrir sa vie. D’abord pour apprendre
dans le silence du séminaire puis pour transmettre ce qu’on y a reçu.
« Il n’y a pas de plus grand amour que donner sa vie ». Alors le prêtre, autre Christ, fait de sa
vie un don et un acte d’amour. Du moins s’y essaie-il chaque jour que Dieu lui confie. Jusqu’à
ce « denier jour » de la terre. Moment prévu ou heure inattendue, moment paisible ou violent
où Dieu vient chercher lui-même ceux qui ont bien mérité de la Patrie.
Certains sont morts très seuls, oubliés des hommes à qui ils avaient pourtant fait tant de bien.
D’autres sont longuement pleurés. Mais tous recevront une récompense à la hauteur ( et plus
encore) de ce qu’ils auront vécu et porté.
Que le Seigneur veuille faire de chacun d’eux des exemples pour les prêtres qui sont encore
sur la terre. Que l’exemple de ces vies persévérantes ou fulgurantes donne à beaucoup le gout
du Sacerdoce ; et que se lèvent, et qu’arrivent auprès de nous des hommes de bonne volonté :
non pour être exactement comme eux, ni pour prendre exactement leur place mais simplement
pour continuer la Mission du Salut des âmes. Pour continuer, à la façon que Dieu voudra
l’œuvre du Christ prêtre.
Désolé pour la mise en page ......![]()
Mortimer ![]()