Pour nos frères chrétiens d'Irak, d'Orient et d'Afrique .
Que Dieu protège toutes les milices et brigades chrétiennes
qui combattent Daesh .


Pour Nathalie .
Pour Anne, Sébastien et Miguel .
Pour Dominique et son papa .
Pour Jean-Louis .
Pour Pierre, le frère de Louis .
Pour les intentions de Dame Glycéra
Pour un prêtre .
Pour Claudine, Gérard, Claude.
de Lourdes-cancer-espérance .
Pour tous les pitchouns de la Banquise .
Pour toutes les autres intentions de la Banquise .
Pour Vincent Lambert et sa famille .
Pour monsieur l'abbé Berche
, et tous les prêtres
souffrants.
Pour l'IBP, ses séminaristes, et prêtres .
Pour notre très Saint Père François .

Pour Benoît XVI, pape émérite.
Et pour les veilleurs !
à tous .
C'était bien bon .....
Jeudi dernier, avec Téri, Patou et maman, nous sommes
allées en reconnaissance d'un probable restaurant pour la
RIB de Juillet.
Admirez la vue !
Istres
J'espère que cet article arrivera à être publié , car j'ai été
obligée de le recommencer car il ne voulait pas se publier.
Je ne sais pas encore le temps qu'il va faire car je n'ai pas
encore ouvert les volets .
Prenez soin de vous !
Mirabelle
Pour nos frères chrétiens d'Irak, d'Orient et d'Afrique .
Que Dieu protège toutes les milices et brigades chrétiennes
qui combattent Daesh .


Pour Nathalie .
Pour Anne, Sébastien et Miguel .
Pour Dominique et son papa .
Pour Jean-Louis .
Pour Pierre, le frère de Louis .
Pour les intentions de Dame Glycéra
Pour un prêtre .
Pour Claudine, Gérard, Claude.
de Lourdes-cancer-espérance .
Pour tous les pitchouns de la Banquise .
Pour toutes les autres intentions de la Banquise .
Pour Vincent Lambert et sa famille .
Pour monsieur l'abbé Berche
, et tous les prêtres
souffrants.
Pour l'IBP, ses séminaristes, et prêtres .
Pour notre très Saint Père François .

Pour Benoît XVI, pape émérite.
Et pour les veilleurs !
à tous.
Jésus est ressuscité ! Alleluia !
Chantons « Alleluia » avec Don Antonio
Quatrième Mouvement du motet "O qui coeli terræque serenitas" (RV 631)
Pour célébrer la joie de Pâques, ne nous refusons rien et écoutons un autre motet d’Antonio Vivaldi « Sum in medio tempestatum ». Ce motet fut probablement composé vers 1730 et appartient donc à la période tardive de l’œuvre de Vivaldi.
Malheureusement seuls douze motets de Vivaldi sont parvenus jusqu’à nous. La partition de celui-ci (ainsi que celle d’un autre) a été retrouvée à Dresde dans la collection du compositeur tchèque Jan Dismas Zelenka qui était venu à Venise et avait probablement rencontré Vivaldi.
Ce motet écrit pour voix de soprano est vocalement d’une grande exigence. Vous allez pouvoir vous en rendre compte en écoutant le premier mouvement. Je n’ai malheureusement pu trouver une vidéo présentant le motet en entier.
Madame Zouave
Ces bougies pour eux ce soir !
Demain sera la plus belle des journées pour les
chrétiens ...
Demain sera comment pour les chrétiens d'Orient
et d'Afrique ?
Pour nos frères chrétiens d'Irak, d'Orient et d'Afrique .
Que Dieu protège toutes les milices et brigades chrétiennes
qui combattent Daesh .


Nos prières pour Pierre victime d'un malaise hier
et qui est sorti de l'hôpital cet après -midi .
Pour Seb, l'examen est bon et il bénéficie des
soins d'un bon kiné !
Pour Nathalie .
Pour Anne et Miguel .
Pour Dominique et son papa .
Pour Jean-Louis .
Pour Pierre, le frère de Louis .
Pour les intentions de Dame Glycéra
Pour un prêtre .
Pour Claudine, Gérard, Claude.
de Lourdes-cancer-espérance .
Pour tous les pitchouns de la Banquise .
Pour toutes les autres intentions de la Banquise .
Pour Vincent Lambert et sa famille .
Pour monsieur l'abbé Berche
, et tous les prêtres
souffrants.
Pour l'IBP, ses séminaristes, et prêtres .
Pour notre très Saint Père François .

Pour Benoît XVI, pape émérite.
Et pour les veilleurs !

![]()
Avec nos prières confiées à Claire, Quentin, Raphaël, Faustine,
Sarah, et Hélène...
... nos petits anges au Ciel auprès de Marie-Céline et grand'mère Jeannette.

Pour Dame Fleur de Lys, ,

Notre cher Elsasser,
Le Camarguais .
Et Robert .

A nos anges gardiens :

Prenez soin de vous.
In Christo per Mariam.
Mortimer
Cela s'est passé Jeudi au Kenya .
Sur un campus universitaire .
Pas de marche de chefs d'état ...
Juste une annonce dans les JT .
Et ce sont des chrétiens assassinés encore et
encore .
Alors, je ne voulais pas vous gâcher cette journée,
mais nous devons prendre la mesure du mal qui nous
attaque !
Daesch étend son emprise maléfique chaque jour .
Que nos prières quotidiennes pour les chrétiens
d'Orient et d'Afrique ne deviennent pas une
simple routine !
On ne s'accommode pas de l'enfer !
On le combat aussi en esprit .
Et puisse le sang des martyrs chrétiens faire
sortir de sa torpeur ce monde qui a oublié
son Créateur .
Mortimer
AU MATIN.
La nuit a passé sur le sépulcre où repose le corps de l’Homme-Dieu. Mais si la mort triomphe au fond de cette grotte silencieuse, si elle tient dans ses liens celui qui donne la vie à tous les êtres, son triomphe sera court. Les soldats ont beau veiller à l’entrée du tombeau, ils ne retiendront pas le divin captif, quand il prendra son essor. Les saints Anges adorent, dans un respect profond, le corps inanimé de celui dont le sang va « pacifier le ciel et la terre 73 ». Ce corps séparé de l’âme pour un court intervalle est demeuré uni au Verbe divin ; l’âme qui a cessé un moment de l’animer, n’a point non plus perdu son union avec la personne du Fils de Dieu. La divinité reste unie même au sang épanché sur le Calvaire, et qui doit rentrer dans les veines de l’Homme-Dieu, au moment de sa prochaine résurrection.
Nous aussi, approchons de ce tombeau, et vénérons à notre tour la froide dépouille du Fils de Dieu. Nous comprenons maintenant les effets du péché. « C’est par le péché que la mort est entrée dans le monde et qu’elle a passé dans tous les hommes 74 . » Jésus, « qui n’a point connu le péché 75 », a cependant permis à la mort d’étendre jusque sur lui son empire, afin d’en diminuer pour nous les horreurs et de nous rendre, en ressuscitant, cette immortalité que le péché nous avait ravie. Adorons dans toute notre reconnaissance ce dernier anéantissement du Fils de Dieu. Il avait daigné, dans son incarnation, prendre « la forme d’esclave 76 » ; en ce moment, il est descendu plus bas encore. Le voilà sans vie et glacé dans un tombeau ! Si ce spectacle nous révèle l’affreux pouvoir de la mort, il nous montre bien plus encore l’immense et incompréhensible amour de Dieu pour l’homme. Cet amour n’a reculé devant aucun excès; et nous pouvons dire que si le Fils de Dieu s’est abaissé outre mesure, nous avons été d’autant plus glorifiés par ses abaissements. Qu’elle nous soit donc chère cette tombe sacrée qui doit nous enfanter à la vie; et après avoir rendu grâces au Fils de Dieu de ce qu’il a daigné mourir pour nous sur la Croix, remercions-le aussi d’avoir accepté pour nous l’humiliation du sépulcre.
Descendons maintenant dans Jérusalem, et visitons humblement la Mère des douleurs. La nuit aussi a passé sur son cœur affligé ; et les scènes lamentables de la journée n’ont cessé d’assiéger sa mémoire. Le fils de sa tendresse a été foulé sous les pieds des hommes, elle a vu couler son sang par torrents; et maintenant il est dans le tombeau, comme le dernier des mortels ! Que de larmes a versées déjà la fille de David durant ces longues heures ; et son fils ne lui est pas rendu encore ! Près d’elle, Madeleine, toute brisée des secousses qu’elle a ressenties dans les rues de Jérusalem et sur le Calvaire, éclate en sanglots, muette de douleur. Elle aspire au lever du jour suivant pour retourner au tombeau, et revoir les restes de son cher maître. Les autres femmes, moins aimées que Madeleine, mais cependant chères à Jésus, elles qui ont bravé les Juifs et les soldats pour l’assister jusqu’à la fin, entourent avec discrétion l’inconsolable mère, et songent aussi à soulager leur propre douleur, en allant avec Madeleine lorsque le Sabbat sera écoulé, de poser dans le sépulcre le tribut de leur amour et de leurs parfums.
Jean, le fils d’adoption, le bien-aimé de Jésus, pleure sur le Fils et sur la mère. D’autres apôtres, des disciples, Joseph d’Arimathie, Nicodème, visitent tour à tour cette maison de deuil. Pierre, dans l’humilité de son repentir, n’a pas craint de reparaître aux regards de la Mère de miséricorde. On s’entretient à voix basse du supplice de Jésus, de l’ingratitude de Jérusalem. La sainte Église, dans l’Office de cette nuit, nous suggère quelques traits des entretiens de ces hommes qu’une si terrible catastrophe a ébranlés jusqu’au fond de l’âme. « C’est donc ainsi, disent-ils, que meurt le juste, et personne ne s’en émeut! Il a disparu devant l’iniquité; semblable à l’agneau, il n’a pas ouvert la bouche; il a été enlevé au milieu des angoisses ; mais son souvenir est un souvenir de paix 77 . »
Ainsi parlent ces hommes fidèles, pendant que les femmes, en proie à leur douleur, songent aux soins des funérailles. La sainteté, la bonté, la puissance, les douleurs et la mort de Jésus, tout est présent à leur pensée ; mais sa résurrection qu’il a annoncée et qui ne doit pas tarder, ne leur revient pas en souvenir. Marie seule vit dans cette attente certaine. L’Esprit-Saint dit de la femme forte : « Durant la nuit, sa lampe ne s’éteint jamais 78 » ; cette parole s’accomplit aujourd’hui en la Mère de Jésus. Son cœur ne succombe pas, parce qu’elle sait que bientôt la tombe doit rendre son fils à la vie. La foi de la résurrection du Sauveur, cette foi sans laquelle, comme dit l’Apôtre, notre religion serait vaine 79 , est, pour ainsi dire, concentrée dans l’âme de Marie. La Mère de la Sagesse conserve ce dépôt précieux; et de même qu’elle a tenu dans ses chastes flancs celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, ainsi aujourd’hui, par sa croyance ferme et constante aux paroles de son fils, elle résume en elle-même toute l’Église. Sublime journée du Samedi qui, au milieu de toutes ses tristesses, vient encore ajouter aux grandeurs de Marie ! La sainte Église en garde à jamais le souvenir; et c’est pour cela que, désirant consacrer à sa grande Reine un jour spécial chaque semaine, elle lui a dédie pour toujours le Samedi.
Mais l’heure est venue de se rendre à la maison de Dieu. Les cloches ne retentiront pas encore ; mais les mystères de la sainte Liturgie qui doivent remplir cette matinée n’en appellent pas moins les fidèles aux plus touchantes émotions. Conservons le souvenir de celles que nous venons de ressentir au sépulcre et aux pieds de la Mère des douleurs, et disposons nos âmes aux saintes jouissances que la foi nous prépare.
Prions, recueillons-nous, méditons avec le Stabat Mater :
Stabat Mater dolorosa Juxta crucem lacrimosa dum pendebat Filius.
Cuius animam gementem contristatam et dolentem,pertransivit gladius.
O quam tristis et afflicta fuit illa benedicta Mater Unigeniti.
Quæ mœrebat et dolebat,Pia Mater cum videbat Nati pœnas incliti.
Quis est homo qui non fleret, Matrem Christi si videret in tanto supplicio?
Quis non posset contristari, Christi Matrem contemplari dolentem cum Filio?
Pro peccatis suæ gentis vidit Iesum in tormentis et flagellis subditum.
Vidit suum dulcem natum morientem desolatum dum emisit spiritum.
Eia Mater, fons amoris,me sentire vim doloris fac, ut tecum lugeam.
Fac ut ardeat cor meum in amando Christum Deum, ut sibi complaceam.
Sancta Mater, istud agas, Crucifixi fige plagas cordi meo valide.
Tui nati vulnerati tam dignati pro me pati, pœnas mecum divide.
Fac me tecum pie flere, Crucifixo condolere, donec ego vixero.
Iuxta crucem tecum stare, et me tibi sociare in planctu desidero.
Virgo virginum præclara, mihi iam non sis amara fac me tecum plangere.
Fac ut portem Christi mortem, passionis fac consortem, et plagas recolere.
Fac me plagis vulnerari, fac me cruce inebriari, et cruore Filii.
Flammis ne urar succensus per te Virgo, sim defensus in die judicii
Christe, cum sit hinc exire, da per Matrem me venire ad palmam victoriae.
Quando corpus morietur, fac ut animæ donetur Paradisi gloria.
Avec Marc-Antoine Charpentier : Stabat mater pour les religieuses (+1680)
Debout, la mère des douleurs Près de la croix était en pleurs Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante Toute triste et toute dolente Un glaive la transperça.
Qu'elle était triste, anéantie, La femme entre toutes bénie, La Mère du Fils de Dieu!
Dans le chagrin qui la poignait, Cette tendre Mère pleurait Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs Verrait la Mère du Seigneur Endurer si grand supplice?
Qui pourrait dans l'indifférence Contempler en cette souffrance La Mère auprès de son Fils?
Pour toutes les fautes humaines, Elle vit Jésus dans la peine Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé Mourir tout seul, abandonné, Et soudain rendre l'esprit.
O Mère, source de tendresse, Fais-moi sentir grande tristesse Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu Dans l'amour du Seigneur mon Dieu: Que je lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer Les plaies de Jésus crucifié En mon cœur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir, Aussi donne-moi de souffrir Une part de ses tourments.
Pleurer en toute vérité Comme toi près du crucifié Au long de mon existence.
Je désire auprès de la croix Me tenir, debout avec toi Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure, Ne sois pas envers moi trop dure, Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort, Revivre le douloureux sort Et les plaies, au fond de moi.
Fais que ses propres plaies me blessent, Que la croix me donne l'ivresse Du sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles; O Vierge, assure ma tutelle A l'heure de la justice.
O Christ, à l'heure de partir, Puisse ta Mère me conduire A la palme de la victoire.
A l'heure où mon corps va mourir, A mon âme fais obtenir La gloire du paradis.
Madame Zouave
AU MATIN.
Le soleil s’est levé sur Jérusalem ; mais les pontifes et les docteurs de la loi n’ont pas attendu sa lumière pour satisfaire leur haine contre Jésus. Anne, qui avait d’abord reçu l’auguste prisonnier, l’a fait conduire chez son gendre Caïphe. L’indigne pontife a osé faire subir un interrogatoire au Fils de Dieu. Jésus, dédaignant de répondre, a reçu un soufflet d’un des valets. De faux témoins avaient été préparés ; ils viennent déposer leurs mensonges à la face de celui qui est la Vérité ; mais leurs témoignages ne s’accordent pas. Alors le grand-prêtre, voyant que le système qu’il a adopté pour convaincre Jésus de blasphème n’aboutit qu’à démasquer les complices de sa fraude, veut tirer de la bouche même du Sauveur le délit qui doit le rendre justiciable de la Synagogue. « Je vous adjure, parle Dieu vivant, de répondre. Êtes-vous le Christ Fils de Dieu 39 ? » Telle est l’interpellation que le pontife adresse au Messie. Jésus, voulant nous apprendre les égards qui sont dus à l’autorité, aussi longtemps qu’elle en conserve les titres, sort de son silence, et répond avec fermeté : « Vous l’avez dit : je le suis ; au reste, je vous déclare qu’un jour vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Vertu de Dieu, et venant sur les nuées du ciel 40 . » A ces mots, le pontife sacrilège se lève, il déchire ses vêtements, et s’écrie : « Il a blasphémé ! qu’avons-nous besoin de témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème, que vous en semble ? » De toutes parts, dans la salle, on crie : « Il mérite la mort 41 ! »
Le propre Fils de Dieu est descendu sur la terre pour rappeler à la vie l’homme qui s’était précipité dans la mort ; et par le plus affreux renversement, c’est l’homme qui, en retour d’un tel bienfait, ose traduire à son tribunal ce Verbe éternel, et le juge digne de mort. Et Jésus garde le silence, et il n’anéantit pas dans sa colère ces hommes aussi audacieux qu’ils sont ingrats! Répétons en ce moment ces touchantes paroles par lesquelles l’Église Grecque interrompt souvent aujourd’hui la lecture du récit de la Passion : « Gloire à votre patience, Seigneur ! »
A peine ce cri épouvantable : « Il mérite la mort ! » s’est-il fait entendre, que les valets du grand-prêtre se jettent sur Jésus. Ils lui crachent au visage, et lui ayant ensuite bandé les yeux, ils lui donnent des soufflets, en lui disant : « Prophète, devine qui t’a frappé 42 . » Tels sont les hommages de la Synagogue au Messie dont l’attente la rend si fière. La plume hésite à répéter le récit de tels outrages faits au Fils de Dieu ; et cependant ceci n’est que le commencement des indignités qu’a dû subir le Rédempteur.
Dans le même temps, une scène plus affligeante encore pour le cœur de Jésus se passe hors de la salle, dans la cour du grand-prêtre. Pierre, qui s’y est introduit, se trouve aux prises avec les gardes et les gens de service, qui l’ont reconnu pour un Galiléen de la suite de Jésus. L’Apôtre, déconcerté et craignant pour sa vie, abandonne lâchement son maître, et va jusqu’à affirmer par serment qu’il ne le connaît même pas. Triste exemple du châtiment réservé à la présomption ! Mais, o miséricorde de Jésus ! les valets du grand-prêtre l’entraînent vers le lieu où se tenait l’Apôtre ; il lance sur cet infidèle un regard de reproche et de pardon ; Pierre s’humilie et pleure. Il sort à ce moment de ce palais maudit ; et désormais tout entier à ses regrets, il ne se consolera plus qu’il n’ait revu son maître ressuscité et triomphant. Qu’il soit donc notre modèle, ce disciple pécheur et converti, en ces heures de compassion où la sainte Église veut que nous soyons témoins des douleurs toujours croissantes de notre Sauveur ! Pierre se retire ; car il craint sa faiblesse ; restons, nous, jusqu’à la fin ; nous n’avons rien à redouter ; et daigne le regard de Jésus, qui fond les cœurs les plus durs, se diriger vers nous !
Cependant les princes des prêtres, voyant que le jour commence à luire, se disposent à traduire Jésus devant le gouverneur romain. Ils ont instruit sa cause comme celle d’un blasphémateur, mais il n’est pas en leur pouvoir de lui appliquer la loi de Moïse, selon laquelle il devrait être lapidé. Jérusalem n’est plus libre, et ses propres lois ne la régissent plus. Le droit de vie et de mort n’est plus exercé que par les vainqueurs, et toujours au nom de César. Commentées pontifes et ces docteurs ne se rappellent-ils pas en ce moment l’oracle de Jacob mourant, qui déclara que le Messie viendrait, lorsque le sceptre serait enlevé à Juda ? Mais une noire jalousie les a égarés ; et ils ne sentent pas non plus que le traitement qu’ils vont faire subir à ce Messie se trouve décrit par avance dans les prophéties qu’ils lisent et dont ils sont les gardiens.
Le bruit qui se répand dans la ville que Jésus a été saisi cette nuit, et qu’on se dispose à le traduire devant le gouverneur, arrive aux oreilles du traître Judas. Ce misérable aimait l’argent ; mais il n’avait aucun motif de désirer la mort de son maître. Il connaissait le pouvoir surnaturel de Jésus, et se flattait peut-être que les suites de sa trahison seraient promptement arrêtées par celui à qui la nature et les éléments ne résistaient jamais. Maintenant qu’il voit Jésus aux mains de ses plus cruels ennemis, et que tout annonce un dénouement tragique, un remords violent s’empare de lui ; il court au Temple, et va jeter aux pieds des princes des prêtres ce fatal argent qui a été le prix du sang. On dirait que cet homme est converti, et qu’il va implorer son pardon. Hélas ! il n’en est rien. Le désespoir est le seul sentiment qui lui reste, et il a hâte d’aller mettre fin à ses jours. Le souvenir de tous les appels que Jésus fit à son cœur, hier encore, durant la Cène et jusque dans le jardin, loin de lui donner confiance, ne sert qu’à l’accabler; et pour avoir douté d’une miséricorde qu’il devrait cependant connaître, il se précipite dans l’éternelle damnation, au moment même où le sang qui lave tous les crimes a déjà commencé découler.
Or les princes des prêtres, conduisant avec eux Jésus enchaîne, se présentent au gouverneur Pilate, demandant d’être entendus sur une cause criminelle. Le gouverneur paraît, et leur dit avec une sorte d’ennui : « Quelle accusation apportez-vous contre cet homme ?— Si ce n’était pas un malfaiteur, répondent-ils, nous ne vous l’aurions pas livré. » Le mépris et le dégoût se trahissent déjà dans les paroles du gouverneur, et l’impatience dans la réponse que lui adressent les princes des prêtres. On voit que Pilate se soucie peu d’être le ministre de leurs vengeances : « Prenez-le, leur dit-il, et jugez-le selon votre loi. — Mais, répondent ces hommes de sang, il ne nous est pas permis de faire mourir personne 43 . »
Pilate, qui était sorti du Prétoire pour parler aux ennemis du Sauveur, y rentre et fait introduire Jésus. Le Fils de Dieu et le représentant du monde païen sont en présence. « Êtes-vous donc le roi des Juifs ? demande Pilate.— Mon royaume n’est pas de ce monde, répond Jésus ; il n’a rien de commun avec ces royaumes formés parla violence ; sa source est d’en haut. Si mon royaume était de ce monde, j’aurais des soldats qui ne m’eussent pas laissé tomber au pouvoir des Juifs. Bientôt, à mon tour, j’exercerai l’empire terrestre; mais à cette heure mon royaume n’est pas d’ici bas.— Vous êtes donc roi, enfin ? reprend Pilate. — Oui, je suis roi, » dit le Sauveur. Après avoir confessé sa dignité auguste, l’Homme-Dieu fait un effort pour élever ce Romain au-dessus des intérêts vulgaires de sa fortune; il lui propose un but plus digne de l’homme que la recherche des honneurs de la terre. « Je suis venu en ce monde, lui dit-il, pour rendre témoignage à la Vérité; quiconque est de la Vérité écoute ma voix. — Et qu’est-ce que la Vérité ? » reprend Pilate ; et sans attendre la réponse à sa question, pressé d’en finir, il laisse Jésus, et va retrouver les accusateurs. « Je ne reconnais en cet homme aucun crime 44 , » leur dit-il. Ce païen avait cru rencontrer en Jésus un docteur de quelque secte juive dont les enseignements ne valaient pas la peine d’être écoutés, mais en même temps un homme inoffensif dans lequel on ne pouvait, sans injustice, chercher un homme dangereux.
A peine Pilate a-t-il exprimé son avis favorable sur Jésus, qu’un amas d’accusations est produit contre ce Roi des Juifs par les princes des prêtres. Le silence de Jésus, au milieu de tant d’atroces mensonges, émeut le gouverneur :« Mais n’entendez-vous pas, lui dit-il, tout ce qu’ils disent contre vous ? » Cette parole, d’un intérêt visible, n’enlève point Jésus à son noble silence; mais elle provoque de la part de ses ennemis une nouvelle explosion de fureur. « Il agite le peuple, s’écrient les princes des prêtres; il va prêchant dans toute la Judée, depuis la Galilée jusqu’ici 45 . » Dans ce mot de Galilée, Pilate croit voir un trait de lumière. Hérode, tétrarque de Galilée, est en ce moment à Jérusalem. Il faut lui remettre Jésus; il est son sujet ; et cette cession d’une cause criminelle débarrassera le gouverneur, en même temps qu’elle rétablira la bonne harmonie entre Hérode et lui.
Le Sauveur est donc traîné dans les rues de Jérusalem, du Prétoire au palais d’Hérode. Ses ennemis l’y poursuivent avec la même rage, et Jésus garde le même silence. Il ne recueille là que le mépris du misérable Hérode, du meurtrier de Jean-Baptiste ; et bientôt les habitants de Jérusalem le voient reparaître sous la livrée d’un insensé, entraîné de nouveau vers le Prétoire. Ce retour inattendu de l’accusé contrarie Pilate ; cependant il croit avoir trouvé un nouveau moyen de se débarrasser de cette cause qui lui est odieuse. La fête de Pâque lui fournit occasion de gracier un coupable ; il va essayer de faire tomber cette faveur sur Jésus. Le peuple est ameuté aux portes du Prétoire ; il n’y a qu’à mettre en parallèle Jésus, ce même Jésus que la ville a vu conduire en triomphe il y a quelques jours, avec Barabbas, ce malfaiteur qui est un objet d’horreur pour Jérusalem; le choix du peuple ne peut manquer d’être favorable à Jésus. « Qui voulez-vous que je vous délivre, leur dit-il, de Jésus ou de Barabbas ? » La réponse ne se fait pas attendre ; des voix tumultueuses s’écrient : « Non Jésus, mais Barabbas ! — Que faire donc de Jésus ? reprend le gouverneur interdit. — Crucifiez-le ! — Mais quel mal a-t-il fait? Je vais le châtier, et je le renverrai ensuite. — Non, non; crucifiez-le 46 ! »
L’épreuve n’a pas réussi ; et la situation du lâche gouverneur est devenue plus critique qu’auparavant. En vain il a cherchée ravaler l’innocent au niveau d’un malfaiteur; la passion d’un peuple ingrat et soulevé n’en a tenu aucun compte. Pilate est réduit à promettre qu’il va faire châtier Jésus d’une manière assez barbare pour étancher un peu la soif de sang qui dévore cette populace; mais il n’a fait que provoquer un nouveau cri de mort.
N’allons pas plus loin sans offrir au Fils de Dieu une réparation pour l’indigne outrage dont il vient d’être l’objet. Mis en balance avec un homme infâme, c’est ce dernier qu’on lui préfère. Si Pilate essaie par pitié de lui sauver la vie. c’est à condition de lui faire subir cette ignoble comparaison, et c’est en pure perte. Les voix qui chantaient Hosannah au fils de David, il y a quelques jours, ne font plus entendre que des hurlements féroces; et le gouverneur, qui craint une sédition, a osé promettre de punir celui dont il a tout à l’heure confessé l’innocence.
Jésus est livré aux soldats pour être flagellé par eux. On le dépouille avec violence de ses vêtements, et on l’attache à la colonne qui servait pour ces exécutions. Les fouets les plus cruels sillonnent son corps tout entier, et le sang coule par ruisseaux le long de ses membres divins. Recueillons cette seconde effusion du sang de notre Rédempteur, par laquelle Jésus expie pour l’humanité tout entière les complaisances et les crimes de la chair. C’est par la main des Gentils que ce traitement lui est inflige ; les Juifs l’ont livré, et les Romains sont les exécuteurs ; tous nous avons trempé dans l’affreux déicide.
Mais cette soldatesque est lasse enfin de frapper ; les bourreaux détachent leur victime , en auront-ils enfin pitié ? Non, ils vont faire succéder a tant de cruauté une dérision sacrilège. Jésus a été appelé le Roi des Juifs ; les soldats prennent occasion de ce titre pour donner une forme nouvelle à leurs outrages. Un roi porte la couronne ; les soldats vont en imposer une au fils de David. Tressant à la hâte un horrible diadème avec des branches d’arbrisseaux épineux, ils la lui enfoncent sur la tête, et pour la troisième fois, le sang de Jésus coule avec abondance. Puis, afin de compléter l’ignominie, les soldats lui jettent sur les épaules un manteau de pourpre, et placent dans sa main un roseau, en guise de sceptre. Alors ils se mettent a genoux devant lui, et disent: « Roi des Juifs, salut ! » Et cet hommage insultant est accompagné de soufflets sur le visage de l’Homme-Dieu, et d’infâmes crachats ; et de temps en temps on lui arrache le roseau des mains pour l’en frapper sur la tête, afin d’enfoncer toujours davantage les cruelles épines dont elle est ceinte.
A ce spectacle, le chrétien se prosterne dans un douloureux respect, et dit à son tour. « Roi des Juifs, salut ! Oui, vous êtes le fils de David, et à ce titre, notre Messie et notre Rédempteur. Israël renie votre royauté qu’il proclamait naguère ; la gentilité n’y trouve qu’une occasion de plus pour vous outrager ;mais vous n’en régnerez pas moins par la justice sur Jérusalem, qui ne tardera pas à sentir le poids de votre sceptre vengeur; parla miséricorde sur les Gentils, que bientôt vos Apôtres amèneront à vos pieds. En attendant, recevez notre hommage et notre soumission. Régnez dès aujourd’hui sur nos cœurs et sur notre vie tout entière. »
On conduit Jésus à Pilate dans l’affreux état où l’a mis la cruauté des soldats. Le gouverneur ne doute pas qu’une victime réduite aux abois n’obtienne grâce devant le peuple ; et faisant monter avec lui le Sauveur à une galerie du palais, il le montre à la multitude, en disant : « Voilà l’homme 47 ! » Cette parole était plus profonde que ne le croyait Pilate II ne disait pas : Voilà Jésus, ni voilà le Roi des Juifs ; il se servait d’une expression générale dont il n’avait pas la clef, mais dont le chrétien possède l’intelligence. Le premier homme, dans sa révolte contre Dieu, avait bouleversé, par son péché. l’œuvre entière du Créateur; en punition de son orgueil et de sa convoitise, la chair avait asservi l’esprit ; et la terre elle-même. en signe de malédiction, ne produisait plus que des épines. Le nouvel homme qui porte, non la réalité, mais la ressemblance du péché, paraît ; et l’œuvre du Créateur reprend en lui son harmonie première ; mais c’est par la violence. Pour montrer que la chair doit être asservie à l’esprit, la chair en lui est brisée sous les fouets ; pour montrer que l’orgueil doit céder la place à l’humilité, s’il porte une couronne, ce sont les épines de la terre maudite qui la forment sur sa tête. Triomphe de l’esprit sur les sens, abaissement de la volonté superbe sous le joug de la sentence : voilà l’homme.
Israël est comme le tigre; la vue du sang irrite sa soif; il n’est heureux qu’autant qu’il s’y baigne. A peine a-t-il aperçu sa victime ensanglantée, qu’il s’écrie avec une nouvelle fureur: « Crucifiez-le ! crucifiez-le ! —Eh bien ! dit Pilate, prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; pour moi. je ne trouve aucun crime en lui. » Et cependant on l’a mis. par son ordre, dans un état qui, à lui seul, peut lui causer la mort. Sa lâcheté sera encore déjouée. Les Juifs répliquent en invoquant le droit que les Romains laissaient aux peuples conquis : « Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir; car il s’est dit le Fils de Dieu. » A cette réclamation. Pilate se trouble ; il rentre dans la salle avec Jésus, et lui dit : « D’où êtes-vous ? » Jésus se tait ; Pilate n’était pas digne d’entendre le Fils de Dieu lui rendre raison de sa divine origine. Il s’irrite cependant : « Vous ne me répondez pas ? dit-il; ne savez-vous pas que j’ai le pouvoir de vous crucifier, et le pouvoir de vous absoudre ? » Jésus daigne parler ; et c’est pour nous apprendre que tome puissance de gouvernement, même chez les infidèles, vient de Dieu, et non de ce qu’on appelle le pacte social : « Vous n’auriez pas ce pouvoir, répondit-il, s’il ne vous avait été donné d’en haut : c’est pour cela que le pêche de celui qui m’a livré à vous est d’autant plus grand 48 . »
La noblesse et la dignité de ces paroles subjuguent le gouverneur ; et il veut encore essayer de sauver Jésus. Mais les cris du peuple pénètrent de nouveau jusqu’à lui : « Si vous le laissez aller, lui dit-on. vous n’êtes pas l’ami de César. Quiconque se fait roi, se déclare contre César. » A ces paroles, Pilate. essayant une dernière fois de ramener à la pitié ce peuple furieux, sort de nouveau, et monte sur un siège en plein air; il s’assied et fait amener Jésus: « Le voilà, dit-il, votre roi; voyez si César a quelque chose à craindre de lui. » Mais les cris redoublent: « Ôtez-le ! ôtez-le ! Crucifiez-le ! — Mais, dit le gouverneur, qui affecte de ne pas voir la gravite du péril, crucifierai-je donc votre roi ? » Les Pontifes répondent : « Nous n’avons point d’autre roi que César 49 . » Parole indigne qui, lorsqu’elle sort du sanctuaire, annonce aux peuples que la foi est en péril: eu même temps parole de réprobation pour Jérusalem; car si elle n’a pas d’autre roi que César, le sceptre n’est plus dans Juda. et l’heure du Messie est arrivée.
Pilate, voyant que la sédition est au comble, et que sa responsabilité de gouverneur est menacée, se résout à abandonner Jésus à ses ennemis. Il porte enfin quoique à contre-cœur, cette sentence qui doit produire en sa conscience un affreux remords dont bientôt il cherchera la délivrance dans le suicide. Il trace lui-même sur une tablette, avec un pinceau, l’inscription qui doit être placée au-dessus de la tête de Jésus. Il accorde même à la haine des ennemis du Sauveur que, pour une plus grande ignominie, deux voleurs seront crucifies avec lui. Ce trait était nécessaire à l’accomplissement de l’oracle prophétique: il sera mis au rang des scélérats 50 .» Puis, lavant ses mains publiquement, à ce moment où il souille son âme du plus odieux forfait, il s’écrie en présence du peuple: « Je suis innocent du sang de ce juste: cela vous regarde. » Et tout le peuple répond par ce souhait épouvantable: « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants 51 . » Ce fut le moment où le signe du parricide vint s’empreindre sur le front du peuple ingrat et sacrilège, comme autrefois sur celui de Caïn ; dix-huit siècles de servitude, de misère et de mépris ne l’ont pas effacé. Pour nous, enfants de la gentilité, sur lesquels ce sang divin est descendu comme une rosée miséricordieuse, rendons grâce à la bonté du Père céleste, qui « a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique 52 » ; rendons grâces à l’amour de ce Fils unique de Dieu, qui, voyant que nos souillures ne pouvaient être lavées que dans son sang, nous le donne aujourd’hui jusqu’à la dernière goutte.
Ici commence la Voie douloureuse, et le Prétoire de Pilate, où fut prononcée la sentence de Jésus, en est la première Station. Le Rédempteur est abandonné aux Juifs par l’autorité du gouvernent. Les soldais s,’empare m de lui et l’emmènent hors de la cour du Prétoire. Ils lui enlèvent le manteau de pourpre, et le revêtent de ses vêtements qu’ils lui avaient ôtés pour le flageller ; enfin ils chargent la croix sur ses épaules déchirées. Le lieu où le nouvel Isaac reçut ainsi le bois de son sacrifice est désigné comme la seconde Station. La troupe des soldats, renforcée des exécuteurs, des princes des prêtres, des docteurs de la loi, d’un peuple immense, se met en marche. Jésus s’avance sous le fardeau de sa croix; mais bientôt, épuisé par le sang qu’il a perdu et par les souffrances de tout genre, il ne peut plus se soutenir, et tombant sous le faix, il marque par sa chute la troisième Station.
Les soldats relèvent avec brutalité le divin captif qui succombait plus encore sous le poids de nos péchés que sous celui de l’instrument de son supplice. Il vient de reprendre sa marche chancelante, lorsque tout à coup sa mère éplorée se présente à ses regards. La femme forte, dont l’amour maternel est invincible, s’est rendue sur le passage de son fils ; elle veut le voir, le suivre, s’attacher à lui, jusqu’à ce qu’il expire. Sa douleur est au-dessus de toute parole humaine ; les inquiétudes de ces derniers jours ont déjà épuisé ses forces ; toutes les souffrances de son fils lui ont été divinement manifestées ; elle s’y est associée, et elle les a toutes endurées une à une. Mais elle ne peut plus demeurer loin du regard des hommes ; le sacrifice avance dans son cours, la consommation est proche ; il lui faut être avec son fils, et rien ne la pourrait retenir en ce moment. La fidèle Madeleine est près d’elle, noyée dans ses pleurs; Jean. Marie mère de Jacques avec Salomé, l’accompagnent aussi ; ils pleurent sur leur maître ; mais elle, c’est sur son fils qu’elle pleure. Jésus la voit, et il n’est pas en son pouvoir de la consoler, car tout ceci n’est encore que le commencement des douleurs. Le sentiment des angoisses qu’éprouve en ce moment le cœur de la plus tendre des mères vient oppresser d’un nouveau poids le cœur du plus aimant des fils. Les bourreaux n’accorderont pas un moment de retard dans la marche, en faveur de cette mère d’un condamné ; elle peut se traîner, si elle le veut. à la suite du funeste convoi : c’est beaucoup pour eux qu’ils ne la repoussent pas ; mais la rencontre de Jésus et de Marie sur le chemin du Calvaire désignera pour jamais la quatrième Station.
La route est longue encore ; car, selon la loi, les criminels devaient subir leur supplice hors des portes de la ville. Les Juifs en sont à craindre que la victime n’expire avant d’être arrivée au lieu du sacrifice. Un homme qui revenait de la campagne. nommé Simon de Cyrène, rencontre le douloureux cortège ; on l’arrête, et. par un sentiment cruellement humain envers Jésus, on oblige cet homme à partager avec lui l’honneur et la fatigue de porter l’instrument du salut du monde. Cette rencontre de Jésus avec Simon de Cyrène consacre la cinquième Station.
A quelques pas de là. un incident inattendu vient frapper d’étonnement et de stupeur jusqu’aux bourreaux eux-mêmes. Une femme fend la foule, écarte les soldats et se précipite jusqu’auprès du Sauveur Elle tient entre ses mains son voile qu’elle a détache, et elle en essuie d’une main tremblante le visage de Jésus, que le sang, la sueur et les crachats avaient rendu méconnaissable. Elle l’a reconnu cependant, parce qu’elle l’a aime ; et elle n’a pas craint d’exposer sa vie pour lui offrir ce léger soulagement. Son amour sera récompensé : la face du Rédempteur, empreinte par miracle sur ce voile, en fera désormais son plus cher trésor ; et elle aura eu la gloire de désigner, par son acte courageux, la sixième Station de la Voie douloureuse.
Cependant les forces de Jésus s’épuisent de plus en plus, à mesure que Ton approche du terme fatal. Une subite défaillance abat une seconde fois la victime, et marque la septième Station. Jésus est bientôt relève avec violence par les soldats, et se traîne de nouveau sur le sentier qu’il arrose de son sang. Tant d’indignes traitements excitent des cris et des lamentations dans un groupe de femmes qui, émues de compassion pour le Sauveur, s’étaient mises à la suite des soldats et avaient bravé leurs insultes. Jésus, touché de l’intérêt courageux de ces femmes qui, dans la faiblesse de leur sexe, montraient plus de grandeur d’âme que le peuple entier de Jérusalem, leur adresse un regard de bonté, et reprenant toute la dignité de son langage de prophète, il leur annonce, en présence des princes des prêtres et des docteurs de la loi. l’épouvantable châtiment qui suivra bientôt l’attentat dont elles sont témoins, et qu’elles déplorent avec tant de larmes. « Filles de Jérusalem, leur dit-il. à cet endroit même qui est compté pour la huitième Station ; filles de Jérusalem ! ce n’est pas sur moi qu’il faut pleurer ; c’est sur vous et sur vos enfants ; car il viendra des jours où l’on dira : Heureuses les stériles, et les entrailles qui n’ont point porté, et les mamelles qui n’ont point allaité ! Alors ils diront aux montagnes : Tombez sur nous; et aux collines : Couvrez-nous ; mais si l’on traite ainsi le bois vert aujourd’hui, comment alors sera traité le bois sec 53 ?
Enfin on est arrivé au pied de la colline du Calvaire, et Jésus doit encore la gravir avant d’arriver au lieu de son sacrifice. Une troisième fois son extrême fatigue le renverse sur la terre, et sanctifie la place où les fidèles vénéreront la neuvième Station. La soldatesque barbare intervient encore pour faire reprendre à Jésus sa marche pénible, et après bien des coups il parvient enfin au sommet de ce monticule qui doit servir d’autel au plus sacré et au plus puissant de tous les holocaustes. Les bourreaux s’emparent de la croix et vont l’étendre sur la terre, en attendant qu’ils y attachent la victime. Auparavant, selon l’usage des Romains, qui était aussi pratiqué par les Juifs, on offre à Jésus une coupe qui contenait du vin mêlé de myrrhe. Ce breuvage, qui avait l’amertume du fiel, était un narcotique destiné à engourdir jusqu’à un certain point les sens du patient, et à diminuer les douleurs de son supplice. Jésus touche un moment de ses lèvres cette potion que la coutume, plutôt que l’humanité, lui faisait offrir; mais il refuse d’en boire, voulant rester tout entier aux souffrances qu’il a daigné accepter pour le salut des hommes. Alors les bourreaux lui arrachent avec violence ses vêtements colles à ses plaies, et s’apprêtent à le conduire au lieu où la croix l’attend. L’endroit du Calvaire où Jésus fut ainsi dépouillé, et où on lui présenta le breuvage amer, est désigné comme la dixième Station de la Voie douloureuse. Les neuf premières sont encore visibles dans les rues de Jérusalem, de l’emplacement du Prétoire jusqu’au pied du Calvaire ; mais cette dernière, ainsi que les quatre suivantes, sont dans l’intérieur de l’Église du Saint-Sépulcre, qui renferme dans sa vaste enceinte le théâtre des dernières scènes de la Passion du Sauveur.
Mais il nous faut suspendre ce récit ; déjà même nous avons devance un peu les heures de cette grande journée, et nous avons à revenir plus tard sur le Calvaire. Il est temps de nous unir à la sainte Église dans la lugubre fonction par laquelle elle s’apprête à célébrer le trépas de son divin Époux. L’airain sacré ne convoquera pas aujourd’hui les fidèles à la maison de Dieu; la foi et la componction seules les invitent a franchir au plus tôt les degrés du temple
Pour nos frères chrétiens d'Irak, d'Orient et d'Afrique .
Que Dieu protège toutes les milices et brigades chrétiennes
qui combattent Daesh .


Pour Nathalie .
Pour Anne et Miguel .
Pour Sébastien, hospitalisé ce soir pour une série d'examens
sur le sommeil et les ronflements et qui doit sortir demain en fin de matinée après avoir passé un doppler des jambes .
Pour Dominique et son papa .
Pour Jean-Louis .
Pour Pierre, le frère de Louis .
Pour les intentions de Dame Glycéra
Pour un prêtre .
Pour Claudine, Gérard, Claude.
de Lourdes-cancer-espérance .
Pour tous les pitchouns de la Banquise .
Pour toutes les autres intentions de la Banquise .
Pour Vincent Lambert et sa famille .
Pour monsieur l'abbé Berche
, et tous les prêtres
souffrants.
Pour l'IBP, ses séminaristes, et prêtres .
Pour notre très Saint Père François .

Pour Benoît XVI, pape émérite.
Et pour les veilleurs !

![]()
Avec nos prières confiées à Claire, Quentin, Raphaël, Faustine,
Sarah, et Hélène...
... nos petits anges au Ciel auprès de Marie-Céline et grand'mère Jeannette.

Pour Dame Fleur de Lys, ,

Notre cher Elsasser,
Le Camarguais .
Et Robert .

A nos anges gardiens :

Prenez soin de vous.
In Christo per Mariam.
LA MESSE DU JEUDI-SAINT.
La sainte Église se proposant aujourd’hui de renouveler, avec une solennité toute particulière, l’action qui fut accomplie par le Sauveur dans la dernière Cène, selon le précepte qu’il en fit à ses Apôtres, lorsqu’il leur dit : « Faites ceci en mémoire de moi », nous allons reprendre le récit évangélique que nous avons interrompu au moment où Jésus entrait dans la salle du festin pascal.
Il est arrivé de Béthanie ; tous les Apôtres sont présents, même le perfide Judas, qui garde son affreux secret. Jésus s’approche de la table sur laquelle l’agneau est servi ; ses disciples y prennent place avec lui ; et l’on observe fidèlement les rites que le Seigneur prescrivit à Moïse pour être suivis par son peuple. Au commencement du repas, Jésus prend la parole, et il dit à ses Apôtres: « J’ai désiré ardemment de manger avec vous cette Pâque, avant de souffrir 6 . » Il parlait ainsi, non que cette Pâque eût en elle-même quelque chose de supérieur à celles des années précédentes, mais parce qu’elle allait donner occasion à l’institution de la Pâque nouvelle qu’il avait préparée dans son amour pour les hommes ; car « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, dit saint Jean, il les aima jusqu’à la fin » 7 .
Pendant le repas, Jésus, pour qui les cœurs n’avaient rien de caché, proféra cette parole qui émut les disciples : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me trahira; oui, l’un de ceux qui mettent en ce moment la main au plat avec moi est un traître 8 . » Que de tristesse dans cette plainte! que de miséricorde pour le coupable qui connaissait la bonté de son Maître! Jésus lui ouvrait la porte du pardon ; mais il n’en profite pas : tant la passion qu’il avait voulu satisfaire par son infâme marché avait pris d’empire sur lui ! Il ose même dire comme les autres: « Est-ce moi, Seigneur? » Jésus lui répond à voix basse, pour ne pas le compromettre devant ses frères : « Oui, c’est toi ; tu l’as dit ». Judas ne se rend pas; il reste, et va souiller de sa présence les augustes mystères qui se préparent. Il attend l’heure de la trahison.
Le repas légal est terminé. Un festin qui lui succède réunit encore à une même table Jésus et ses disciples. Les convives, selon l’usage de l’Orient, se placent deux par deux sur des lits qu’a préparés la munificence du disciple qui prête sa maison et ses meubles au Sauveur pour cette dernière Cène. Jean le bien-aimé est à côté de Jésus, en sorte qu’il peut, dans sa tendre familiarité, appuyer sa tête sur la poitrine de son Maître. Pierre est placé sur le lit voisin, près du Seigneur, qui se trouve ainsi entre les deux disciples qu’il avait envoyés le matin disposer toutes choses, et qui représentent l’un la foi, l’autre l’amour. Ce second repas fut triste; les disciples étaient inquiets par suite de la confidence que leur avait faite Jésus; et l’on comprend que l’âme tendre et naïve de Jean eût besoin de s’épancher avec le Sauveur, sur le lit duquel il était étendu, par les touchantes démonstrations de son amour.
Mais les Apôtres ne s’attendaient pas qu’une troisième Cène allait succéder aux deux premières. Jésus avait gardé son secret; mais, avant de souffrir, il devait remplir une promesse. Il avait dit en présence de tout un peuple : « Je suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde. Ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui 9 . » Le moment était venu où le Sauveur allait réaliser cette merveille de sa charité pour nous. Mais comme il avait promis de nous donner sa chair et son sang, il avait dû attendre l’heure de son immolation. Voici maintenant que sa Passion est commencée ; déjà il est vendu à ses ennemis ; sa vie est désormais entre leurs mains ; il peut donc maintenant s’offrir en sacrifice, et distribuer à ses disciples la propre chair et le propre sang de la victime.
Le second repas finissait, lorsque Jésus se levant tout à coup, aux yeux des Apôtres étonnés, se dépouille de ses vêtements extérieurs, prend un linge, s’en ceint comme un serviteur, met de l’eau dans un bassin, et annonce par ces indices qu’il s’apprête à laver les pieds à des convives. L’usage de l’Orient était qu’on se lavât les pieds avant de prendre part à un festin ; mais le plus haut degré de l’hospitalité était lorsque le maître de la maison remplissait lui-même ce soin à l’égard de ses hôtes. C’est Jésus qui invite en ce moment ses Apôtres au divin repas qu’il leur destine, et il daigne agir avec eux comme l’hôte le plus empressé. Mais comme ses actions renferment toujours un fonds inépuisable d’enseignement, il veut, par celle-ci, nous donner un avertissement sur la pureté qu’il requiert dans ceux qui devront s’asseoir à sa table. « Celui qui est déjà lavé, dit-il, n’a plus besoin que de se laver les pieds » 10 ; comme s’il disait : Telle est la sainteté de cette divine table, que pour en approcher, non seulement il faut que l’âme soit purifiée de ses plus graves souillures; mais elle doit encore chercher à effacer les moindres, celles que le contact du monde nous fait contracter, et qui sont comme cette poussière légère qui s’attache aux pieds. Nous expliquerons plus loin les autres mystères signifiés dans le lavement des pieds.
Jésus se dirige d’abord vers Pierre, le futur Chef de son Église. L’Apôtre se refuse à permettre une telle humiliation à son Maître; Jésus insiste, et Pierre est contraint de céder. Les autres Apôtres qui, ainsi que Pierre, étaient restés sur les lits, voient successivement leur Maître s’approcher d’eux et laver leurs pieds. Judas même n’est pas excepté. Il avait reçu un second et miséricordieux avertissement quelques instants auparavant, lorsque Jésus, parlant à tous, avait dit: « Pour vous, vous êtes purs, mais non pas tous cependant 11 . » Ce reproche l’avait laissé insensible. Jésus, ayant achevé de laver les pieds des douze, vient se replacer sur le lit près de la table, à côté de Jean.
Alors, prenant du pain azyme qui était resté du repas, il élève les yeux au ciel, bénit ce pain, le rompt et le distribue à ses disciples, en leur disant: « Prenez et mangez ; ceci est mon corps ». Les Apôtres reçoivent ce pain devenu le corps de leur Maître; ils s’en nourrissent; et Jésus n’est plus seulement avec eux à la table, il est en eux. Ensuite, comme ce divin mystère n’est pas seulement le plus auguste des Sacrements, mais qu’il est encore un Sacrifice véritable, qui demande l’effusion du sang, Jésus prend la coupe; et, transformant en son propre sang le vin dont elle est remplie, il la passe à ses disciples, et leur dit: « Buvez-en tous; car c’est le sang de la Nouvelle Alliance, qui sera répandu pour vous. » Les Apôtres participent les uns après les autres à ce divin breuvage, et Judas à son tour; mais il boit sa condamnation, comme tout à l’heure, dans le pain sacré, il a mangé son propre jugement 12 . L’inépuisable bonté du Sauveur cherche cependant encore à faire rentrer le traître en lui-même. En donnant la coupe aux disciples, il a ajouté ces terribles paroles : « La main de celui qui me trahit est avec moi à cette table 13 . »
Pierre a été frappé de cette insistance de son Maître. Il veut connaître enfin le traître qui déshonore le collège apostolique ; mais n’osant interroger Jésus, à la droite duquel il est place, il fait signe à Jean, qui est à la gauche du Sauveur, pour tâcher d’obtenir un éclaircissement. Jean se penche sur la poitrine de Jésus et lui dit à voix basse : « Maître, quel est-il ? » Jésus lui répond avec la même familiarité : « Celui à qui je vais envoyer un morceau de pain trempé. » Il restait sur la table quelques débris du repas ; Jésus prend un peu de pain, et l’ayant trempé, il l’adresse à Judas. C’était encore une invitation inutile à cette aine endurcie à tous les traits de la grâce ; aussi l’Évangéliste ajoute : « Après qu’il eut reçu ce morceau, Satan entra en lui 14 . » Jésus lui dit encore ces deux mots : « Ce que tu as à faire, fais-le vite 15 . » Et le misérable sort de la salle pour l’exécution de son forfait.
Telles sont les augustes circonstances de la Cène du Seigneur, dont l’anniversaire nous réunit aujourd’hui ; mais nous ne l’aurions point suffisamment racontée aux âmes pieuses, si nous n’ajoutions un trait essentiel. ,Ce qui se passe aujourd’hui dans le Cénacle n’est point un événement arrivé une fois dans la vie mortelle du Fils de Dieu, et les Apôtres ne sont pas seulement les convives privilégiés de la table du Seigneur. Dans le Cénacle, de même qu’il y a plus qu’un repas, il y a autre chose qu’un sacrifice, si divine que soit la victime offerte par le souverain Prêtre. Il y a ici l’institution d’un nouveau Sacerdoce. Comment Jésus aurait-il dit aux hommes : « Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n’aurez point la vie en vous 16 », s’il n’eût songé à établir sur la terre un ministère par lequel il renouvellerait, jusqu’à la fin des temps, ce qu’il vient d’accomplir en présence de ces douze hommes ?
Or voici ce qu’il dit à ces hommes qu’il a choisis : « Vous ferez ceci en mémoire de moi 17 . » Il leur donne par ces paroles le pouvoir de changer, eux aussi, le pain en son corps et le vin en son sang ; et ce pouvoir sublime se transmettra dans l’Église, par la sainte ordination, jusqu’à la fin des siècles. Jésus continuera d’opérer, par le ministère d’hommes mortels et pécheurs, la merveille qu’il accomplit dans le Cénacle ; et en même temps qu’il dote son Église de l’unique et immortel Sacrifice, il nous donne, selon sa promesse, par le Pain du ciel, le moyen de «demeurer en lui, et lui en nous ». Nous avons donc à célébrer aujourd’hui un autre anniversaire non moins merveilleux que le premier : l’institution du Sacerdoce chrétien.
Afin d’exprimer d’une manière sensible aux yeux du peuple fidèle la majesté et l’unité de cette Cène que le Sauveur donna à ses disciples, et à nous tous en leur personne, la sainte Église interdit aujourd’hui aux Prêtres la célébration des Messes privées, hors le cas de nécessité. Elle veut qu’il ne soit offert dans chaque église qu’un seul Sacrifice, auquel tous les Prêtres assistent ; et au moment de la communion, on les voit tous s’avancer vers l’autel, revêtus de l’étole, insigne de leur sacerdoce, et recevoir le corps du Seigneur des mains du célébrant.
La Messe du Jeudi saint est une des plus solennelles de l’année ; et quoique l’institution de la fête du Très-Saint-Sacrement ait pour objet d’honorer avec plus de pompe le même mystère, l’Église, en l’établissant, n’a pas voulu que l’anniversaire de la Cène du Seigneur perdit rien des honneurs auxquels il a droit. La couleur adoptée à cette Messe pour les vêtements sacrés est le blanc, comme aux jours mêmes de Noël et de Pâques ; tout l’appareil du deuil a disparu. Cependant plusieurs rites extraordinaires annoncent que l’Église craint encore pour son Époux, et qu’elle ne fait que suspendre un moment les douleurs qui l’oppressent. A l’autel, le Prêtre a entonné avec transport l’Hymne angélique : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » Tout à coup les cloches ont retenti en joyeuse volée, accompagnant jusqu’à la fin le céleste cantique ; mais à partir de ce moment elles vont demeurer muettes, et leur silence durant de longues heures va faire planer sur la cité une impression de terreur et d’abandon. La sainte Église, en nous sevrant ainsi du grave et mélodieux accent de ces voix aériennes, qui chaque jour parcourent les airs et vont jusqu’à notre cœur, veut nous faire sentir que ce monde, témoin des souffrances et de la mort de son divin Auteur, a perdu toute mélodie, qu’il est devenu morne et désert ; et joignant un souvenir plus précis à cette impression générale, elle lions rappelle que les Apôtres, qui sont la j voix éclatante du Christ, et sont figurés par les cloches dont le son appelle les fidèles à la maison de Dieu, se sont enfuis et ont laissé leur Maître en proie à ses ennemis.
Le Sacrifice poursuit son cours; mais au moment où le Prêtre élève l’Hostie sainte et le Calice du salut, la cloche reste déjà dans son silence, et rien n’annonce plus au dehors du temple l’arrivée du Fils de Dieu. La communion générale est proche, et le Prêtre ne donne pas le baiser de paix au Diacre, qui, selon la tradition apostolique, doit le transmettre aux communiants par le Sous-Diacre. La pensée se reporte alors sur l’infâme Judas, qui, aujourd’hui même, a profané le signe de l’amitié, et en a fait l’instrument du meurtre. C’est pour cela que l’Église, en exécration du traître, et comme si elle craignait de renouveler un si fatal souvenir en un tel moment, s’abstient aujourd’hui de ce témoignage de la fraternité chrétienne qui fait partie essentielle des rites delà Messe solennelle.
Mais un rite non moins insolite s’est accompli à l’autel, dans l’action même du Sacrifice. Le Prêtre a consacré deux hosties, et, après en avoir consommé une, il a réservé l’autre, et l’a placée dans un calice qu’il a soigneusement enveloppé. C’est que l’Église a résolu d’interrompre demain le cours du Sacrifice perpétuel dont l’offrande sanctifie chaque journée. Telle est l’impression que lui fait éprouver ce cruel anniversaire, qu’elle n’osera renouveler sur l’autel, en ce jour terrible, l’immolation qui eut lieu sur le Calvaire. Elle restera sous le coup de ses souvenirs, et se contentera de participer au Sacrifice d’aujourd’hui, dont elle aura réservé une seconde hostie. Ce rite s’appelle la Messe des Présanctifiés, parce que le Prêtre n’y consacre pas, mais consomme seulement l’hostie consacrée le jour précédent. Autrefois, comme nous le dirons plus tard, la journée du Samedi saint se passait aussi sans qu’on offrît le saint Sacrifice ; mais on n’y célébrait pas, comme le Vendredi, la Messe des Présanctifiés.
Toutefois, si l’Église suspend durant quelques heures l’offrande du Sacrifice éternel, elle ne veut pas cependant que son divin Époux y perde quelque chose des hommages qui lui sont dus dans le Sacrement de son amour. La piété catholique a trouvé le moyen de transformer en un triomphe pour l’auguste Eucharistie ces instants où l’Hostie sainte semble devenue inaccessible à notre indignité. Elle prépare dans chaque temple un reposoir pompeux. C’est là qu’après la Messe d’aujourd’hui l’Église transportera le corps de son Époux ; et bien qu’il y doive reposer sous des voiles, ses fidèles l’assiégeront de leurs vœux et de leurs adorations. Tous viendront honorer le repos de l’Homme-Dieu ; « là où sera le corps, les aigles s’assembleront 18 » ; et de tous les points du monde catholique un concert de prières vives et plus affectueuses qu’en tout autre temps de l’année, se dirigera vers Jésus, comme une heureuse compensation des outrages qu’il reçut en ces mêmes heures de la part des Juifs. Près de ce tombeau anticipé se réuniront et les âmes ferventes en qui Jésus vit déjà, et les pécheurs convertis par la grâce et déjà en voie de réconciliation.
A Rome, la Station est dans la Basilique de Latran. La grandeur de ce jour, la réconciliation des Pénitents, la consécration du Chrême, ne demandaient pas moins que cette métropole de la ville et du monde. De nos jours cependant, la fonction papale a lieu au palais du Vatican, et ainsi que nous l’avons dit plus haut, la bénédiction apostolique est donnée par le Pontife Romain, à la loggia de la Basilique de Saint-Pierre.
Dans l’Introït, l’Église se sert des paroles de saint Paul pour glorifier la Croix de Jésus-Christ; elle célèbre avec effusion ce divin Rédempteur qui, en mourant pour nous, a été notre salut; qui, par son Pain céleste, est la vie de nos âmes, et, par sa Résurrection, l’auteur de la nôtre.
INTROÏT
Nos autem gloriari oportet in Cruce Domini nostri Jesu Christi, in quo est salus, vita, et
resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Ps. Deus misereatur nostri, et benedicat nobis, illuminet vultum suum super nos, et misereatur nostri. Nos autem.
GLORIFIONS-nous dans la Croix de Jésus-Christ notre Seigneur ; c’est lui qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, lui par qui nous sommes sauvés et délivrés.
Ps. Que Dieu ait pitié de nous, et qu’il nous bénisse ; qu’il fasse luire sur nous la lumière de son visage, et qu’il ait pitié de nous. Glorifions-nous.
Dans la Collecte, l’Église nous remet sous les yeux le sort si différent de Judas et du bon larron : tous deux coupables, mais l’un condamné, tandis que l’autre est pardonné. Elle demande pour nous au Seigneur que la Passion de son Fils, dans le cours de laquelle s’accomplissent cette justice et cette miséricorde, soit pour nous la rémission des péchés et la source de la grâce.
COLLECTE
Deus, a quo et Judas reatus sui poenam. Et confessionis sui latro praemium sumpsit : concede nobis tuae propitiationis effectum ; ut sicut in passione sua Jesus Christus Dominus noster diversa utrisque intulit stipendia meritorum, ita nobis ablato vetustatis errore, resurrectionis sux gratiam largiatur. Qui tecum viva et regnat in saecula saeculorum. Amen.
O Dieu, de qui Judas a reçu la punition de son crime, et le larron la récompense de sa confession : faites-nous ressentir l’effet de votre miséricorde, afin que, comme notre Seigneur Jésus-Christ, dans sa Passion, a traité l’un et l’autre selon son mérite, de même il détruise en nous le mal qui procède du vieil homme, et nous accorde d’avoir part à sa résurrection, Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.
ÉPÎTRE
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Corinthios. I, CAP. XI.
Fratres, Convenientibus vobis in unum, jam non est Dominicam Coenam manducare. Unusquisque enim suam coenam praesumit manducandum. Et alius quidem esurit : alius autem ebrius est. Numquid domos non habetis ad manducandum et bibendum ? Aut Ecclesiam Dei contemnitis, et confunditis eos qui non habent? Quid dicam vobis ? Laudo vos ? In hoc non laudo. Ego enim accepi a Domino, quod et tradidi vobis quoniam Dominus Jesus in qua nocte tradebatur, accepit panem, et gratias agens fregit, et dixit Accipite et manducate : hoc est corpus meum, quod pro vobis tradetur; hoc facite in meam commemorationem. Similiter et calicem, postquam coenavit, dicens : Hic Calix novum testamentum est in meo sanguine ; hoc facite, quotiescumque bibetis, in meam commemoratione . Quotiescumque enim manducabitis panem hunc, et calicem annuntiabitis donec veniat. Itaque quicumque manducaverit panem hunc, vel biberit calicem Domini indigne, reus erit corporis et sic de pane illo edat, et de calice bibat. Qui enim manducat et bibit judicium sibi manducat et bibit, non dijudicans corpus Domini. Ideo inter vos multi infirmi et imbecilles, et dormiunt multi. Quod si nosmetipsos dijudicaremus, non utique judicaremur. Dum judicamur autem, a Domino corripimur, ut non cum hoc mundo damnemur. bibetis, mortem Domini
Lecture de l’Épître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. I, Chap. XI.
Mes Frères, lorsque vous vous assemblez comme vous faites, ce n’est plus manger la Cène du Seigneur. Car chacun se hâte de manger son souper à part, en sorte que l’un n’a rien à manger, tandis que l’autre fait des excès. N’avez-vous pas vos maisons pour y manger et y boire ? Méprisez-vous l’Église de Dieu? Voulez-vous faire honte à ceux qui sont pauvres ? Que vous irai-je? Faut-il vous louer? Non, certes; je ne vous louerai pas. C est du Seigneur lui-même que j’ai appris ce que je vous ai enseigné, savoir que le Seigneur Jésus, dans la nuit même où il fut livré, prit du pain, et ayant rendu grâces, le rompit et dit : Prenez et mangez; ceci est mon corps qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même le calice, après avoir soupe, en disant : Ce calice est la nouvelle alliance dans mon sang; faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois que vous le boirez ; car tous les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Ainsi donc, celui qui mangera ce pain, ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur! Que l’homme donc s’éprouve soi-même, et qu’il mange ainsi de ce pain, et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit indignement, mange et boit son propre jugement, ne faisant pas le discernement qu’il doit faire du corps du Seigneur. C’est pour cela que parmi vous beaucoup sont malades et languissants, et que beaucoup même sont morts. Que si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés; mais lorsque nous sommes jugés de la sorte, c’est le Seigneur lui-même qui nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.
Le grand Apôtre, après avoir repris les chrétiens de Corinthe des abus auxquels donnaient lieu ces repas nommés Agapes, que l’esprit de fraternité avait fait instituer, et qui ne tardèrent pas à être abolis, raconte la dernière Cène du Sauveur. Il appuie son récit, conforme en tout a celui des Évangélistes, sur le propre témoignage du Sauveur lui-même, qui daigna lui apparaître et l’instruire en personne après sa conversion. L’Apôtre insiste sur le pouvoir que le Sauveur donna à ses disciples de renouveler l’action qu’il venait de faire, et il nous enseigne en particulier que chaque fois que le Prêtre consacre le corps et le sang de Jésus-Christ, «il annonce la mort du Seigneur », exprimant par ces paroles l’unité de sacrifice sur la croix et sur l’autel. Nous avons expliqué cette doctrine fondamentale de la sainte Eucharistie au chapitre VI, en tête de ce volume. La conséquence d’un tel enseignement est facile a déduire. L’Apôtre nous la propose lui-même : « Que l’ homme donc s’éprouve, dit-il, et qu’ensuite il mange de ce pain et boive de ce calice. » En effet, pour être initié d’une manière si intime au sublime mystère de la Rédemption, pour contracter une telle union avec la divine Victime, nous devons bannir de nous tout ce qui est du péché et de l’affection au péché. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui », dit le Sauveur. Se peut-il rien de plus intime? Dieu devient l’homme, et l’homme devient Dieu, dans cet heureux moment. Avec quel soin devons-nous purifier notre âme, unir notre volonté à celle de Jésus, avant de nous asseoir à cette table qu’il a dressée pour nous, à laquelle il nous convie ! Demandons-lui de nous préparer lui-même, comme il prépara ses Apôtres, en leur lavant les pieds. Il le fera aujourd’hui et toujours, si nous savons nous prêter à sa grâce et à son amour.
Le Graduel est formé de ces belles paroles que l’Église répète à chaque instant durant ces trois jours, et dans lesquelles saint Paul ranime notre reconnaissance envers le Fils de Dieu qui s’est livré pour nous.
GRADUEL.
Christus factus est pro nobis oboediens usque ad mortem.
V. Propter quod et Deus exaltavit illum: et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait obéissant pour nous jusqu’à la mort, et à la mort de la Croix.
V/. C’est pourquoi Dieu l’a exalté, et lui a donné un nom qui est au- dessus de tout nom.
ÉVANGILE.
Sequentia sancti Evangelii secundum Johannem. CAP. III.
Ante diem festum Paschae, sciens Jesus, quia venit hora ejus ut transeat ex hoc mundo ad Patrem : cum dilexisset suos, qui erant in mundo, in finem dilexit eos. Et coena facta, cum diabolus jam misisset in cor, ut traderet eum Judas Simonis lscariotae sciens quia omnia dedit ei Parer in manus, et quia a Deo exivit et ad Deum vadit, surgit a coena, et ponit vestimenta sue. Et cum accepisset linteum, praecinxit se. Deinde mittit aquam in pelvim, et coepit lavare pedes discipulorum, et extergere linteo, quo erat praecinctus. Venit ergo ad Simonem Petrum, et dicit ei Petrus Domine, tu mihi lavas pedes! Respondit
Jesus, et dixit ei Quod ego facio, tu nescis modo : scies autem postea. Dicit ei Petrus Non lavabis mihi pedes in aeternum. Respondit ei Jesus : Si non lavero .te, non habebis partem
mecum. Dicit ei Simon Petrus : Domine, non tantum pedes meos, sed et manus et caput. Dicit ei Jesus : Qui , est non indiget nisi pedes lavet, sed est mundus totus Et vos mundi estis, sed non omnes. Sciebat enim quisnam esset qui traderet eum propterea dixit : Non estis mundi omnes. Postquam ergo lavit pedes eorum, et accepit vestimenta sua : cum recubuisset iterum, dixit eis Scitis quid fecerim vobis? Vos vocatis me Magister et Domine: et bene dicitis sum etenim. Si ergo ego lavi pedes vestros, Dominus et Magister, et vos debetis alter alterius lavare pedes. Exemplum enim dedi vobis, ut quemadmodum ego feci vobis, ita et vos faciatis.
La suite du saint Évangile selon saint Jean. Chap. XIII.
Avant le jour de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin. Et le souper étant fini, lorsque déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas Iscariote de le trahir, Jésus sachant que son Père avait tout remis entre ses mains, et qu’il était sorti de Dieu, et retournait à Dieu, se leva de table, ôta ses vêtements, et, ayant pris un linge, il se ceignit. Ensuite il mit de l’eau dans un bassin, et commença à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vint donc à Simon Pierre; et Pierre lui dit : Vous, Seigneur, vous me laveriez les pieds ! Jésus lui dit: Ce que je fais, tu l’ignores présentement; mais tu le sauras plus tard. Pierre lui dit : Jamais vous ne me laverez les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi. Simon Pierre lui dit : Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tète. Jésus lui dit: Celui qui est déjà lavé n’a besoin que de laver ses pieds, et il est pur et net dans tout le reste ; pour vous, vous êtes purs; mais non pas tous. Car il savait qui le trahirait ; c’est pourquoi il dit: Vous n’êtes pas tous purs. Après qu’il leur eut lavé les pieds, et qu’il eut repris ses vêtements, s’étant remis à table, il leur dit : Savez-vous ce que je vous ai fait? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien ; car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi Maître et Seigneur, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi.
L’action du Sauveur lavant les pieds à ses disciples avant de les admettre à la participation de son divin mystère, renferme une leçon pour nous. Tout à l’heure l’Apôtre nous disait : « Que l’homme s’éprouve lui-même»; Jésus dit à ses disciples : « Pour vous, vous êtes purs ». Il est vrai qu’il ajoute : « mais non pas tous ». De même l’Apôtre nous dit « qu’il en est qui se rendent coupables du corps et du sang du Seigneur ». Craignons le sort de ceux-là, et éprouvons-nous nous-mêmes ; sondons notre conscience avant d’approcher de la table sacrée. Le péché mortel, l’affection au péché mortel, transformeraient pour nous en poison l’aliment qui donne la vie à l’âme. Mais si nous devons respecter assez la table du Seigneur, pour ne pas nous y présenter avec la souillure qui fait perdre à l’âme la ressemblance de Dieu et lui donne les traits hideux de Satan, nous devons aussi, par respect pour la sainteté divine qui va descendre en nous, purifier les taches légères qui la blesseraient. » Celui qui est déjà lavé, dit le Seigneur, n’a besoin que de laver ses pieds. » Les pieds sont les attaches terrestres dans lesquelles nous sommes si souvent exposés à pécher. Veillons sur nos sens, sur les mouvements de notre âme. Purifions ces taches par une confession sincère, par la pénitence, par le regret et l’humiliation; afin que le divin Sacrement, entrant en nous, soit reçu dignement, et qu’il opère dans toute la plénitude de sa vertu.
Dans l’Antienne de l’Offertoire, le chrétien fidèle, appuyé sur la parole du Christ qui lui a promis le Pain de vie, se livre à la joie. Il rend grâces pour cet aliment divin qui sauve de la mort ceux qui s’en nourrissent.
OFFERTOIRE.
Dextera Domini fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me: non moriar, sed vivam, et narrabo opera Domini.
La droite du Seigneur a signalé sa force; la droite du Seigneur m’a élevé en gloire. Je ne mourrai point; mais je vivrai, et je raconterai les œuvres du Seigneur.
L’Église, dans la Secrète, rappelle au Père céleste que c’est aujourd’hui même qu’a été institue l’auguste Sacrifice qu’elle célèbre en ce moment.
SECRÈTE.
Ipse tibi, quaesumus Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus, sacrificium nostrum reddat acceptum , qui discipulis suis in sui commemorationem hoc fieri hodierna traditione monstravit, Jesus Christus Filius tuus Dominus noster : Qui tecum vivit et regnat. Amen.
Seigneur saint. Père tout-puissant, Dieu éternel , que notre Sacrifice vous soit rendu agréable par Jésus-Christ , votre Fils , notre Seigneur , qui, en l’instituant en ce jour, a enseigné à ses disciples de le célébrer en mémoire de lui; Qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.
Le Prêtre, après avoir communié sous les deux espèces, et placé dans un calice l’Hostie réservée pour le lendemain, distribue au clergé la sainte Eucharistie ; et lorsque les fidèles l’ont reçue à leur tour, le chœur chante l’Antienne suivante qui rappelle le mystère du lavement des pieds :
COMMUNION.
Dominus Jesus postquam coenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis: Scitis quid fecerim vobis , ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, quand il eut soupe avec ses disciples, leur lava les pieds, et leur dit : Vous savez ce que je viens de vous faire, moi votre Seigneur et Maître? Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez de même.
La sainte Église demande pour nous, dans la Postcommunion, que nous conservions jusque dans l’éternité le don qui vient de nous être confère.
POSTCOMMUNION.
Refecti vitalibus alimentis, quaesumus Dominus Deus noster: ut quod tempore nostrae mortalitatis exsequimur, immortalitatis tuae munere consequamur. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Faites, s’il vous plaît, Seigneur notre Dieu, qu’étant rassasiés de cette nourriture de vie, nous recevions par votre grâce, au sein de l’immortalité, ce que nous célébrons dès le temps même de notre vie mortelle. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
La Messe étant terminée, une Procession solennelle se dirige vers le lieu où doit reposer l’Hostie sainte, qui sera consommée demain. Le célébrant la porte sous le dais, comme à la fête du très saint Sacrement ; mais aujourd’hui le corps sacré du Rédempteur contenu dans le calice est voilé, et non entouré de rayons comme au jour de ses triomphes. Adorons ce divin Soleil de justice, dont nous saluâmes le lever avec tant d’allégresse; il décline vers son couchant ; encore quelques heures, et sa lumière va s’éteindre. Les ombres alors couvriront la terre ; et ce ne sera que le troisième jour que nous le verrons reparaître tout brillant d’un éclat nouveau.
Pendant la marche vers le reposoir, le chœur chante l’Hymne du Saint-Sacrement si connue des fidèles.
HYMNE.
Pange, lingua, gloriosi Corporis mysterium, Sanguinisque pretiosi, Quem in mundi pretium, Fructus ventris generosi, Rex effudit gentium.
Nobis datus, nobis natus Ex intacta Virgine, Et in mundo conversatus, Sparso verbi semine, Sui moris incolatus Miro clausit ordine.
In supremae nocte coenae Recumbens cum fratribus, Observata lege plene Cibis in legalibus, Cibum turbae duodenae Se dat suis manibus.
Verbum caro, panem verum Verbo carnem efficit : Fitque sanguis Christi merum : Et si sensus deficit, Ad firmandum cor sincerum, Sola fides sufficit.
Tantum ergo Sacramentum Veneremur cernui Et antiquum documentum Novo cedat ritui Praestet fides supplementum Sensuum defectui.
Genitori, Genitoque Laus et jubilatio, Salus, honor, virtus quoque Sit et benedictio Procedenti ab utroque Compar sit laudatio. Amen.
Chante, ô ma langue, le mystère du glorieux corps et du sang précieux que le Roi des nations, fils d’une noble mère, a versé pour la rédemption du monde.
Il nous fut donné ; pour nous il naquit de la Vierge sans tache ; il vécut avec les hommes, et après avoir jeté la semence de sa parole, il termina son pèlerinage par une admirable merveille.
Dans la nuit de la dernière cène, étant à table avec ses frères, après avoir observé ce que prescrivait la loi pour les nourritures légales, il se donne lui-même de ses propres mains, pour nourriture, aux douze qu’il a choisis.
Le Verbe fait chair change d’une seule parole le pain en sa chair divine ; le vin devient le propre sang du Christ ; et si la raison défaille à comprendre un tel prodige, la foi suffit pour rassurer un cœur fidèle.
Adorons prosternés un si grand Sacrement; que les rites antiques cèdent la place à ce nouveau mystère ; et que la foi supplée à la faiblesse de nos sens.
Gloire, honneur et louange, puissance, actions de grâces et bénédiction soient au Père et au Fils ; pareil hommage à celui qui procède de l’un et de l’autre.
Amen.
Arrivé au lieu où doit être déposée l’Hostie sainte , le célébrant l’ayant encensée, le diacre prend le calice qui la contient et le renferme pour le soustraire à tous les regards. On prie quelques instants, et bientôt le cortège retourne au chœur en silence. Tout aussitôt commencent les Vêpres. Aujourd’hui et demain, cet Office si solennel aux jours de fêtes a perdu sa pompe accoutumée. Les Psaumes y sont récités sans chant, sans même une inflexion. C’est l’Église veuve de son Époux s’enveloppant de son deuil comme d’un vêtement.
Pour nos frères chrétiens d'Irak, d'Orient et d'Afrique .
Que Dieu protège toutes les milices et brigades chrétiennes
qui combattent Daesh .


Pour Nathalie .
Pour Anne, Seb et Miguel .
Pour Dominique et son papa .
Pour Jean-Louis .
Pour Pierre, le frère de Louis .
Pour les intentions de Dame Glycéra
Pour un prêtre .
Pour Claudine, Gérard, Claude.
de Lourdes-cancer-espérance .
Pour tous les pitchouns de la Banquise .
Pour toutes les autres intentions de la Banquise .
Pour Vincent Lambert et sa famille .
Pour monsieur l'abbé Berche
, et tous les prêtres
souffrants.
Pour l'IBP, ses séminaristes, et prêtres .
Pour notre très Saint Père François .

Pour Benoît XVI, pape émérite.
Et pour les veilleurs !

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Avec nos prières confiées à Claire, Quentin, Raphaël, Faustine,
Sarah, et Hélène...
... nos petits anges au Ciel auprès de Marie-Céline et grand'mère Jeannette.

Pour Dame Fleur de Lys, ,

Notre cher Elsasser,
Le Camarguais .
Et Robert .

A nos anges gardiens :

Prenez soin de vous.
In Christo per Mariam.
Mortimer
Je vous ai montré jusqu'à présent des photos plus ou moins réussies de paysages ou monuments splendides, de musées et palais richement ornés...
Mais quelque chose m'a frappée : et c'est partout, sans exception.
Regardez :
Ben quoi ? C'est une voiture, non ? Qu'a-t-elle d'exceptionnel ?
Regardez bien : vous voyez la couche de poussière qui la recouvre ? On pourrait penser qu'il s'agit du véhicule d'un propriétaire négligent...
Non point : toutes les voitures de la ville, je dis bien toutes, sans exception, sont recouvertes d'une couche de poussière si épaisse que, dans la plupart des cas, on ne pouvait même pas lire les plaques d'immatriculation.
Svetlana nous a expliqué qu'à cette saison, les environs de la ville sont secs et le grand vent soulève effectivement des nuages de poussière, aucune végétation ne retenant la terre.
C'était d'autant plus impressionnant que les monuments, dûment restaurés et entretenus, brillaient au soleil...
Je ne vais pas vous laisser sur une telle image.
Belle colonne rostrale célébrant la victoire des Russes sur les Suédois.
Ici, les "rostres" sont les proues des navires ennemis.
Dans l'Antiquité, ces éperons servaient à embrocher les navires ennemis au-dessous de leur ligne de flottaison...
Bonne continuation.
LR
A copier-coller pour les PPP !