Quatrième jour
Glorieuse et bénie Sainte Anne, par la douce violence que vous avez faite au Cœur de Dieu en répandant d’abondantes aumônes et en vous livrant à d’autres œuvres de Charité, demandez-Lui, pour nous, une Charité semblable, afin qu’Il soit touché de compassion pour nous et qu’Il nous traite aussi avec Miséricorde. Amen.
3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie, 3 Gloire au Père
Oraison : Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
Pour Florence .
Pour Diane .
Pour Claude
Pour Sam .
« Si tout le monde, ou presque, parlait français à cette époque, les patois restaient bien présents ! »
S’abarlouber : le parler solognot en 1700.
Dans les faits, les paysans parlent des patois dont seules quelques expressions traversent l’écrit. Au seuil du XVIIè siècle, le curé de Sennely-en-Sologne (Loiret) fait œuvre de linguiste en précisant les particularités du parler de ses ouailles.
Ils parlent peu, comme j’ai dit ; mais il est certain qu’ils s’expriment en termes fort significatifs. Sans chercher leurs mots, ils en ont inventé qui sont très énergiques. Par exemple, lorsqu’il fume dans une chambre, ils disent la chose et la cause en même temps : ils disent que la cheminée est « engornée », voulant dire que la fumée se roule et s’enveloppe dans le tuyau et revient par le plus large de la cheminée, ne pouvant sortir par le plus étroit. Pour dire se confonde dans son discours, se méprendre en quelque chose, perdre la tramontane et son étoile, ils appellent tout cela « s’abarlouber ». Ils ont tous dans toute la Sologne un langage uniforme, mêmes phrases, mêmes mots, même accent et ce langage est le vieux gaulois, suivant la confrontation que j’en ay faitte à celui de nos vieux auteurs françois et entre’autres le sire de Joinville et le maréchal Villard’houi [Villehardouin].
Ce qu’ils ont de particulier dans la prononciation, c’est de faire toujours voyelle lors même qu’elle est consonne. Ils disent « bonnes yans » pour « bonnes gens », un « gé » pour un « gué », la « gerre » pour « la « guerre ». Au surplus, ils corrompent la plupart des mots comme tous les petites gens des autres provinces. Ils disent sans vous « incorrompre » pour « interrompre », parlant par « corruption » pour « correction », et ainsi plusieurs autres comme pour dire « rudes », ils disent « ridicules ». A l’égard des termes de « mehui » et d’ « arrié », qui leur sont si familiers, ils leur sont communs avec tous les habitants de la rivière de Loire, et « meshui » est un vieux mot gaulois fort usité dans les livres jusqu’au règne de Louis treize.
(Sauvageon, fol. 218-219, d’après Bouchard, 1972, 336)
LE SAINT PROPHETE ELIE
Elie était de la noble race d’Aaron. Il est né en Arabie. Lorsque sa mère le portait en son sein, son père crut voir une grande troupe d’hommes vêtus de blanc, qui l’enveloppaient de bandelettes flamboyantes, dont les flammes entraient dans sa bouche. Le père raconta ce songe à des prêtres, qui lui prédirent que cet enfant serait la lumière d’Israël. C’est pourquoi il fut appelé Thesbite, parce qu’il devait être un guide pour le peuple d’Israël et défendre sa loi.
En ce temps-là Achab et sa femme Jézabel faisaient la guerre aux serviteurs de Dieu. Le peuple inconstant et volage se laissa gagner par les adorateurs des idoles, les imitant dans leur luxure. Elie alla trouver Achab et lui annonça que, pour le punir de tous les maux dont il était l’auteur, le ciel ne répandrait plus ni pluie ni rosée sur les champs d’Israël.
Dieu enregistra la parole du prophète, et une grande sécheresse survint avec la famine qui s’ensuivit. Sur l'ordre du Seigneur, Elie se retira au torrent de Carith, près du Jourdain, où les corbeaux le nourrissaient chaque jour. Quand le torrent fut à sec, il alla vivre chez une veuve de Sarepta, dont Dieu multiplia les provisions de farine et d’huile, et dont Elie ressuscita l’enfant.
Au bout de trois ans la colère de Dieu cessa.
- Va, dit le Seigneur à son prophète, montre-toi à Achab, afin que j’envoie de la pluie sur la terre.
La famine sévissait alors en Samarie où régnait Achab.
- Elie dit au roi : Rassemble tous les prophètes de Baal, que Jézabel nourrit de sa table, et mène-les avec le peuple d’Israël sur la montagne du Carmel.
Là, Elie parla au peuple, et lui proposa de choisir entre Dieu et Baal.
- Qu’on élève des autels, qu’on fasse un sacrifice : celui sur lequel tombera le feu du ciel sera le sacrifice du vrai Dieu.
Les prophètes de Baal y consentirent. Et de la pointe du jour au coucher du soleil, ils invoquaient Baal d’envoyer le feu ; mais Baal était sourd.
- Criez plus fort, leur dit Elie, votre dieu est sans doute en voyage, ou peut-être qu’il dort : réveillez-le.
Alors ils poussèrent de grands cris et s’incisèrent le corps de sorte qu’ils étaient couverts de sang ; mais Baal resta muet.
Vers le soir, Elie éleva un autel avec douze pierres en souvenir des douze tribus d’Israël et l’entoura d’un fossé, il plaça dessus du bois et le bœuf du sacrifice; il fit arroser le tout de douze mesures d’eau jusqu’à remplir le fossé ; puis il invoqua le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ; à sa voix, le feu descendit du ciel dévora le bœuf, le bois, les pierres de l’autel et jusqu’à l’eau qui remplissait le fossé.
- Le Seigneur est le vrai Dieu, s’écria le peuple.
Alors les faux prophètes furent tués et jetés dans le torrent du Cisson.
Cependant, Elie regardait le lac de Tibériade, que l’on appelle la Mer de Galilée. Une nuée s’éleva, qui prit la forme d’un homme. Le ciel s’obscurcit, le vent devint violent, et une grande pluie rafraîchit la terre altérée.
La reine Jézabel voulut venger les faux prophètes, mais le Seigneur ordonna à Elie de se réfugier sur la montagne d’Horeb où un ange le nourrit pendant quarante jours et quarante nuits. Il sacra ensuite, par ordre de Dieu, Hazaël roi de Syrie, Jéhu roi d’Israël et Elisée qui devait lui succéder dans le ministère prophétique.
Jézabel fit tuer Naboth pour donner sa vigne au roi Achab et le prophète les avertit tout de suite de la vengeance de Dieu :
- Les chiens, dit-il, mangeront Jézabel dans le champ de Naboth1.
Et la reine fut dévorée par ses chiens.
Ochozias, fils d’Achab, suivit les traces de son père ; mais il tomba malade. Alors il alla voir Béelzébub, dieu d’Accaron. Elie s’interposa en lui disant : le Seigneur a dit qu’il n’y a pas d’autre Dieu en Israël que lui, et qu’en punition tu ne pourras plus te lever de ton lit et que tu mourras.
Le roi envoya cinquante soldats chercher Elie. Quand ils arrivèrent, ils lui demandèrent : es-tu l’homme de Dieu ?
- Oui, répondit-il. Si je suis l’homme de Dieu, que le feu vous dévore.
Et le feu descendit du ciel et dévora les cinquante soldats et leur chef. Ochozias renvoya un autre contingent qui subit le même sort. Au troisième, leur chef se mit à genoux et pria Elie de venir. Il alla voir le roi et lui rappela la prédiction. Ochozias mourut peu après.
/…/
Le Saint Prophète Elie est honoré par l’Ordre des Carmes, qui le regarde comme son chef et son père. Ces moines vécurent selon Elie jusqu’au début du treizième siècle, où le Bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem, leur donna une nouvelle Règle.
1.- Extrait l’Athalie de Racine, vers magnifiques :
Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée,
Comme au jour de sa mort pompeusement parée.
Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté ;
Même elle avait encore cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Tremble, m'a-t-elle dit, fille digne de moi ;
Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi.
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,
« Ma fille ». En achevant ces mots épouvantables,
Son ombre vers mon lit a paru se baisser ;
Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser,
Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange
D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.
SAINTE MARGUERITE
Vierge et martyre en l’an 253
(v. 2020)
SAINT JEROME EMILIANI
Confesseur, fondateur de la congrégation des Somaques, 1481-1537
SAINT SABIN de DAMAS
SAINT PAUL de CORDOUE
Diacre et Martyr des mahométans
SAINTE WILGEFORTE
Vierge et martyre au Portugal
SAINT VILMER
Abbé au pays de Boulogne
SAINTE SEVERE de TREVES
Il fait déjà 21° et nous allons avoir 31° à l'ombre
dans la journée .
Caro est revenue du Liban et elle est allée rejoindre
Seb dans sa famille à Cognac .
Pendant ce temps Sam et Inès sont partis dans
leur famille au Liban le 15 juillet .
Peut-être sans le savoir ont-ils croisé Caro
à l'aéroport .
Bonne fête à toutes les Marina !
Prenez soin de vous et des vôtres !
Mirabelle
Troisième jour
Glorieuse et bénie Sainte Anne, par l’esprit de pénitence dont vous accompagniez vos prières qui les rendait plus puissantes sur le Cœur de Dieu, obtenez-nous la grâce d’unir à l’esprit de prière, l’esprit de mortification pour nous faire acquérir tous les trésors de la Grâce Divine. Amen.
3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie, 3 Gloire au Père
Oraison : Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
La vie de Sainte Anne
Sainte Anne est la mère de la Sainte Vierge Marie, donc la grand-mère de notre Seigneur Jésus. À ce titre, elle est particulièrement écoutée par son petit-fils. La dévotion à Ste Anne s’est développée à partir du 6ème siècle. Elle est la patronne de la Bretagne.
Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi qui, dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes; elle était de la tribu de Juda et de la race de David. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l’éclat d’une vie pleine de bonnes oeuvres et de vertus.
Dieu, qui avait prédestiné cette enfant à devenir l’aïeule du Sauveur, la combla des grâces les plus admirables. Après Marie, aucune femme plus que sainte Anne ne fut bénie et privilégiée entre toutes les autres. Mais si elle reçut tant de grâces, comme elle sut y répondre par la sainteté de sa vie!
Toute jeune enfant, elle était douce, humble, modeste, obéissante et ornée des naïves vertus de son âge. Plus tard, comme elle sut bien garder intact le lis de sa virginité! Comme elle dépassait toutes les filles, ses compagnes, par sa piété, par la réserve de sa tenue, son recueillement et la sainteté de toute sa conduite! Puis, quand il plut à Dieu d’unir son sort à celui de Joachim, combien Anne fut une épouse prévenante, respectueuse, laborieuse, charitable et scrupuleusement fidèle à tous les devoirs de son état, vaquant à propos au travail et à la prière.
Dieu lui refusa longtemps de devenir mère; elle se soumit humblement à cette épreuve et l’utilisa pour sa sanctification. Mais à l’épreuve succéda une grande joie, car de Joachim et d’Anne, déjà vieux, naquit miraculeusement Celle qui devait être la Mère du Sauveur. C’est sans doute un grand honneur pour sainte Anne, que d’avoir donné naissance à la Mère de Dieu; mais il lui revient beaucoup plus de gloire d’avoir formé le cœur de Marie à la vertu et à l’innocence! L’église célébrera dans tous les âges la piété maternelle de sainte Anne, et la gloire de sa Fille rejaillira sur elle de génération en génération.
Le culte de sainte Anne a subi diverses alternatives. Son corps fut transporté dans les Gaules, au premier siècle de l’ère chrétienne, et enfoui dans un souterrain de l’église d’Apt, en Provence, à l’époque des persécutions. A la fin du VIIIe siècle, il fut miraculeusement découvert et devint l’objet d’un pèlerinage. Mais c’est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d’Auray, en Bretagne; son origine est due à la miraculeuse découverte d’une vieille statue de la grande Sainte, accompagnée des circonstances les plus extraordinaires et suivies de prodiges sans nombre. Sainte-Anne d’Auray est encore aujourd’hui l’objet d’un pèlerinage national, comme il en est aussi au Québec avec Sainte-Anne de Beaupré.
Pour Florence .
Pour Diane .
Pour Claude
Pour Sam .
SAINTE MACRINE1
Macrine était la sœur de Saint Basile et de Saint Grégoire de Nysse qui a écrit sa vie dans une épître adressée à Olympe.
Son père s’appelait Basile et sa mère Emélie. Ils étaient nobles et riches et eurent dix enfants, qui furent presque tous des saints. Macrine était l’aînée. Lorsqu’elle était enceinte, sa mère eut l’apparition d’un ange sous la forme d’un homme qui lui dit que sa fille devrait s’appeler Thècle en souvenir de la sainteté de Thècle, fille et disciple de Saint Paul apôtre. On la nomma Macrine lors de son baptême en mémoire de son aïeule paternelle, femme et disciple du grand évêque de Césarée, Grégoire le Thaumaturge. Celle-là est l’appelée Macrine l’Aînée.
Macrine étudia particulièrement le Livre de la Sagesse de Salomon et les Psaumes. Elle les récitait à tout moment de la journée ; avant et après les repas ; au début et à la fin du travail.
En grandissant, Macrine devint très belle. De nombreux prétendants se présentèrent pour la demander en mariage. Sans le lui dire, son père en choisit un ; mais, par une volonté de Notre-Seigneur, celui-ci mourut, et elle fut ainsi dégagée de toute contrainte. Apprenant la volonté de son père, elle décida de rester vierge et de ne pas se marier, pour devenir l’épouse du Christ.
Elle servit de mère à tous ses frères, en les instruisant dans la perfection. Son père étant décédé, sa mère la persuada d’entrer en religion, pour être entièrement au service de Dieu. Elles se mirent toutes les deux en religion pour mener une vie angélique.
Macrine fut atteinte d’une tumeur au sein, qui grossissait et devenait dure. Sa mère lui conseilla de voir un chirurgien, mais Macrine refusa par pudeur, pour ne pas montrer son corps. Un jour qu’elle était dans l’oratoire pour prier, elle dit à sa mère que, si elle faisait un signe de croix sur sa tumeur, elle serait guérie. Sa mère fit le signe de croix et la tumeur disparut. Il ne resta, toute sa vie, qu’une petite marque en souvenir de cette guérison miraculeuse.
Un jour, Saint Grégoire de Nysse, son frère, fut chassé de son Eglise, après le concile d’Antioche, par les ariens soutenus par l’empereur Valens. Il eut alors l’idée de visiter sa sœur qu’il n’avait pas vue depuis huit ans. Il la trouva sur son lit de mort, et reconnut là, la main de Notre-Seigneur qui l’avait fait venir pour lui administrer les derniers sacrements. Après plusieurs signes de croix tracés sur son corps, elle rendit l’esprit en l’an 354. Saint Grégoire et un autre évêque portaient le cercueil avec deux autres ecclésiastiques. Une grande foule assista aux obsèques de la sainte.
Notre-Seigneur permit plusieurs miracles à cette sainte durant sa vie : elle guérit une fille qui perdait un œil, en l’embrassant ; elle chassa les démons ; elle rendit la santé à plusieurs malades et eut des paroles prophétiques sur les choses à venir ; plusieurs fois, lorsqu’elle distribuait du blé aux pauvres, celui-ci ne diminuait pas.
Saint Grégoire de Nysse dit dans ses écrits que sa sœur a été sa principale enseignante et qu’elle lui a appris les plus secrets mystères de la théologie chrétienne.
1.- Il existe un pèlerinage à Sainte Macrine de Magné, près de Niort. Elle est la patronne du Marais Poitevin.
SAINT VINCENT DE PAUL
(v. 2020)
SAINT ARSENE
Abbé et confesseur l’an 449
SAINTE JUSTE et SAINTE RUFINE
Vierges et martyres à Séville en Espagne
SAINT EPAPHRAS
Ordonné évêque de Colosse par Saint Paul apôtre.
SAINTE AURE
Vierge et martyre à Cordoue
SAINT MARTIN DE TREVES
Evêque et martyr
SAINT SYMMAQUE
Pape + 514
SAINT FELIX de VERONE
BIENHEUREUX JEAN DE DUKLA
Disciple de Saint Jean de Capistran. Apôtre de la Pologne, franciscain,+ en 1484
Hier matin, nous sommes partis avec Patou et
Jean-Paul à Valensole , charmant village des
Alpes de Haute- Provence.
Avant d'y arriver , nous nous sommes arrêtés sur
le plateau pour admirer les champs de lavande et de
tournesols .
Il fallait profiter car la lavande commence à
être récoltée .
Normalement la fête de la lavande devait avoir
lieu ce week-end mais avec la covid tout a été
annulé .
Il faisait très chaud .
Ce matin il fait 21° et nous aurons 31° dans l'après-midi.
Je suis déjà entrain de cuisiner de la ratatouille
car après il fera très chaud et j'aime bien la
manger quand elle est froide .
Prenez soin de vous et des vôtres !
Mirabelle
Deuxième jour
Glorieuse et bénie Sainte Anne, par la fervente et continuelle prière avec laquelle vous demandiez à Dieu la cessation de votre stérilité, obtenez-nous le don d’oraison pour que nos cœurs soient féconds en vertus. Amen.
3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie, 3 Gloire au Père
Oraison : Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
Pour Florence .
Pour Diane .
Pour Claude
Pour Sam .
SAINTE SYMPHOROSE
et ses sept enfants, martyrs.
En l’an 140, sous l’empereur Adrien, l’an vingt de l’empire, furent martyrisés à Rome un grand nombre de chrétiens dont Saints Gétule et Zotique en compagnie de Céréal d’Amance et de Primitif. Gétule avait épousé une sainte femme, Symphorose, dont il eut sept enfants, a savoir : Cerscent, Julien, Nèmèse, Primitif, Justin, Eustache et Eugène, lesquels se cachèrent avec leur mère dans la ville de Tivoli. Ils furent pris, et la mère, ne voulant confesser que Jésus-Christ fut attachée en l’air par les cheveux. La mère exhorta ses enfants à garder leur foi en Notre-Seigneur. Devant ces refus, le tyran se mit en colère et fit battre la femme et, lui faisant attacher une grosse pierre au cou, il la fit jeter dans la rivière où elle se noya. Eugène son frère, un des principaux de Tivoli, la fit ensevelir.
Le lendemain, l’empereur fit attacher les sept frères, à sept poteaux, et les fit massacrer de diverses manières. Crescent mourut d’un coup de lance dans la gorge, Julien fut frappé à l’estomac, Némèse au cœur, Primitif dans le ventre, Justin fut dépecé, Eustache mourut de ses blessures et Eugène coupé en deux à mi-corps. Leurs corps furent jetés dans une fosse.
Il y a encore aujourd’hui sur la voie Tiburtine une ancienne mémoire de Sainte Symphorose. Ses reliques et celles de ses enfants furent par la suite transférées à Rome : et du temps de Pie IV l’on trouva au doyenné de Saint-Ange de la Pècherie, ces paroles écrites sur une lame de plomb : Ici reposent les saints martyrs Symphorose, Gétule son mari, et de leurs enfants, qui furent transportés par le pape Etienne.
SAINT CAMILLE DE LELLIS
(v. 2020)
SAINT CLAIR-SUR-EPTE
(en Normandie)
Martyr en 894
SAINTE GONDENE
Martyre à Carthage sous le proconsul Ruffin
SAINT EMILIEN
Martyr à Dorostore en Mysie sous Julien l’Apostat
SAINT FREDERIC
Evêque d’Utrecht, martyr en 838
SAINT MATERNE
Evêque, mort en prison, sous Maximien
SAINT PHILASTRE
Evêque de Brescia
SAINT ARNOUL
Evêque de Metz
SAINT BRUNON
Evêque de Ségni
SAINT ROGUIL
Evêque de Forlimpopoli en Emilie
BIENHEUREUX SIMON DE LIPNIEZA
De l’Ordre de Saint François, + en 1482
DYNASTIE PAYSANNE
suite et fin
°°°
Son dernier acte fut éclatant, et comme si Norbert unissait toute la famille dans le sacrifice.
Le Calvados souffrait d’une réquisition très brutale des bois. Dans la bizarre autarcie départementale qui sévissait, le Calvados privé de forêt, voyait couper tous ses arbres. La futaie des Lefebvre n’avait pas été touchée, car Norbert, au début des exigences, s’était arrangé pour fournir beaucoup plus que la quotité exigible, en prenant sur des terres éloignées et en respectant les marmentaux. Mais, un matin d’Octobre, il reçut la visite d’un industriel qui venait, hors de toutes contrainte d’Etat et à l’amiable, lui demander des hêtres. Un homme étrange, comme hanté par la production, la création, dont Norbert sentit le souci dominateur. Norbert en lui-même, se récria d’indignation, mais refusa avec la froideur simple qu’il avait fait succéder au ton grognon de son père et qui le soutenait.
- C’est que, - fit l’homme, - tous, ici, manquent de sabots et voici l’hiver ; la paire de sabots arrivera à cent cinquante francs… On me fait parvenir le bois la nuit, venant de l’Eure… Le cuir, on en aurait tant qu’on voudrait, mais les abattages clandestins font jeter les peaux qui dénonceraient… Les gosses iront nu-pattes, en Décembre…
Et le bizarre solliciteur, haussant les épaules, s’en alla. Il s’en foutait ; ç’avait été pour alimenter ses machines, et pour réduire un manque, combler un vide commercial, une faille industrielle…
Norbert essaya de réagir ; prit des renseignements : le sabotier à vapeur avait dit vrai… Combien les trois cent vingt-sept arbres de dix pieds de tour, si sains, donneraient-ils de paires ? Peut-être trente-cinq mille ! Ces chiffres le poursuivaient. Il se révoltait ; après tout, en Russie, leur Russie chérie, la moitié des paysans vont pieds nus ! N’en vendre qu’un tiers, le centre ? Garder la couronne, pour la vallée, pour le père ?…
On devine qu’il fut vaincu. Sa femme ne dit rein et lui met sa petite main vaillante sur l’épaule. Sa mère ne rit plus, ne cria plus : elle pleura. Peut-être qu’elle crut entrevoir une compensation secrète chez son fils : « Prends l’or… », fit-elle, sourdement. – « Ce serait moins utile, hélas !... » répondit Norbert, lui-même si ému qu’il pouvait à peine parler… « Maman », ajouta-t-il, « les enfants du village iront pieds nus cet hiver… » La vieille se détourna et retrouva sa voix pour proférer ; « Coupe tout, maudit ! »
Le jour du premier coup de hache, Norbert emmena ses deux fils, ses garçons de cinq et six ans. Les bûcherons attaquaient la futaie par l’Est, car, à l’Ouest, sous le vent régnant, leur travail se serait fait seul, une fois la bordure tombée ; à l’intérieur, la futaie pousse sans racines. Ils étaient deux hommes très forts sur l’arbre choisi. La futaie frémissait sous les cognées. Les enfants pépiaient.
Quand de fut le moment, Norbert se leva : - Enlevez vos bonnets, mes petits, - fit-il, la voix rauque, - et… donnez-moi la main.
Lui-même avait jeté sa casquette, et, tête nue, ses enfants à ses côtés, il assista à la gigantesque chutte.
°°°
A l’heure où, vaincus, tant de malheureux hobereaux devenaient des croquants, la dynastie des Lefebvre, victorieuse, faisait un gentilhomme.
IL FAUT ESPERER : DE GENS PAREILS,
NOTRE CAMPAGNE EST PLEINE
LE CHAMBLAC
1948
Il y aura 280 ans dans quelques jours, Don Antonio Vivaldi mourait à Vienne (Autriche)
Pour lui rendre hommage, j’ai eu envie de vous faire entendre une œuvre peu connue. J’ai donc choisi une de ses rares compositions concernant les diverses parties de la Sainte Messe : le « Kyrie a 8 (RV 587) ».
Vivaldi n’ayant jamais voulu être Maître de Chapelle, emploi trop contraignant pour un esprit libre comme le sien, on ne connaît en effet de lui qu’un seul Kyrie et un seul Credo.
Ce Kyrie fut vraisemblablement composé vers 1720 pour l’église romaine San Lorenzo in Damaso, si l’on en croit le papier utilisé pour la partition manuscrite.
Œuvre écrite pour 4 solistes (2 sopranos, 2 altos), 2 chœurs mixtes à 4 voix (Soprano, Alto, Ténor et Basse), 2 orchestre à cordes (4 parties) et basse continue (orgue).
La prise de vue ne permet pas vraiment d’appréhender la mise en écho des deux chœurs et des deux orchestres, mais la direction du chef, très éloquente, permet de suivre le déroulement de la composition.
Madame Zouave
La neuvaine à Sainte Anne peut se faire plus spécialement du 18 au 26 juillet, le 26 étant la fête liturgique de Sainte Anne. Pour bien accomplir cette Neuvaine, la faire plutôt le matin au lever, en dédiant ainsi sa journée à Sainte Anne, prier avec beaucoup de confiance, recevoir les Sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie, si possible le 26 juillet même.
Premier jour
Glorieuse et bonne Sainte Anne, par la patience avec laquelle vous avez, pendant tant d’années, supporté la peine que vous causait votre stérilité, obtenez-nous une patience inébranlable dans tous les travaux et les maux de cette vie. Amen.
3 Notre Père, 3 je Vous salue Marie, 3 Gloire au Père
Oraison : Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
Source : association de la médaille miraculeuse .
Toutes nos pauvres prières pour Florence .
Certes, c'est le Ciel qui fera ou pas .
Mais au moins, Il saura !
Pour Diane .
Pour Claude
Pour Sam .
SAINTE MARINE
On célèbre aujourd’hui les translations des reliques de Sainte Marine qui furent rapportées en 1230 par un riche vénitien dont la sainte sauva le navire dans la tempête.
A Alexandrie, vivait un homme qui avait une fille et qui désirait se convertir. Il confia sa fille à ses parents et se rendit dans un monastère situé à environ cinquante kilomètre. Il y fut admis et accomplit ses fonctions avec zèle ; puis il se souvint qu’il avait une fille et tomba dans une tristesse qui fut remarquée par l’abbé. Ce dernier, à qui il avoua qu’il s’ennuyait de son enfant, mais en ne lui disant pas que c’était une fille. L’abbé lui dit qu’il pouvait l’amener pour que l’enfant vive avec lui.
L’homme alla chercher sa fille, la déguisa en garçon et la ramena avec lui au monastère. Personne ne s’aperçut de la transformation et tout le monde l'appelait le petit frère Marin. Quand elle eut quatorze ans, son père lui enseigna les voies du Seigneur en lui disant :
- Prends bien garde, ma fille, que personne ne découvre jamais le secret de ton sexe ; soit vigilante contre les pièges du démon, de peur qu’il ne te séduise et que ce saint monastère ne soit détruit par nous, afin que nous méritions d’être couronnés par notre Seigneur en présence de ses saints anges, au lieu d’encourir une éternelle damnation avec les impies.
Marine avait dix-sept lorsque son père mourut. Elle continua sa vie dans le monastère où l’abbé et les autres frères l’avaient en considération.
Le monastère était près de la mer où les frères allaient récupérer ce qui pouvait leur servir. Un jour l'abbé demanda à Marine pourquoi elle n’allait jamais avec ses frères pour les aider ?
Alors elle alla au marché.
A proximité se trouvait une hostellerie, où frère Marin allait souvent avec son char, et lorsqu’il était trop tard, elle restait pour y dormir avec les autres frères.
L’hôtelier avait une fille qui se laissa séduire par les soldats. Ses parents lui dirent:" Dis-nous au moins qui t’a séduite !" La malheureuse fille désigna le frère Marin. Ses parents coururent au monastère et révélèrent à l’abbé que frère Marin avait séduit leur fille.
- Permettez, dit l’abbé, que nous examinions sérieusement la chose. Et comme la sainte arrivait en ce moment, il lui dit : Frère Marin, est-ce toi qui as commis le crime dont ces gens se plaignent au sujet de leur fille ?
Le frère resta longtemps sans répondre ; enfin il dit en gémissant :
- J’ai péché mon père, mais je veux faire pénitence de ce crime : priez pour moi.
L’abbé fit battre Marine et la mit dehors. Cependant elle demeura à la porte du monastère en mendiant son pain aux autres frères, et resta ainsi pendant trois ans. A la même époque, la fille de l’hôtelier se lassa de son enfant et le confia à sa mère qui se rendit au monastère et dit à Marine :
- Voici ton fils, Frère Marin, nourris-le puisque tu l’as reconnu.
Elle laissa l’enfant et s’en alla. Le frère Marin garda l’enfant et resta ainsi, à le nourrir pauvrement des aumônes, pendant deux ans. Cependant, pris de pitié, les frères qui voyaient sa misère et sa pénitence allèrent trouver l’abbé pour lui demander de réintégrer le frère Marin. Ils insistèrent tellement que le père abbé finit par accepter et faisant entrer le frère il lui dit :
- Ton père était un saint homme, c’est lui qui t’introduisit tout petit dans ce monastère ; jamais il n’aurait soupçonné ce que tu as osé faire. Maintenant il faut penser à faire pénitence. Tu as commis un grand crime, c’est pour cela que maintenant tu seras chargé d’emporter tous les immondices du monastère, de faire la corvée d’eau et de nettoyer les souliers des frères et de tous les servir, c’est à ce prix que je te reçois en grâce.
Marine accepta, mais quelques jours après elle s’endormit dans le Seigneur. Les frères allèrent l’annoncer à l’abbé : Frère Marin est mort.
- Voyez mes frères, répondit l’abbé, combien était grand le crime qu’il a commis, puisque Dieu ne lui a pas laissé le temps d’en faire pénitence. Cependant allez laver le corps et enterrez-le loin du monastère.
Alors il se rendirent compte que le corps était celui d’une femme et se dirent :
- Quelle vie admirable, quelle sainte patience, quelle force pour garder son secret au milieu de tant d’afflictions dont nous l’avons accablée !
Ils allèrent voir l’abbé et lui dirent :
- Mon père venez voir frère Marin, venez voir les prodiges de Dieu, venez voir ce que vous avez fait.
L’abbé voyant le corps, se mit à genoux et se frappant la tête par terre , disait :
- Par Notre-Seigneur Jésus Christ je vous en conjure, ne me condamnez pas au tribunal de Dieu, pour tous les chagrins que je vous ai faits, car j’ai agi par ignorance. Hélas Madame, pourquoi ne m'avez-vous pas dit votre secret et comment n’ai-je pas découvert la vérité de votre vie admirable ?
Et il ordonna que ce corps saint fût inhumé avec honneur dans l’oratoire du monastère.
Le même jour, la fille de l’hôtelier fut possédée par le démon. Elle vint au monastère avouer son crime et donner le nom de son séducteur. Cette fille fut délivrée du démon dans l’oratoire où était enterrée Sainte Marine.
Bientôt l’histoire se répandit dans tout le pays et même au-delà. On oragnisa un pèlerinage sur le tombeau de la sainte. Depuis, beaucoup de miracles eurent lieu sur sa sépulture. Sainte Marine est décédée en 750.
SAINT ALEXIS
(v. 2020)
SAINT GENEREUX
Martyr à Tivoli
SAINT THEODOTE
Martyr à Constantinople sous Léon l’Iconoclaste.
SAINT LEON
Pape
SAINT ENNODE
Evêque de Pavie
SAINT THEODOSE
Evêque d’Auxerre
SAINT MARCELLINE
A Milan
SAINTE MARIE-MADELEINE DE POSTEL
Vierge, canonisée sous Pie XI en 1925
Fondatrice des Sœurs de la Miséricorde, + en 1846
DYNASTIE PAYSANNE
SUITE
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Il en revint avec la croix de guerre et une blessure à l’épaule. Il avait été sous-officier dans les chars ; grand tireur, se servant de son canon comme de son hammerless, il s’était fait remarquer ; toujours le fatalisme normand qui lui donnait du sang-froid et le mépris de la mort. Il s’était évadé et rentra chez lui. Quatre ans auparavant ; il avait épousé la jolie fille d’un petit propriétaire. Elle avait de la grâce et des talents, et la veuve de Natole en fut un peu effrayée : « C’est pas elle qui soignerait la fièvre aphteuse », dit la mère, en rappelant les âges héroïques… Il répondit sagement : « Mère, ce ne serait plus à nous de le faire, maintenant. »
La bonne femme, d’ailleurs, le laissait agir, avec une curiosité dans ses yeux gais qui vieillissaient. Le piano à queue, le crapaud de sa bru, la fit bien rire, sous cape, mais la décida à se cantonner dans une petite maison voisine, d’où, toujours rigolant, elle se moquait un peu le « château »… et les châtelains : « J’suis obligée de quitter, elle me casserait les oreilles, avec sa « chouanaille » ! (orgue de Barbarie, moulin à café, tapage) ; mais elle était conquise. Son fieu était élégant et elle le regardait avec complaisance. Il tenait des Pasdeloup et ressemblait à ses tantes. Lui aussi, comme son père, avait adopté l’uniforme, mais celui des gentleman-farmer. Veston long et bien coupé, culotte de cheval et leggins, cravate molle.
Entre la mère et le fils, il n’y avait eu qu’un accrochage, mais violent, au sujet de l’or. Pendant une de ses permissions de « la drôle de guerre », avant l’invasion, Norbert avait parlé de porter l’or à la Banque… : « Jamais !! » cria-t-elle, « plutôt le jeter dans l’Orbiquet ! »
- Comment ! ?
- Oui ! ton père m’avait fait promettre, sauf un cas de grand malheur !
- Mais la guerre, Maman, le voilà le grand malheur !
- Pour NOTRE malheur, et non celui d’autres.
- Mais, la France…
- La France, c’est point NOUS, - répliqua-t-elle, furieuse : - La France, qui reçoit tous les voyous et fiche à la porte tous les moines ! Qui mange les héritages quand on s’est décarcassé toute sa vie pour améliorer son bien ! Qui protège tous les feugnants, et ruine tous les honnêtes ! La France, qui filoute du haut en bas, qui entretient tous ses macqueriaux à vivre d’elle ; tu vas voir c’te brossée qu’elle’ va prendre ! En 14, ton père l’a pas porté, son or, et ce qu’il le refuserait, à c’t’heure ! C’est pas aux genoux qu’il usait ses culottes, mais il respectait le respectable. Ton père, il n’allait point à la messe, mais il donnait trois mille au Denier, et trois mille de ce temps-là ! Ah, not’mort, il se relèverait si tu filoutais son or. Il’tait bonapartiste, et l’avait raison : « La République », qu’il disait, « c’est pas la France, c’est de la chienlit. » J’m’oppose, et j’m’opposerai jusqu’au dernier, Norbert… ! L’or, l’est à moi et à lui !
Norbert n’insista plus et connut ainsi, pour la seule fois qu’ils en parlèrent, les idées politiques de sa maman.
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Il défendit son coin contre l’occupation ; il parlait allemand et ne craignit pas de se compromettre pour venir au secours et diminuer l’insupportable faix des campagnards. Ce rôle de protecteur lui incombait, naturellement. Il accepta une fonction municipale au moment où tous fuyaient. Peu à peu, sa situation, sa position, sa demeure elle-même, lui inspirèrent une conduite différente de celle qu’il aurait dû hériter. A ce profond sentiment d’individualisme qui avait fait leur fortune, se mélangeait une façon plus large de juger l’évènement et d’en tirer parti. Tout autour de lui, c’était la vente, le troc, le profit, illicites devant la loi, le décret, français ou allemands, mais, en eux-mêmes, parfaitement licites : l’offre et la demande jouaient. La position du cultivateur, du créateur essentiel, reprenait sa place qu’un fonctionnement abusif des échanges sociaux avait altérée ; celui qui donne à manger et qui habille est le seul absolument nécessaire ; le reste est parasitisme ou luxe.
Cependant le maître de ce domaine, de ces terres soignées, de ces animaux superbes, se sentait secrètement lésé, presque toujours honteux quand, devant la montée des offres, il cédait ses produits au prix fort. C’était « leur » tour, il se le répétait, et il vengeait la campagne du mépris de la ville, mais il serrait les mâchoires. Céder au prix de la taxe, c’eût été trop condamner les autres, les ruraux qu’il voyait se recaupir et parvenir enfin à l’aisance. Il aurait trahi le paysan ! D’ailleurs, on en eût profité pour des coups de bourse. Il crut tourner la difficulté en ne vendant plus qu’en gros, aux coopératives, aux colonies de vacances, aux hôpitaux, et en nourrissant à lui seul un maquis de vingt-cinq hommes. Il donnait aux petites gens, aussi, qui venaient le supplier, et finissaient par lui chavirer le cœur. Sa femme passait toute la matinée à faire des paquets.
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A copier-coller pour les PPP !