La Semaine Sainte !
Le haut-parleur grésille, la sono, comme tous les ans fonctionne tant bien que mal. Il faut dire qu’elle est alimentée par un groupe, qui fait un bruit… La foule répond. Le vent, qui non content d’éteindre les cierges, tourne les pages de l’Ordo Hebdomadæ Sanctæ ! Le cérémoniaire ne sait pas où se placer, il me faut avouer que moi non plus je ne sais jamais où il faut se placer, les rubriques étant assez déroutantes !
Le célébrant asperge et encense les rameaux, puis on procède à la distribution pour le clergé. Le prêtre le plus digne à la charge de donner un rameau au célébrant. Qui est le plus digne ? Ca y est je sais, je l’envoie donc vers l’autel.
Le célébrant procède ensuite à la distribution. Les petits ne sont pas très réactifs. Avec un autre nous nous plaçons de part et d’autre de la première marche, et les faisons avancer deux par deux. Au pied de l’autel on les fait génuflecter. En haut le cérémoniaire les réceptionne et les fait mettre à genoux pour recevoir le rameau béni. Ils doivent d’abord baiser le rameau puis la main du célébrant… ça a l’air simple, mais évidemment ça ne se déroule pas comme il faut. Il faut passer des rameaux au cérémoniaire, qui, coincé en haut avec les ministres, ne peut aller en chercher.
La distribution est finie, on se met en ordre de procession ! Et vlan ! Ce foutoir, vous verriez ça… Les acolytes dorment, le porte-croix ne sait pas qu’il faut qu’il donne sa croix au sous-diacre. Bon ça y est l’ordre de procession est établi, le diacre chante : « Procedamus in pace ». On sort du square tant bien que mal, la foule ayant du mal à se pousser. Il faut donc donner comme consigne au thuriféraire de foncer dans le tas. Le clergé n’attend pas !
Nous voilà sur la rue, la police bloque déjà le carrefour, un cycliste énervé passe malgré l’interdiction de la police. Il se fait arrêter, et dresser un procès-verbal en bonne et due forme. Dans la rue qui passe devant l’église, un bus de la RATP se trouve coincer, et doit attendre ; je me dis intérieurement que si j’étais dans ce bus, qu’est ce que je pesterai !
Nous arrivons devant l’église, les portes sont fermées. C’est la station à la porte, normalement supprimée, mais dans toutes les bonnes paroisses elle se pratique encore, car elle revêt une symbolique très importante. Un chantre entonne l’hymne Gloria Laus. Aux paroles Hi placuere de cette hymne, le sous-diacre frappe de trois coups la porte avec la hampe de la croix, et les portes s’ouvrent.
Nous entrons dans l’église…
A suivre.